Le musée steam punk d’Oamaru

presque l’endroit le plus ordonné de l’île sud

Plus industriel que charbonneux à mes yeux de non-initiée, de nombreuses œuvres sont réalisées par des néozélandais, sinon directement par des habitants d’Oamaru, à partir de recyclage et d’imagination animalière comme mécanique. Certaines œuvres frôlent le glauque et ne sont peut-être pas à mettre devant tous les yeux, bien que la plupart restent tout à fait amusantes, absurdes voire magiques sans heurter la sensibilité de qui que ce soit.

Comme l’expérience proposée par l’œuvre « Portail » par exemple , qui repose sur un jeu de miroirs et de lumières suspendues dont les changements de couleur accompagnent la musique, créant ainsi une sensation de flottement dans l’infini alors qu’on est tout de même enfermé dans un placard. Évidemment, ça rappelle assez furieusement les « Gleaming lights of the souls » de Yayoi Kusama, dont ce lien montre un échantillon.

La cour propose deux véhicules couverts quadriplaces à pédales empruntables gratuitement pour échauffer ses mollets sur le gravier et faire le tour du propriétaire. Dans la mesure où la ferraille reste le matériau dominant, moult pièces sont plus ou moins rouillées et nécessitent donc un poil de prudence dans l’approche. Néanmoins, elles sont toutes grimpables, ce qui change agréablement des musées plus traditionnels axés contemplation méditative.

Globalement,  c’est une rigolote façon d’utiliser un après-midi gris voire pluvieux à bon escient ! En plus, on repart avec plein de superpositions étranges en tête.

Avant d’acheter les tickets, il peut être intéressant de jeter un œil aux offres en cours sur le site de Bookme (en anglais), où en ce qui nous concerne nous avons payé moitié prix.

Informations :

ouvert tous les jours de 10 à 17h
10NZ$ l’entrée par personne, 20NZ$ par famille
site internet (en anglais)

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La prison de Cork

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En service de 1824 à 1923, la prison se voulant lieu d’accueil et d’universalisme ouvrit d’abord ses portes à tous (même si plutôt aux pauvres) avant de se tourner vers un public exclusivement féminin en 1878. Ce n’est qu’à l’époque de la guerre civile qu’elle accepta à nouveau des hommes, en l’occurrence des opposants au traité anglo-irlandais, flattée d’être considérée comme un des lieux les plus sûrs pour emprisonner les indépendantistes. Ce revirement donna notamment lieu à l’évasion historique de 42 détenus une nuit de novembre 1923.

cork-prison-gaol-cellLa visite (guidée ou non) commence par ▲ le bureau du directeur de la prison avant d’embrayer sur les exigües cellules l’aile ouest ◄ en traversant d’abord le hall de la porte ouest ▼, ancien lieu du prêche catholique dominical pour les prisonniers.

Le rez-de-chaussée permet d’en apprendre davantage de détails sur les conditions d’incarcération, voire sur l’identité des précédents occupants. Apparemment, la plupart des peines étaient d’environ 2 mois et sanctionnaient les voleurs (de livres, vêtements, nourriture, etc.) Rares étaient les prisonniers supposés passer 6 mois à la Cork City Gaol et ceux qui avaient été condamnés à plus se voyaient tout simplement expédiés en Australie, une sentence moins coûteuse que l’entretien d’un prisonnier. Le plus jeune prisonnier, Edward O’Brien, avait 9 ans (sans compter les bébés nés sur place, comme celui de Mary Twohig, 16 ans et très enceinte lors de son arrestation). Malheureusement, les archives de la prison n’ont pas gardé de trace des prisonniers qui en sont sortis.

cork-prison-gaol-wing-viewUne fois grimpés au deuxième étage, nous pouvons traverser le couloir des gardes et en apprendre davantage sur les activités quotidiennes au sein de la prison.

cork-prison-gaol-timetableL’emploi du temps des prisonniers ◄ devait correspondre aux décisions du bureau général des prisons d’Irlande et différait selon la saison : estivale ou hivernale, ainsi que du jour de la semaine : jour ouvré ou dimanche. Ce même bureau régissait les régimes alimentaires imposés (dont un menu pour hommes aux quantités plus importantes que celui des femmes) ainsi que les travaux confiés aux prisonniers.

Le détail des travaux varie en fonction de l’époque, du sexe des prisonniers ainsi que de l’objectif de l’activité (industriel ou punitif). Certaines activités cependant, comme la récupération d’étoupe ▼, semblaient relativement paritaires. D’abord utilisées pour calfater les bateaux, les courtes fibres furent ensuite réorientées vers le rembourrage des matelas de la prison une fois que la multiplication des navires à coque métallique les eut rendu inutiles.

cork-prison-gaol-labor-oakum-etoupe Grâce à son style ayant emprunté tant au géorgien qu’au gothique leurs plus lumineux aspects, le bâtiment était considéré comme très moderne (et pour être honnête, il y avait probablement moins de rats entre ces murs au XIXème siècle que nos prisons françaises n’en abritent en 2016).

Serait-ce cette débordante joie de vivre qui pousserait les jeunes époux à venir y célébrer leur union ? L’idée semble plaire en tout cas.

Infirmations pratiques :

Adresse : Convent Avenue, Sunday’s Well, Cork City
Horaires d’été (avril – septembre) : 9h30 – 17h tous les jours
Horaires d’hiver (octobre – mars) : 10h – 16h tous les jours
8€ plein tarif, 7€ pour les étudiants
site web (en anglais)

Le musée du beurre à Cork

Ireland cork butter museum entranceLe Cork Butter Museum est situé dans l’ancien quartier des bouchers qui surplombe le centre-ville, à quelques pas du marché historique chargé du commerce du beurre jusqu’à sa fermeture en 1924. Le bâtiment date de 1849, époque bénie pour le beurre irlandais, alors exporté dans le monde entier (avant que l’amélioration de la réfrigération ne développe l’engouement des consommateurs pour des version moins salées de l’aliment).

Ireland cork butter museum baratte table churnAu musée, on peut assister à la réalisation artisanale d’une plaquette de beurre depuis le barattage jusqu’au modelage de la motte. Le monsieur qui nous a fait la démonstration a utilisé la crème issue de lait entier (plutôt que de commencer à l’étape de l’écrémage car l’opération prend un temps certain), ainsi qu’une baratte de table en verre avec pales en bois ► et des pelles à beurre.

Évidemment, c’est une version un peu raccourcie car une fois les vaches traites le lait doit reposer dans une écrémeuse ▼ : un récipient très large mais peu profond, offrant donc une plus grande surface à la crème qui remonte en quelques heures. Quand la crème est récupérée, elle est versée dans une baratte où elle est vigoureusement remuée afin de coaguler le gras, ensuite le couvercle est ôté, le babeurre est vidé de la baratte (il n’est pas gâché et peut notamment servir à la fabrication du soda bread en Irlande) et remplacé par de l’eau avec laquelle on lave le futur beurre en le pressant à l’aide d’une spatule en bois. L’eau est vidée, à l’aide d’une passoire pour ne pas perdre d’éclats de beurre, puis remplacée par de l’eau claire jusqu’à laisser un « proto-beurre » aqueux, morcelé, mais bien jaune, ainsi qu’une eau relativement transparente (laquelle n’a à ma connaissance pas d’usage ultérieur spécifique).

Ireland cork butter museum pelles beurre spades Ireland cork butter museum ecremeuse

Une fois cette substance obtenue, il faut alors en extraire l’eau (car plus il y a d’eau, plus les bactéries qu’elle contient peuvent endommager le produit) : c’est là qu’interviennent les pelles à beurre ▲ , rainurées afin de laisser s’écouler le liquide excédentaire. Le beurre est posé sur une planche en bois et battu à l’aide de ces petites pelles, ce qui permet non seulement d’évacuer une grande partie de l’eau mais également de le sculpter selon la forme voulue (en l’occurrence en plaquette). C’est lors de cette étape que le sel peut être ajouté, par soucis de goût et/ou de conservation.

tampons permettant d'identifier le fabricant du beurre

tampons permettant d’identifier le fabricant du beurre

En dehors de ces démonstrations-dégustations, le musée présente un assortiment d’outils et d’emballages ainsi que l’histoire du beurre dans l’île, les changements provoqués par l’industrialisation de sa fabrication et son rôle dans l’enrichissement de la ville de Cork. Les deux hôtes s’occupant de l’accueil et de la présentation lors de mon passage étaient très gentils et ont patiemment répondu à toutes les questions de chaque visiteur.

Informations pratiques :

Adresse : The Tony O’Reilly Centre – O’Connell Square
Horaires d’été (juillet et août) : 10h-18h tous les jours
Horaires de mi-saison (mars, avril, mai, juin, septembre, octobre) : 10h-17h
Horaires d’hiver (novembre à février) : weekends uniquement, de 11h à 15h
4€ en tarif plein, 3€ pour étudiants et séniors
site web (en anglais mais avec documents pdf en différentes langues – dont en français – téléchargeables)

Ireland cork butter museum

L’exposition W. B. Yeats à la bibliothèque nationale d’Irlande à Dublin

Ireland dublin national library yeats exhibition entranceJ’avais prévu d’aller au musée des sciences mais en ai été déroutée car William Butler Yeats (1865-1939 au cas où – pour le situer sur un axe allant de Jésus à l’élection de Donald Trump) est un de mes poètes favoris et qu’il y avait son nom en gros sur la grille de la bibliothèque nationale et que je suis faible, voila.

L’accès est au sous-sol, il faut prendre à droite en entrant dans le bâtiment puis descendre l’escalier après le café. A l’arrivée, on entre soit par le cercle contant des poèmes à haut voix ► , soit, en bifurquant tout de suite à droite, par la petite enfance et la famille du monsieur.

L’exposition est bien fournie, avec plein de manuscrits originaux de pièces de théâtre comme de poésies, des peintures du paternel (John Butler Yeats), une broderie de ses sœurs (Elizabeth et Susan Mary Yeats), quelques lettres et autres survivances telles qu’une paire de lunettes ou une mèche de cheveux.

là son écriture s'était déjà beaucoup améliorée

là son écriture s’était déjà beaucoup améliorée

On peut notamment y voir une lettre codée et illustrée ▼ qu’il a envoyé a sa sœur Elizabeth lorsqu’il avait onze ans, le psaltérion ▼ que Yeats et Florence Farr ont commandé à Arnold Dolmetsch pour leurs expérimentations en déclamation poétique et les versions basiques ou retravaillées pour publication de certains de ses écrits, comme le poème « L’enfant volé » (The Stolen Child) ▲ qui marque un tournant dans le style de Yeats, lequel orientera désormais ses antennes vers les mythes irlandais.

Ireland dublin national library yeats exhibition childhood letter Ireland dublin national library yeats exhibition psaltery
piqué chez Wikipédia

piqué chez Wikipédia

Pour autant, on ne passe pas à côté des aspects plus douteux du bonhomme, comme son étrange fascination pour Maud Gonne ► , qui lui a inspiré de nombreux poèmes, pour qui il a écrit une pièce de théâtre et qu’il demandera plusieurs fois en mariage, sans succès ; puis pour la fille de celle-ci : Iseult Gonne (conçue dans le mausolée de son grand frère – Georges, mort d’une méningite – dans le but qu’elle en soit la réincarnation, parce qu’après tout pourquoi pas) que Yeats demandera en mariage quand il aura 52 ans et la jeune fille 23. Bonne ambiance.

Maud Gonne est une artiste et activiste nationaliste irlandaise et féministe, elle sera brièvement attirée par les milieux occultistes que fréquente Yeats mais ne s’y attardera pas, préférant le militantisme de terrain. Son fils, Seán MacBride, né et éduqué à Paris, est l’un des fondateurs d’Amnesty International, fervent panceltique, membre de l’IRA et président du comité des ministres des affaires étrangères au Conseil de l’Europe entre autres occupations.

L’exposition propose aussi de survoler les intérêts de Yeats pour la société théosophique d’Helena Petrovna Blavatsky et son engagement dans l’ordre hermétique de l’aube dorée, en nous dévoilant notamment une partie de son équipement :

Ireland dublin national library yeats exhibition golden dawn

Ireland dublin national library yeats exhibition poem wall exitA la sortie, on est invité à laisser une trace de notre passage en accrochant notre poème favori sur le paravent prévu à cet effet

Informations Pratiques :

The Life and Work of William Butler Yeats
Adresse : rue Kildare, Dublin 2
Entrée gratuite
Horaires :
du lundi au mercredi : 9h30-19h45
du jeudi au samedi : 9h30-16h45
dimanche : 13h-16h45
site web (en anglais)

Édimbourg en balade

le dehors sur royal mile

le dehors sur royal mile

Edinburgh royal mile marketDans la vieille ville, pour s’abriter de la pluie : le Royal Mile Market. « Tron Kirk » est une ancienne église restée en service de 1641 à 1952 ; elle a récemment été reconvertie en mini halle couverte avec un café et des boutiques à destination des touristes, sur la rue principale. (Instant confiture : un « tron » est un instrument de mesure écossais, sorte de balance à disposition sur les places de marché, lieu que surveillait justement ladite église).

royal mile qui grimpe un peu

royal mile qui grimpe un peu

Edinburgh old town streetEdinburgh writers museum lady stairs closeEdinburgh writers museum elisabeth melville lady stair closeEn descendant vers la gare par les petites rues, on croise le musée des écrivains dans le « clos de Madame Stair » (Lady Stair’s Close) et ses dalles à citations (dont celle-ci d’une poétesse écossaise, traduite avec les pieds par mes soins) :

Même si les tyrans menacent, même si les lions enragent et rugissent
Défie-les tous et ne crains pas de vaincre.

Edinburgh princes street gardens castle viewUne fois en bas, on peut entrer dans les jardins de Princes Street – d’où on a une chouette vue sur le château d’Édimbourg – puis continuer sur Lothian road vers les églises de saint Jean et saint Cuthbert, flanquée de son cimetière ; ou partir de l’autre côté et amorcer la grimpette pour Calton Hill et ses tombes célèbres.

saint Jean à gauche et saint Cuthbert à droite

saint Jean à gauche et saint Cuthbert à droite

Edinburgh Old Calton burial ground humeAu cimetière « Old Calton » on peut passer faire coucou à David Hume (1711–1776). Le pauvre avait demandé un enterrement privé dans une tombe modeste et sans signe religieux ; malheureusement, non seulement ses positions athéistes ont nécessité de faire garder son mausolée plus d’une semaine après son arrivée mais sa famille s’est permis d’interpréter assez librement la signification de « signe religieux » .

A voir aussi : les tombes encadrées de lourdes cages en métal pour prévenir les visites des voleurs de corps ; le monument en l’honneur des soldats écossais morts lors de la guerre de sécession aux Amériques (c’est celui avec Abraham Lincoln dessus, difficile à manquer) ; l’obélisque de 27 mètres érigée pour 5 militants politiques, désormais martyrs, qui avaient tenté d’importer de sottes idées comme le suffrage universel avant de se faire exiler en Australie.

vue sur Édimbourg depuis Calton Hill

vue sur Édimbourg depuis Calton Hill

La colline Calton, ou Calton Hill, offre un joli panorama sur Édimbourg et ses environs, de jour comme de nuit. On peut également y voir l’observatoire de la ville (qui ne peut pas observer grand chose de manière générale étant donnée la météo locale), le monument national d’Écosse pas fini faute de fonds, ainsi que le monument Nelson, célébrant la victoire de ce dernier sur les troupes françaises et espagnoles à la bataille de Trafalgar.

Edinburgh west bowDepuis Calton Hill on peut poursuivre vers Arthur’s Seat, alors que depuis les églises de saint Jean et saint Cuthbert on peut récupérer Grassmarket puis prendre à droite sur Candlemaker Row qui débouche sur le musée national d’Écosse et l’université de la ville, ou à gauche par l’arrondi de West Bow ◄ pour retourner sur Royal Mile – bien au-dessus du marché couvert comme de la cathédrale saint Giles – et visiter l’atelier de tissage de tartans (Tartan weaving mill) dont l’entrée est gratuite.

on peut aussi y passer commande d'un tartan personnalisé

on peut aussi y passer commande d’un tartan personnalisé

Le bâtiment, à côté de l’entrée du château, est une succession de boutiques en sous-sol. Les expositions et l’atelier sont tout en bas, on peut y voir l’évolution de la tenue traditionnelle à travers les siècles grâce à des mannequins dérangeants, des métiers à tisser à l’œuvre derrière une vitre ainsi qu’un vieux modèle en bois au repos.

Edinburgh tartan weaving mill exhibition of many socks

A venir : du gallois, des détails sur le travail d’assistant de langue et des bêtises sur la vie quotidienne au Royaume-Uni.