Betws-y-Coed ou « l’église dans la forêt »

depuis la rivière Llugwy vers le pont Pont-y-Pair

depuis la rivière Llugwy vers le pont Pont-y-Pair

Betws y coed bubble shopBetws-y-Coed est un village gallois, jadis organisé autour de l’église saint Michel et désormais davantage tourné vers le tourisme estival. Bien que la date de construction du bâtiment, sur lequel prit ensuite place ladite église au XIVème siècle, soit inconnue, il est vraisemblable que l’endroit ait incité du monde à s’y établir dès relativement tôt dans l’histoire (VIème siècle au plus tard). En effet, situé dans une vallée de la région de Conwy, au confluent des rivières Conwy, Llugwy et Lledr, le village offre un cadre plutôt protégé et agréablement fertile (en plus maintenant y’a un magasin de bulles de savon ▲ et un golf, youpi).

église saint Michel, XIVème siècle, et son cimetière, remplissage progressif

église saint Michel, XIVème siècle, et son cimetière, remplissage progressif

"tournez deux fois, sautez sur place" ♪

« tournez deux fois, sautez sur place » ♪

L’église saint Michel, qui a donné son nom au village, est visitable gratuitement de 10h à 17h, entre Pâques et la fin du mois d’octobre. Le reste du temps il faut aller demander la clef à la boutique voisine (qui est également l’entrée du musée du réseau ferré de Conwy). Avec la remise de la clef viennent des instructions spécifiques ainsi que la demande d’un nom et d’une adresse (mais aucun contrôle donc je ne suis pas tout à fait convaincue de l’indispensabilité de la chose).

autel de l'église saint Michel, plutôt sobre

autel de l’église saint Michel, plutôt sobre

L’association de conservation de la bâtisse a assuré les grands travaux de rénovation notamment nécessaires à la réfection du toit, ou à l’installation de luminaires (il est toujours possible de soutenir le mouvement par un don), permettant ainsi aux visiteurs d’aller narguer le gisant de Gruffydd ap Dafydd Goch, combattant de la guerre de Cent ans du côté sans Jeanne d’Arc et soit-disant petit-fils illégitime du dernier prince gallois du Pays de Galles (lequel grand-père princier était le frère du roi Llywelyn ap Gruffudd dont il a été rapidement question dans l’article sur le château de Caernarfon). Certains services religieux y sont encore assurés mais l’essentiel du culte a été transféré à l’église de sainte Marie. Pour les curieux : vu la bible ouverte sur le pupitre et les textes accrochés de chaque côté de l’autel, tout est probablement en gallois.

l'église de sainte Marie, sans cimetière mais avec parking

l’église de sainte Marie, sans cimetière mais avec parking

Betws y coed saint mary church interiorCourant XIXème siècle, avec la construction du pont Waterloo reliant Betws-y-Coed au réseau routier et l’arrivée des trains, le village a vu sa population augmenter d’un coup et la petite église dédiée à saint Michel est devenue trop étroite. Pour remédier au problème, la construction d’un bâtiment plus conséquent, l‘église anglicane de sainte Marie, a débuté en 1870. Elle est, comme la précédente, libre d’accès et contient une mini-boutique de cartes postales et autres attirails à imagerie religieuse (où personne d’autre que Jésus ne surveille votre honnêteté).

depuis le pont Pont-y-Pair

depuis le pont Pont-y-Pair

Betws y coed forestLes cascades et collines voisines, assorties des diverses ruines accessibles à proximité, ont tôt fait de supplanter la précédente économie agricole et minière (plomb) locale pour faire de l’endroit un passage obligé pour tout randonneur à l’assaut du parc de Snowdonia. Quoique les paysages forestiers soient forts sympathiques, je reviendrai sur les balades alentours dans un post ultérieur car celui-ci est déjà contraignant niveau photos.

Betws y coed  from the trainEn période hivernale, cependant, le site reste difficile d’accès pour qui ne dispose pas de son propre véhicule. En effet, cinq trains par jour en moyenne quittent la gare de Llandudno Junction à destination de Blaenau Ffestiniog (aucun le dimanche), aussi l’essentiel du transport est-il assuré par des bus ; on nous a cela dit assuré qu’il y avait davantage de trains l’été, soit. Le court trajet permet de profiter de vues « cliché » du Pays de Galles depuis le train : collines, champs, moutons et bouts de neige au loin, pour 6.25£ l’aller-retour si on s’organise la veille (c’est-à-dire vraiment trois fois rien vu les prix pratiqués dans cette grande nation).

le rhino en bouchons de plastique à la gare, qui sensibilise au problème du braconnage

le rhino en bouchons de plastique à la gare, qui sensibilise au problème du braconnage

Betws y coed buffet coach cafeÉtant donnée la fréquentation honorable tout au long de l’année, le lieu dispose de nombreux hôtels et restaurants. M. et je avons déjeuné dans le Buffet Coach Cafe, en face de la gare et juste à côté du musée du réseau ferré de Conwy, choisi essentiellement pour le cadre. On y mange dans d’anciens wagons anglais aux appuis-tête de dentelle et ressorts métalliques grinçants. La nourriture est bonne, les portions généreuses et le prix tout à fait correct : burgers + frites et pois ou salade à 6.95£, part de bara brith à 1.50£, mug de café ou thé autour de 1£, etc.

Juste à la sortie de la gare, et suite à la célébrité des chutes d’eau voisines, un panneau nous oriente vers les plus connues du monde (et ce en kilomètres civilisés, n’est-ce pas Llanfairpwll) :

Betws y coed waterfalls sign

Quota poulet :

Betws y coed chicken statue

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Virgin trains en 5 détails

Désolée pour la dégueulasserie phototechnique, je n’ai sorti que mon téléphone car je suis le mal.

1. Pas cher si on s’y prend à l’avance : 12£ contre 55 avec quelques semaines d’écart pour un nord du Pays-de-Galles ► Londres par exemple (oui c’est plus cher que certains services de bus mais leurs horaires sont plus pratiques en journée).

2. Leur politique de changement de billet est naze : ils gardent 10£ du billet de départ, remboursent le reste, et on doit payer le nouveau billet plein pot.

3. L’affichage digital (digital des pixels, pas digital des doigts hein) au-dessus de chaque rangée de sièges est plutôt pas bête : il précise si chaque siège est libre (available) ou réservé (reserved).Virgin trains seat display and luggage4. L’espace bagage est ridicule, tant celui en hauteur ▲ que le mini carré surélevé (comme ça en plus les valises peuvent se casser la margoulette, c’est bien pensé) en bout de rame :Virgin trains luggage place5. Leurs toilettes ont le sens de l’humour :

"S'il vous plaît ne jetez pas de couches, serviettes hygiéniques, serviettes en papier, chewing-gum, vieux téléphones, factures impayées, pourriel, pull d'ex, espoirs, rêves ou poissons-rouge dans ces toilettes"

« S’il vous plaît ne jetez pas de couches, serviettes hygiéniques, serviettes en papier, chewing-gum, vieux téléphones, factures impayées, pourriel, pull d’ex, espoirs, rêves ou poissons-rouge dans ces toilettes »

Iwakuni (NI ! ) 岩国

Iwakuni view bridgeEn train vers Iwakuni 1Un endroit sympa avec pas trop *trop* d’enfants morts pour changer un peu du musée de la paix à Hiroshima… L’aller est à 740 yens pour un omnibus depuis la gare d’Hiroshima, sinon c’est plus cher mais ça prend que 18 minutes au lieu de 45. Le début du trajet est un peu monotone : ville, ville, un peu de ville aussi, et puis pas mal de ville ; mais à la moitié ça devient intéressant : on longe le bord de mer et on voit plein d’îles !

Iwakuni c’est une ancienne ville construite au XVIème siècle pour les samouraïs du coin (la famille des seigneurs féodaux Kikkawa à l’origine, rejointe par d’autres petit à petit), laaaaaaaaaaargement étendue depuis, si bien qu’il faut un quart d’heure en bus depuis la gare (et 240 yens) pour atteindre le coin touristique plein de vieux trucs.

Iwakuni relaxed cat

pépère Albert

Une des spécialités du coin c’est la racine de lotus (ce qui tombe TRÈS BIEN, gnyaha !), aussi me suis-je fait un devoir de goûter une espèce de… tempura bizarre à la racine de lotus (frit quoi, mais bizarre). Comme là où je me suis adressée ils les préparent à demande, il me fallait attendre et m’auto-digérer en silence. Me résignant à m’asseoir sur un banc en face du magasin, je sors mon appareil photo et *pouf !* un chat apparait. En y repensant, c’était peut-être un pokémon. Il s’est tourné vers moi et sans plus de cérémonie s’est installé sur mes genoux. Tranquille. Les employées du magasin ont épuisé leur stock de « kawaiiiiiiiiiiiii » du mois de février sur notre étrange duo, et (très gentiment d’ailleurs) pour ne pas me faire lever, l’une d’elle m’a apporté mon truc bizarre à la racine de lotus. J’ai partagé un peu avec le chat mais ça ne l’a pas tellement enthousiasmé. Moi non plus à vrai dire, mais c’était pas mauvais pour autant (pas comme cet ersatz de jus dégeu de lait aux fruits aaaaaah).

Iwakuni white snakesEn tant que grande fan de reptiles, j’ai foncé vers le bâtiment abritant les serpents blancs (après avoir viré le chat de mes genoux, qui semblait peu ravi de ma décision et a planté ses griffes dans mon jean – après on me demande ce que je reproche aux chats). Certes, les serpent albinos c’est pas teeeeellement exotique, c’est vrai, mais ceux-là ont apparemment comme particularité d’avoir stabilisé leur couleur. Ou leur non-couleur… Bref. Ils sont pas albinos, juste blancs, et se transmettent cette blanchitude de génération en génération, ce qui leur a valu l’enviable statu de reptiles favoris de la famille Le Pen. Perso j’y connais rien en génétique, alors j’ai rien compris, mais ça avait l’air super rare. Admettons (faut encore qu’ils puissent imiter la voix d’un gars que je connais).

Pauvres bêtes. Ils doivent vraiment s’ennuyer dans leur vivarium, tout messagers de Benzaiten qu’ils soient. Je pensais que les gens du coin, supers fiers de leurs supers serpents si spéciaux comme ils l’affichent sur les guides, avaient dû leur aménager un coin sympa, avec des branches, un peu d’eau, je sais pas… Des trucs bien quoi. Quitte à leur faire endurer la captivité, autant rendre ça le moins pénible possible non ? Surtout si on aime ces bestioles ! Ben non. Ils sont beaux, c’est sûr, mais ça reste des êtres vivants. Ils ne sont pas à notre disposition. J’avais un peu envie d’engueuler les nanas à l’accueil mais pas trop sûre que ça aurait servi à quoi que ce soit… (Cela dit je songe encore à envoyer un mail à la mairie, on sait jamais).iwakuni-kikko-shrine-shisa

Ensuite, le sanctuaire Kikkô (吉香) construit fin XIXème par et pour la famille Kikkawa. Beau, même avec les travaux devant et la statue trop bizarre du compositeur de je sais pas quel morceau de musique juste à côté (la musique tournait en boucle et donnait un air très « film d’horreur en puissance »). Normalement y’a un jardin d’iris à côté, m’enfin en février bon, c’est timide les iris.

Iwakuni torii view from Kikko ShrineJ’ai pas voulu monter jusqu’au château (parce que j’aime pas les téléphériques, que j’avais pas le temps de faire la montée à pieds et puis la flemme, il pleuvait, il faisait froid, brrr caca). Du coup, moitié pour miamer, moitié pour me réchauffer, me suis achetée une soupe de maïs – un jour je ferai un post pour expliquer à quel point la soupe de maïs c’est le bien, que ça fait rire les oiseaux et chanter les abeilles – au distributeur et me suis mise en route pour le sanctuaire de Shirayamahime (白山比咩, au départ j’avais compris « la princesse de la montagne blanche », en gros, mais non, parce que ça s’écrit pas avec les bons kanjis, comme d’hab).

Iwakuni Onigawara Shirayamahime ShrineKagawa Family portePetit, ses tuiles décoratives* sont les meilleures que j’ai vu jusqu’ici (manifestement, celle-ci a été nourrie après minuit) ▲ J’ai une espèce de fétiche des onigawara et shishi des temples et sanctuaires, faut aussi que j’en parle un de ces quatre, au moins dans le lexique.

Le cimetière des guerriers locaux est pas transcendant, et les deux temples à l’ouest non plus, dommage. Par contre y’avait des bourgeons partout, que j’ai désespérément essayé de prendre en photo avec mon appareil compact de fillette. Les résultats sont pas uber concluants, faudrait un vrai appareil, tant pis.

Le pont Kintai-kyo du début de cet article pour finir : symbole de la ville et ce par quoi on entre dans la partie visitable/touristique, il ne sert pas à grand chose, à part faire parler de lui. Par contre c’est 300 yens le droit de passage. Réputé indestructible, il a malheureusement pris de plein fouet un effet Titanic et été détruit par un typhon le 14 septembre 1950. Résistance tout à fait honorable cela dit pour une bestiole construite en 1673.

les dessous du pont

les dessous du pont

En gros donc Iwakuni c’est vert, peu touristique en février et froid. Surtout froid. Y’a d’autres trucs à voir : temples, statues, arbres bizarres, un parc qui sert à rien mais marque les limites des anciennes demeures samouraïs, etc. (sans parler du château).