La religion à l’école 1/? : noël scolaire à l’église

ireland christmas carols school church altarUn vendredi matin d’avant les vacances, L. et je sommes allées écouter les élèves. C’était session chants de noël à l’église catholique (car tout village irlandais possède une église catholique romaine ainsi qu’une église catholique et protestante anglicane), et nous croyions naïvement qu’il ne s’agissait que de chansons un peu christo-compatibles (parce qu’événement organisé par l’école elle-même et ses enseignants, lesquels nous avaient assuré que non, non, rien à voir avec la religion).

En fait c’était des allumages et distributions de chandelles, saluts devant l’autel, discussions sur la lumière, la paix, une pensée pour Paris, Beyrouth et toutes les personnes qui peuvent souffrir en cette saison : sans-abris, solitaires, etc. Avec un rappel de ce qu’est noël à l’heure où beaucoup y voient une occasion d’avoir des cadeaux.

Un prêtre nous a donc expliqué que si le Père Noël vivait au Pôle Nord, Jésus était partout, que si le Père Noël se déplaçait en traîneau, Jésus était dans le vent, que si le Père Noël venait à nous par la cheminée, Jésus était toujours aussi proche de nous que son nom l’était de nos lèvres, etc.

Ce qui était assez perturbant.

l'église en question

l’église en question

la vue depuis l'église est chouette

la vue depuis l’église est chouette

Est-ce vraiment le meilleur moyen de lutter contre notre consumérisme que d’expliquer aux enfants comme vouloir quelque chose nous rend superficiel et pécheur si l’on omet d’expliquer dans la foulée qui ça arrange bien de nous faire désirer des inutilités et de nous pousser à consommer ? Je ne sais pas, mais je pense que non.

Ireland christmas carols school candlesIl y a notamment eu un accueil officiel des première année ainsi qu’une demande de bénédiction pour l’année scolaire à venir, pour que le harcèlement et les maltraitances ne soient pas permis.es, pour que chacun se sente épanoui.e et puisse œuvrer à réaliser ses rêves, etc. Le tout reposant notamment sur quatre grosses bougies rouges portées progressivement l’autel pour représenter chacune une partie de la communauté et un souhait s’y rattachant.

Des élèves de toutes les années assuraient le chant ou la musique et s’en sont très bien sorti ! Plusieurs membres de l’équipe pédagogique ont passé un temps considérable à tout organiser et assuraient en plus une fonction dans le rituel final.

à chaque fois on avait notre petite liste des chants entonnés, pour ceux qui voulaient s'y joindre

à chaque fois on avait notre petite liste des chants entonnés, pour ceux qui voulaient s’y joindre

Donc très sympa, mais très Jésus.

Le week-end, pour l’arrivée du père noël au village et l’allumage du sapin local (devant un pub, parce qu’on a quand même des principes dans ce pays) c’était crèche vivante, avec élèves de maternelle et primaire costumés, accompagnée du retour de la vengeance des cantiques retraçant le parcours de Jésus qui, n’en doutons pas, doit en être tout à fait régulièrement ravi depuis presque 2000 ans.

Globalement c’était bien encadré, chaleureux et mignon, les chants des plus jeunes s’élevant parfois avec un enthousiasme certain – plus ou moins en accord avec la mélodie générale – et l’ambiance joyeuse permettant au village de se réunir avant les départs en vacance et festoyages familiaux. Néanmoins, pour moi, ça a été un petit choc culturel que d’assister à des manifestations religieuses organisées par des écoles.

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Le marché de noël de Manchester

l'hôtel de ville de Manchester et son père noël biphasé

l’hôtel de ville de Manchester, son père noël biphasé et son drapeau anglais

Avec à peine trois mois de retard, hum. Donc courant décembre, avec P. et M. (laquelle déposait à l’aéroport son frère et ses trois amis pour mieux récupérer deux autres potes [insérez ici une blague de bon goût sur les Allemands envahissants]), nous sommes allées profiter de l’ambiance commerciale aromatisée au vin chaud qui s’était emparée de Manchester. Le résumé de l’histoire pour ceux qui auraient la flemme de lire ce bébé-article c’est que ce marché de noël vaut la peine, qu’il est sans surprise plus cher que ceux du nord du Pays de Galles mais surtout bien plus grand !

auditions en magasin pour devenir renne du père noël

auditions en magasin pour devenir renne du père noël

Manchester christmas market tree tanabata wayLes chalets sont répartis sur plusieurs allées de façon à former une sorte de petit circuit dans la ville, essentiellement – là encore sans grande surprise – à travers ses rues piétonnes. Beaucoup de magasins sur le parcours jouent le jeu et ornent leur vitrine de façon adéquate et/ou terrifiante. Mais nous n’étions pas là pour faire les boutiques et entre un arbre de noël façon tanabata, lourd de tous les souhaits accrochés à ses branches en plastique véritable, un gros chêne en chewing-gum chanteur de joyeusetés saisonnières et une multitude de stands de nourriture (dont la moitié proposaient des pepperonis partout et les autres des oignons, joie), nous avions fort à faire pour trouver des infâmités ramenables en ces bien aimées terres civilisées au courant que le cheddar, toute production laitière parfaitement honorable qu’il soit, ne mérite pas pour autant un rayon entier au supermarché.

depuis sous le père noël, photo spéciale pour agoraphobes ♥

depuis sous le père noël, photo spéciale pour agoraphobes ♥

Manchester city hall stairsIl est fourbement assez facile de se perdre un peu et d’oublier l’heure de son train car les rues sont animées par différents artistes (comme ce chouette groupe de jazz qui reprenait ma chanson préférée du Livre de la jungle de Disney) et les plus gros stands mettent les moyens pour attirer l’attention du chaland : la tête d’orignal ci-dessus par exemple bougeait et chantait en continu. Le mauvais temps chronique a été prévu tant par les visiteurs que par l’organisation et le mieux quand on a soi-même absolument jamais de parapluie sur soi reste de se joindre aux autres passants et d’investir la mairie (town hall en hérétique). Datant de la seconde moitié du XIXème siècle, cette modeste cabane victorienno-néo-gothique s’étend sur plusieurs étages mais n’accepte les gueux qu’au rez-de-chaussée. Le hall d’entrée héberge quelques statues, dont celle d’un James Joule déprimé par sa housse de téléphone ▼ ainsi qu’un plafond francophone ▼

Manchester city hall James Joule statueManchester city hall dieu et mon droitBonus dérangeant :

c'était terrifiant, au cas où vous vous poseriez la quesion

c’était terrifiant, au cas où vous vous poseriez la quesion

A voir aussi à Manchester :
La cathédrale
La bibliothèque de Chetham et la bibliothèque John Rylands

Les christmas crackers ou faux bonbons de noël surdimensionnés

De retour de vacances, voici un sujet dont j’aurais en fait dû parler avant, mais 2015 est après tout l’année où l’on accueille Marty McFly alors faisons fi de cette contraignante et relative temporalité !

spécimen adulte se relaxant sur la table

spécimen adulte se relaxant sur la table

Les crackers de noël, donc. Il s’agit de papillotes cartonnées ornées d’une profuse décoration suivant le thème de noël (du rouge, du vert, du doré, du houx, des rubans, tout ça). Leur taille varie du format bébé (moins de 5 centimètres) à adulte (plus de 30 centimètres ▲ ) mais quel que soit le modèle choisi il vous faudra vous munir d’une pièce d’identité attestant votre maturité pour en acquérir en toute liberté. Ou alors la caissière a juste voulu se moquer de R. une dernière fois, nous ne le saurons jamais.

Christmas crackers filling

le poisson a été égaré lors du dîner, je n’ai pu conserver que son mode d’emploi

Le mode d’éventration est laissé à la discrétion des fêtards, le plus courant étant de faire une chaîne entre voisins de tablée, chacun croisant les bras pour s’emparer d’une extrémité puis tenter d’arracher le bras d’autrui en tirant d’un coup sec. Une fois ouvert dans un grand bruit d’explosion, le cracker révèle le joyeux contenu de ses entrailles : une couronne en papier de couleur vive, une blague ainsi qu’une devinette se partageant une petite feuille rectangulaire et un jouet. Ce dernier peut notamment être, de source empirique : un yoyo, une série de 3 cartes pour un mini tour de magie ou un poisson en plastique très fin qui s’agite quand on le pose sur la peau d’un être vivant ; le jeu ici étant de déterminer, par la sainte voie des cabrioles marines, la personnalité de celui qui le tient (j’ai eu « inconstant » parce qu’il tournicotait de partout, le petit salopiaud).

Christmas lights a serious business 2Cette tradition à la limite de l’obsession remonte à la première moitié du XIXème siècle, quand un confiseur du nom de Tom Smith s’est dit qu’un bel emballage et un petit mot seraient un moyen sympathique d’accroître l’engouement général envers ses productions, dont le succès allait alors en diminuant. Le craquement lui-même fut ajouté ultérieurement, pour évoquer les crépitements ponctuels d’une bûche dans le feu et le bonbon laissa finalement sa place au jouet pour engendrer cet incompréhensible outil festif désormais source d’un enthousiasme sans borne auprès des autochtones (et autres habitants d’anciennes colChristmas lights a serious businessonies).

Noël semble être pris assez au sérieux ici et nombre de maisonnées se sont parées de leurs plus beaux atours (toi aussi expérimente le traumatisme rétinien en prenant innocemment un virage alors que le soleil se couche à peine). Désolée à nouveau pour la non-qualité des photos, mes doigts étaient trop gelés pour manipuler efficacement mon appareil, aussi lui ais-je préféré le téléphone.

Pour la petite touche zoologique du jour, une des maisons de retraite locales (car il y en a vraiment, vraiment beaucoup et n’importe quel bâtiment peut être décoré de pères-noël pendus, c’est toujours d’un très bon goût) semble vouloir transmettre leur haine farouche des écureuils insomniaques à travers leurs intenses décorations arboricoles :

Christmas lights for insomniac squirrelsA venir : The Toad, un restaurant local, la reprise du boulot avec un départ anticipé et (je copie/colle parce que soyons sérieux deux minutes) Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogoch sur l’île d’Anglesey.

Chester et noël

Chester town hall christmas market

Au pied de la fameuse mairie dont la tour n’a que trois horloges (cf. le traitement plus « historique » de Chester entamé il y a deux jours) se trouve le gros des chalets du marché de noël ainsi que le stand d’activités pour nains. En descendant vers les rues Eastgate et Watergate par la Northgate, on peut croiser quelques chanteurs et musiciens ainsi que de tout aussi inévitables qu’infâmes mascottes de noël.

IMG_20141207_140351Et c’est du sérieux, le Japon n’a qu’à bien se tenir ! Si on échappe de peu, mais avec reconnaissance, à l’ambiance musicale par hauts-parleurs (probablement grâce aux très bons musiciens de rue locaux qui se chargent de nous carillonner les cantiques traditionnels d’une bien plus agréable façon) on croise tout de même des personnages emblématiques de cette enchanteresse période de l’année tels qu’un lutin de noël et un pudding. Sur la droite, une petite fille a été convaincue de vendre son âme grâce au sourire jovial de l’assistant du père noël géant qui émet des ondes de contrôle cérébral depuis la pointe de son bonnet.

Directement sur la droite, après le croisement de ces trois rues, surplombée par l’église de saint Pierre (ainsi que par les galeries marchandes nichées sous les voutes à colombages des maison voisines) trône la Croix de Chester.

depuis l'entrée de Bridge street vers le croisement des rues Northgate, Eastgate et Watergate

depuis l’entrée de Bridge street vers le croisement des rues Northgate, Eastgate et Watergate

Ancien carrefour romain au cœur de la ville, la croix médiévale montée sur un pilier qui en marque désormais l’emplacement et a d’ailleurs donné son nom au lieu a été endommagée pendant la guerre civile du XVIIème siècle mais reste un point de rencontre particulièrement pratique. Un crieur public y vient toujours, quoique seulement durant les mois d’été, à midi ; je n’ai absolument aucune idée de ce qu’il peut bien annoncer aux gens, mais il a apparemment une jolie tenue rouge avec des grandes chaussettes.

Continuant le long de Bridge street, vers la sortie de la ville et le quartier résidentiel chicos de l’autre côté de la rivière, on peut croiser le sourire bienveillant assorti d’un clin d’œil complice du diable qui veille sur une verrerie, en plus de divers restaurants d’un certain âge (où les pans de bois qui composent les façades doivent négocier leur espace vital avec des vitraux envahissants) et un magasin de poupées que je trouve personnellement très préoccupant.

Chester restaurant Bear and BilletIMG_20141207_154457

Chester dolls shopImmédiatement après le pont une prairie à meuh jouxte les maisonnées fort confortables d’apparence. C’est peut-être le seul endroit de la ville où on ne trébuche pas sur de la pierre sanctifiée (et je ne blague pas, il y avait tellement d’églises au mètre carré que la ville a été obligée d’en reconvertir en salles des fêtes et en musées).

en revenant vers la ville, deuxième vache à droite et tout droit jusqu'au matin

en revenant vers la ville, deuxième vache à droite et tout droit jusqu’au matin

Derrière la colline les rameurs locaux font la course avec des canards (globalement ils gagnent).

Pour des raisons pratiques, le quota poulet sera assuré, ce jour, par les meuh.

voila

voila

A venir quand j’aurai fini d’avoir mal à la tête : du gallois et un peu de rattrapage londonien (pour le moment je n’ai mis que « Londres : passion tulipes » ).

Festivals du manger et de noël

Techniquement j’aurai dû parler du premier il y a un mois et des brouettes mais comme ça j’ai un prix de gros.

Conwy food festival salmon

Conwy food festival dinosaurLe festival de la nourriture à Conwy (où nous sommes allés en taxi comme des riches parce que leurs horaires de train ne sont marrants que la première fois) est une bonne occasion de constater les conditions de vie difficiles au Pays de Galles où les gens sont encore obligés de faire des sacrifices d’enfants aux dinosaures afin de négocier la paix sur leur territoire. Après tout, nous sommes réunis pour célébrer la nourriture et il est vrai que notre espèce peut être considérée comme comestible par d’autres, alors pourquoi pas ?

Conwy food festival welsh house building

La chaise c'est pour l'échelle

La chaise c’est pour l’échelle

Partagé entre les quais et les pieds du château, le festival accueille, bien sûr, de nombreux stands de boustifaille, mais aussi une mini-ferme avec – évidemment – un nombre certain de moutons, tondus chacun leur tour sur une estrade, un cheval, des vaches, des chèvres et des cochons très sociables. En plus de l’exposition d’ingrédients et de la vente des produits finis il y a également une tente réservée à l’artisanat local, plusieurs conférences et démonstrations de cuisine ainsi que de la musique. Néanmoins, l’accès à la majeure partie de ces animations est payant (forfait à la journée ou au week-end).

◄ Et cette fois j’ai pensé à prendre en photo la fameuse plus petite maison de Grande-Bretagne !

Parmi les stands de nourriture, et hors du consommable sur l’instant, il y avait un nombre presque inquiétant de sauces et assaisonnements : herbes, vinaigres, pimenteries diverses, épices en tout genre et beaucoup, beaucoup d’ail (ils nous accusent d’en manger des tonnes mais franchement balayez devant votre micro-porte les gars). Aussi, plein de « fromages » (comprendre : différents types de cheddar, plus ou moins mature, avec ou sans trucs dedans, etc.) et de saucissons ou viandes séchées.

la vue depuis la muraille qui ceint le port

la vue depuis la muraille qui ceint le port

Llandudno christmas kid fightAutre ville, autre tradition : à Llandudno pour fêter l’approche du solstice d’hiver on enferme des enfants dans une boule de noël transparente et on les regarde se battre sur fond de bonhomme de neige rigolard et d’envol de personnes âgées.

L’entrée du marché de noël en lui-même coûte 1,50£ dont une partie est reversée à une association caritative. Cela dit, beaucoup de stands sont établis dans les rues adjacentes et donc accessibles sans payer.

On peut y trouver un peu tout et n’importe quoi, du moins c’est ce qu’il m’a semblé (sacs, savons, gâteaux, lanternes, chaussons en laine, cacahuètes, bijoux, Llandudno christmas fayr welshchemises, bonnets péruviens, cartes postales, dessous de verre, etc. et globalement pas mal d’humour local ; en guise d’exemple à droite : « Nous ne sommes peut-être pas parfaits mais nous sommes Gallois et ça s’en rapproche suffisamment » ). Peu de stands de nourriture, mais un de Gluhwein, le vin chaud allemand qui manquait tant à R. et M. Pour la bande-son, des chants de noël sont assurés en direct par un chœur de femmes en tenue de diverses décennies passées. Deux stands ont particulièrement retenus mon attention : Monsieur Jason qui compose des paysages côtiers à partir de bois flotté peint – et à qui je m’étais promise d’acheter quelque chose sauf que nous ne sommes finalement pas repassées devant son stand – et un atelier qui propose de nombreuses créations en bois sur le thème du dragon (eût égard probablement à la situation géographique du marché) mais que je n’arrive pas retrouver sur internet, trahison.

Llandudno christmas fayr craft

La ville de Llandudno en elle-même est très sympa et j’en parlerai plus longuement dans un article qui lui sera dédié.

Pour finir, et en guise de mise en bouche, la promenade au nord de la ville :

Llandudno promenade