Akaroa, le talent à la française

photographies des premiers habitants occidentaux d’Akaroa

La péninsule de Banks a vu débarquer les explorateurs français en 1838. Pensant la terre fort prometteuse, la capitaine Jean François Langlois l’achète à des Maoris qu’il croise et reprend la mer pour demander au trône de France d’y envoyer des colons afin de fonder une ville qui ravitaillerait les baleiniers.

Cependant, comme nos cordiaux amis anglais signent le traité de Waitangi en 1840, ils s’emparent non seulement en un coup de l’île du Nord mais surtout étendent leur domination sur tout le pays quelques semaines avant que les français ne reviennent à bord du « Comte de Paris » . Lesquels découvrent alors que les Maoris qui leur avaient vendu la région n’avaient aucune autorité pour le faire.

Les amateurs d’eau bouillie laissent toutefois aux retardataires l’accès à deux villes (ce qui est déjà plus que ce qu’ils ont laissé aux Maoris donc on ne va pas se plaindre) pour poursuivre leurs achabiennes aspirations.

dent de baleine ornée, attribué à Charles Meryon, représentant les premiers jours d’Akaroa

Akaroa est aujourd’hui une ville fleurie et plutôt riche, en plus d’être assez amusante à visiter, certaines rues et boutiques ayant conservé des noms français (accessoirement, c’est aussi l’endroit où j’ai mangé la baguette la plus chère de ma vie : 4$50 QUATRE DOLLARS CINQUANTE).

Le musée retraçant l’histoire de la ville est gratuit et les environs offrent moult possibilités de balades, plus ou moins longues et accidentées, j’en détaillerai une demain.

Pour info, la péninsule de Banks c’est cette excroissance à l’Est de Christchuch que James Cook avait pris pour une île en débarquant et nommée en l’honneur de son botaniste.

Informations pratiques concernant le musée:

71 Rue Lavaud, Akaroa
ouvert tous les jours de 10h30 à 16h30
entrée gratuite
site internet (en anglais)

Bonus pour les joueurs de meuporg, l’image que j’ai en tête à chaque fois que le nom de cette ville est évoqué:

image débusquée sur le wiki Alien Species @ http://aliens.wikia.com/wiki/Arakkoa

Publicités

La Thaïlande : le meilleur du manger

La Thaïlande est à mon humble avis un pays assez facile d’accès pour de multiples régimes alimentaires : végétarien, végétalien, zoophage, crudivore, sans gluten, etc. Le régime paléolithique doit y être négociable, par contre les fans de produits laitiers resteront peut-être un peu sur leur faim.

Étant personnellement faiblarde face aux épices (la moutarde c’est trop fort pour moi et le poivre me rend déjà la dégustation difficile, pour situer), j’avais très peur de débarquer dans une contrée connue pour son amour de l’incendie gustatif. Néanmoins, j’ai été très agréablement surprise de constater sur place qu’il m’était tout à fait possible de tester différents plats sans condamner mes papilles.

Pour ceux qui ne peuvent cependant pas s’y essayer, s’alimenter à l’occidentale reste bien sûr parfaitement faisable dans les quartiers touristiques, quoiqu’avec une addition plus salée.

Attention cela dit : les mesures d’hygiènes n’étant pas les mêmes, il peut être nécessaire de veiller à ce que les ingrédients les plus risqués soient bien cuits. En effet, dans les supers-marchés comme dans les boutiques de rue, la viande est par exemple généralement conservée à l’air libre, crue ou cuite suspendue ou jetée pêle-mêle dans un bac ou sur une planche de bois. Dans le premier cas, les clients fouillent à la main dans le tas de morceaux mis à disposition pour faire leur choix et dans le second, les conditions de préparation ne permettant pas tellement de zèle hygiéniste, il se peut que plusieurs personnes aient mis la patte sur une brochette avant qu’elle touche la langue du client. D’où l’intérêt de la cuisson intense.

De plus, détail important : l’eau du robinet n’est pas potable !

Quelques exemples de ce que l’on peut manger pour 50 bahts ou moins :

10 bahts les 4 petits bouchées (au maïs, à la citrouille ou à l’oignon) ► 0,28€ environ

35 bahts le morning glory + la soupe à la coriandre ► 0,95€ environ

50 bahts le pad thai ► 1,35€ environ

rouleaux fourrés à 10 bahts ► 0,28€ environ

MEILLEUR MANGER DU MONDE : mango sticky rice, 40 bahts ► 1,9€ environ

patate douce + noix de coco, nous n’avons pas été convaincus mais ça se laisse manger : 40 bahts ► 1,9€ environ

En plus, y’a plein de fruits qu’on peut mixer (avec ou sans glace, selon l’envie et le nombre de degrés) !
Au cas où, j’ai entouré en rouge les endroits sur la carte de Chiang Mai (Bangkok étant plus chère) où nous avons trouvé ces délicieusetés :3

Bangkok กรุงเทพมหานคร

Hébergeant plus de 8 millions de personnes et au moins autant de degrés Celsius, Bangkok (ou กรุงเทพมหานคร « Krung Thep Maha Nakhon » ) est la capitale d’une monarchie constitutionnelle parlementaire unitaire biclassée théocratie présentement endeuillée. Pour autant, c’est pas tout à fait le même genre de partage des pouvoirs qu’au Royaume-Uni, aussi le voyage fut-il fort intéressant pour nous.

Tout d’abord au niveau de l’ambiance, notamment car les portraits et autels en l’honneur de feu Rama IX (1927-2016), ou Bhumibol Adulyadej de son nom complet, sont omniprésents : des écrans de sièges d’avion aux murs de la ville en passant par les halls d’immeubles, tous les supports sont utilisables.

Ensuite parce que l’esthétique bouddhique locale qui parsème la ville est très différente de sa parentèle chinoise et japonaise, pas tant concernant l’agencement des temples que dans son usage des couleurs et feuilles d’or.

Évidemment, dans la mesure où il s’agit d’une capitale, la ville est relativement polluée et embouteillée mais il faut admettre que le trafic peut être impressionnant comparé à celui de grandes villes européennes. Peu de passages piétons sont équipés de feux par exemple, laissant aux intéressés le soin de décider du moment le plus opportun pour se glisser entre les scooters, tuk-tuk et autres moteurs grondants. Par contre, de nombreux passages enjambant les routes particulièrement fréquentées permettent aux personnes pouvant emprunter des escaliers de ne pas craindre d’accident, ce qui est fort commode.

De plus, étant donné le fait que le réseau du métro (aérien ou sous-terrain selon les lignes) ne couvre pas l’ouest de la ville, circuler dans Bangkok peut se révéler compliqué. Heureusement, des bateaux assurent une connexion diurne sur l’axe nord/sud le long du fleuve et l’on peut atteindre un des embarcadère depuis la station Saphan Taksin (สะพานตากสิน) de la ligne Silom (vert clair).

Sinon, il faut s’en remettre aux tuk-tuks dont les chauffeurs sont très pressants, ou aux taxis en exigeant du conducteur qu’il utilise son taximètre. Avec un taxi honnête, le trajet depuis le palais royal vers la station de métro la plus proche revenait à 93 bahts (que nous avons arrondi à 100 pour le principe), alors qu’un autre chauffeur – dont nous avons décliné la proposition – nous annonçait 400 bahts pour ce même trajet. Il y a aussi des taxis-moto, mais j’ignore comment fonctionne ce système si ce n’est qu’ils ne fournissent pas de casque.

En tant que touriste, on est arrêté très, très, très, TRÈS régulièrement par des rabatteurs en civil ou se présentant comme guides touristiques et qui veulent envoyer tout le monde faire les mêmes circuits, quitte à mentir éhontément. Un de ces pseudos guides nous a par exemple arrêtés sur notre trajet vers le Wat Pho, à quelques mètres de l’entrée, nous disant que le temple était fermé maintenant et que nous ferions mieux d’aller voir le « big bouddha » ; nous nous sommes armés de toute notre politesse pour lui dire que nous l’avions déjà vu, mais cela ne l’a pas désarçonné et il nous a alors enjoint à monter dans un tuk-tuk proche pour aller visiter un autre temple, tout en insistant sur le fait que le Wat Pho – dont nous voyions l’entrée grande ouverte depuis l’endroit où il nous avait sauté dessus – était fermé pour cause de deuil national. Étant quelque peu fatiguée de ce genre d’attitude, je l’ai donc contourné en répondant qu’il était fort dommage qu’il soit fermé mais qu’on allait quand même y aller merci.

Parfois, ces histoires de circuits forcés peuvent se révéler avantageuses. Le premier jour, nous avons ainsi fait beaucoup de chemin dans la ville et visité 3 temples pour 40 bahts. Nous n’avions aucunement l’intention de gruger le système en place, simplement aucune envie d’acheter les vêtements de l’atelier où l’on nous a emmenés ni de recourir aux services d’une des fausses offices de tourisme du parcours (quand bien même en aurions-nous eu envie, l’impolitesse flagrante de la dame qui s’est « occupée » de nous nous en aurait guéris). Ainsi, selon d’où l’on part dans la ville, ces guides menteurs et collants peuvent être exploitables. Certains voyageurs disent avoir fait ce même trajet pour seulement 10 bahts, d’autres davantage, tout dépend de sur qui l’on tombe et de la volonté de chacun de négocier. Je ne dis pas que c’est bien ou mal, plutôt que quitte à être traité comme une vache à lait, autant en tirer quelque chose aussi.

En gros, il faut parfois renoncer à la politesse, voire râler ou carrément refuser de payer lorsqu’on n’est pas emmené où il a été convenu (quand un tuk-tuk s’arrête devant un « très bon restaurant » par exemple) . C’est franchement pénible, d’où le fait que je ne conseillerais personnellement pas de fréquenter les attractions touristiques de Bangkok à moins de parler thaï.

Cela dit, à défaut d’explorer géographiquement, on peut découvrir culinairement : la nourriture est excellente, généralement peu chère (si l’on ne mange pas de cuisine occidentale), facilement adaptable à différents régimes et pas forcément très épicée. Bonus pour les moins coordonnés : elle se consomme sans baguettes mais à l’aide d’une fourchette et d’une cuillère !

nom du premier soir chassé par nos hôtesses magiques ♥

Hong Kong 香港 : le manger et le boire

hong-kong-tai-o-village-street-fishComme évoqué précédemment, acquérir de quoi se sustenter est, pour les non sinophones, souvent compliqué hors des zones les plus fréquentées par des étrangers. Or, dans la mesure où nous logions chez des amis à Kowloon, nous étions bien embêtés.

boutique pourvue d'emballages, vue relativement rare

boutique pourvue d’emballages, vue relativement rare

Au supermarché par exemple, certains aliments ne sont pas traduits, et d’autres donnent en fait l’impression de l’être mais ne proposent qu’une transcription en alphabet de leur nom chinois. Donc si on ignore de quoi il s’agit en cantonnais, on continue de l’ignorer en alphabet latin.

Une des solutions à disposition des voyageurs – quoique pas forcément la plus élégante, j’admets – est de se rabattre sur des chaînes internationales, lesquelles proposent des menus bilingues et ont souvent un personnel anglophone. Une autre est de tenter de parler aux serveurs qui, s’ils parlent anglais, peuvent alors détailler au moins en partie la carte.

Sinon, il est aussi possible de se lancer en désignant le nom d’un plat sur le menu (rarement accompagné de photos).

hong-kong-tai-o-fishery-poisson-fraisEn parallèle, à l’extérieur du centre-ville, on croise beaucoup de paniers remplis de produits divers, avec le prix précisé à côté. Basé sur l’honnêteté des passants, ces mini-étals permettent de s’alimenter en produits frais à prix légers. Néanmoins, les conditions de présentations sont parfois peu motivantes pour les non-habitués (par là je veux dire « pour moi » ) ▲

Il est aussi bon de noter que les locaux n’ont pas forcément les mêmes règlementations que les pays occidentaux concernant l’hygiène et la vente (viande conservée sans système de réfrigération, à même la table en bois, etc.)

Par contre, on peut souvent choisir soi-même son poisson ou son crabe dans les poissonneries ◄ et c’est une forme de fraicheur, il faut reconnaître.

Concernant le glou, et bien que le gouvernement hongkongais tente de convaincre les habitants de boire l’eau du robinet, les locaux le déconseillent assez vivement. On ne sait si elle est considérée non potable à cause de problèmes de santé constatés par la population ou par méfiance envers la Chine, où l’eau est prélevée.

hong-kong-drink-millimeterPour palier à ce problème, il est possible d’acheter en supermarché des bidons d’eau déminéralisée, voire des bouteilles d’eau d’abord déminéralisée puis re-minéralisée. C’est le même type de liquide avec lequel nous alimentons certains produits électroménagers en vue d’éviter leur entartrement, il va donc sans dire que de l’eau ainsi traitée n’apporte pas autant de nutriments à l’organisme.

Pour les autres boissons en tous genres (et en plus de genres qu’en France, à vrai dire), on peut en trouver partout. La seule particularité étant que leur contenance est affichée en millilitres et non en centilitres, rien de trop tourneboulant.

Bonus : idée recyclage pour vos cannettes, par les habitants du village de Tai O.

hong-kong-tai-o-cans

Hong Kong 香港

vue sur Hong Kong depuis Kowloon

vue sur Hong Kong depuis Kowloon

D’après les caractères chinois impliqués dan l’écriture de son nom, Hong Kong est donc soit « le port aux parfums » , soit « le port qui sent » . Il semblerait que la première version soit privilégiée.

Ancienne colonie britannique, elle est considérée comme « région administrative spéciale » de la République populaire de Chine depuis 1997. Ce qui signifie que malgré son appartenance à l’état chinois, la ville bénéficie d’une situation particulière. L’internet y est plus libre par exemple (l’accès à Google, Facebook et autres géants capitalistes n’est pas bloqué), la monnaie est le dollar hongkongais, les langues officielles sont le cantonais (et non le mandarin comme sur le reste du territoire) ainsi que l’anglais, etc. Attention concernant les déplacements : Hong Kong a également conservé la conduite à gauche de nos cordiaux voisins.

Un des avantages de cette situation est que beaucoup d’étrangers n’ont pas besoin de demander un visa, ce qui facilite la gestion de la paperasse ainsi que le passage de la douane.

hong-kong-pollution-portA notre arrivée, j’ai naïvement cru que la brume dense et éblouissante qui couvrait la ville ainsi que les montagnes environnantes était due à l’heure matinale. Malheureusement, il s’agissait d’un nuage de pollution ayant traversé la frontière chinoise (car les frontières magiques qui repoussent les pollutions sont apparemment une spécificité française, c’est dommage).

Le Bob et je avons eu besoin d’un temps d’adaptation, de fait je pense que les personnes ayant des problèmes respiratoires ne peuvent peut-être pas se promener librement dans les rues les jours les plus contaminés.

hong-kong-central-transports-tramIl est assez facile de s’y déplacer : il suffit d’acheter une carte Octopus, valide dans le métro, le train express pour rejoindre l’aéroport et les bus publics. On peut l’obtenir à la sortie de la douane à l’aéroport, pour 150$ par adulte (50$ de dépôt plus 100$ de charge). Sachant que le trajet en train express pour rejoindre le centre-ville coûte 100$, il faut la recharger immédiatement, ou prendre un bus, moins cher (39$ pour l’express, 19$ et quelques pour l’omnibus) mais plus long. Le seul point négatif de cette carte à mes yeux étant qu’elle repose un peu sur de la publicité mensongère : ni pieuvre ni poulpe n’y sont représentés.

Pour manger par contre, une fois sorti de l’île de Hong Kong en elle-même, les chaînes occidentales et traductions se font plus rares, rendant la chasse parfois quelque peu complexe. Sachant de surcroît qu’un menu traduit ne garantit pas que les personnes sur place comprennent l’anglais, évidemment. Le Bob et je avons par exemple bénéficié de l’aide d’un autre client pour passer commande dans un restaurant dont le menu affiché était traduit mais dont le personnel n’était pas habitué à parler anglais. Grâce à ce monsieur qui nous a en plus expliqué le principe de commande et récupération des plateaux, nous avons pu goûter à ça :

hong-kong-food-first-orderCertes, mes aubergines ont une drôle de tête, c’est qu’elles sont noyées dans une sauce à la viande et du poulet aléatoirement cuit. Ce fut probablement un des repas les plus salés de mon existence, mais le café était quand même moins pire qu’à Liverpool, donc ça va.