Miyajima 宮島 2 : faune, flore, nourriture et autres péripéties

faim

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Après avoir vadrouillé un peu il est possible (dans l’hypothèse où la glace aux crottes de shika n’aurait pas suffit) de chasser un repas plus consistant. En effet les rues entre le port et le sanctuaire d’Itsukushima regorgent de restaurateurs. Mon conseil perso serait de tester le kaki-don qui, même si les huîtres sont modérément dans votre religion, vous rendra tout heureux de l’estomac. Si à l’inverse c’est là votre dogme fondateur, vous ne manquerez pas de carburant.

Sinon y’a aussi les anagoman, sorte de beignets fourrés au congre, mais ils n’ont pas fait leur entrée parmi mon Top 10 des bizarreries incontournables. Chacun ses goûts mais moi j’aime pas les arrêtes.

Miyajima Hokoku shrine maskLe Senjokaku/sanctuaire Hôkoku (千畳閣/豊国神社) n’est à mon sens pas indispensable, en ce qu’il est bondé l’été, ce qui le prive de pas mal de son charme ; mais dans la mesure où en février personne de sensé n’irait se cailler les orteils dans un bâtiment ouvert aux quatre vents (et surtout où l’entrée est à seulement 100 yens pour un adulte), il peut quand même être sympa à visiter. Bâti en 1587 à la demande de Toyotomi Hideyoshi (豊臣秀吉), il visait à abriter la lecture de sûtra pour le repos des soldats morts au combat (Toyotomi Hideyoshi étant un des « grands unificateurs du Japon », il avait un sacré paquet de sang sur les mains). Manque de chance le décès du commanditaire (en 1598) et la succession assurée par un Tokugawa (Ieyasu, de son petit nom) qui ne faisait pas grand cas de la question, ont laissé le Senjokaku inachevé.

Miyajima Hokoku shrine & desservantIl est rempli de tableaux, gravures, cuillères à riz de toutes taille et a un très joli plancher (également très froid, prévoyez des chaussettes appropriées pour une expédition hivernale). Apparemment la cuillère à riz est une invention locale et est dotée d’une option couteau-suisse lui permettant de remplir les fonctions d’ex-voto, tablette votive, porte-clés, porte-bonheur et strap de téléphone.

Miyajima koiLa file d’attente pour l’aquarium (qui a rouvert l’été dernier, bonus touristes à nouveau) étant quelque peu indécente Flo et moi ne l’avons pas tenté. Les vendeurs de souvenirs sont légion et pour être un peu tranquille il vaut mieux dépasser le sanctuaire d’Itsukushima et prendre un des chemins qui grimpent à l’assaut du Mont Misen. Par contre en août (et en jean pour certains…) c’est pas aussi gentil qu’en février. Heureusement le capitalisme à tout prévu ♪ ! Il y a une buvette après une petite grimpette, avec un bassin à bélougas, pas loin de la station de téléphérique de départ (à l’arrivée il paraît qu’il n’y a que des distributeurs, mais comme on a finalement pas pris le téléphérique à cause du trop grand nombre de personnes qui patientaient déjà, je ne peux pas confirmer).

Miyajima Itsukushima sanctuary low tide

A marée basse il est de bon ton d’essayer de lancer une pierre qui devra atterrir sur le grand torii (et donc virer celles des autres parce qu’il n’y a pas assez de place).

Miyajima eagleOu on peut aussi regarder les oiseaux, les écouter raconter des trucs à leurs copains (de façon un peu répétitive parfois, hum), visiter l’étable des juments de Diomède ▼,… ainsi que voir des mariages, avec des gens qui changent trente-douze fois de robe, mais là l’internet est en train de mourir à cause des photos, donc peut-être une autre fois. (Et puis les oiseaux et poneys démoniaques c’est plus convivial).

Miyajima Diomede

Et aussi se faire piquer les yeux par les traductions du Daishô-in, qui n’a manifestement pas que son bouddhisme d’ésotérique :

Miyajima Daishoin google traductionBonus orientation :

Miyajima mt Misen guide map

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Miyajima 宮島 1 : Daishô-in, sanctuaire d’Itsukushima et crottes de daims

Depuis le batal

Depuis le batal

Pour aller à Miyajima (宮島), accessible en ferry de la gare de Miyajimaguchi (宮島口駅) elle-même rejoignable en train depuis Hiroshima, il vaut mieux trouver de quoi se loger autour de la gare ou à Hiroshima. Le ferry de la JR est gratuit pour les heureux détenteurs du JRPass*, sinon il y a une seconde compagnie : Matsudai ferry boat, qui assure le même trajet, pour une durée qui m’a semblé similaire (soit à peut-être dix minutes) et… euh… au même prix que la JR. Le train est également gratuit si JRPass, sinon il faut payer ou passer par le tram qui met cent millions d’année pour moins cher, par contre c’est le terminus, on peut pas se tromper.

Exemple d'encéphalopathie spongiforme locale.

Exemple d’encéphalopathie spongiforme locale.

Alleeeez juste un p’tit touuuur !

Alleeeez juste un p’tit touuuur !

Une fois sortis du bateau, on est accueillis par les daims (dit shika : 鹿) qui en ont après nos poches et strictement rien à faire d’être dans le passage. L’île est plus peuplée en août qu’en février, naturellement, mais si le sanctuaire d’Itsukushima (厳島神社) ou le Daishô-in (大聖院) par exemple sont bondés, il y a nettement moins de promeneurs dans les chemins qui partent à l’assaut du mont Misen. En allant au Oku-no-in (奥の院 qui porte foutrement bien son nom de temple du fin fond du bout du monde) j’ai dû croiser 5 personnes en tout.

Nomnomnom les petits enfants perdus ♪

Nomnomnom les petits enfants perdus ♪

La spécialité de l’île, ce sont des gâteaux en forme de feuille d’érable japonais (non ça n’est pas du cannabis) fourrés à la pâte de haricots rouge, c’est pourquoi on croise à tout bout de champ une mascotte-daim brandissant fièrement une friandise souriante (même si en vrai les charmants petits quadrupèdes mangent de tout, y compris les tickets d’accès au sanctuaire et votre âme, gardez les près de vous).

A marée haute donc !

A marée haute donc !

Le-dit sanctuaire d’Itsukusima est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco et fait partie des « trois vues les plus célèbres du Japon » avec Amanohashidate (天橋立) et Matsushima (松島). Donc bonus touristes plein pot, de l’intérieur du Japon comme de l’extérieur. Paraîtrait que les premiers sanctuaires sur place datent du VI° siècle, bon, je sais pas ; toujours est-il que Taira no Kiyomori (平清盛), alors chef du clan Heike (平家 ça s’écrit pareil Taira/Heike c’est juste que ça peut se lire différemment selon la position de la Lune et l’âge du facteur, youpi les kanjis !) a grandement contribué au développement du sanctuaire de bord de mer, sauf qu’il a complètement brûlé durant la première moitié du XIII° siècle et que ce que l’on en voit aujourd’hui remonte donc, au plus tard, à la seconde moitié de ce même siècle. Le monsieur a tout de même son propre autel à quelques mètres du sanctuaire d’Itsukushima. L’entrée est pas chère, les bâtiments sont classes et il a les pieds dans l’eau. Comprendre : par égard pour vos narines visitez-le à marée haute. Il est dédié à trois kami féminins et marins : Ursula, Nessie et Scylla (non je plaisante hein, chères kami dont la grandeur n’a d’égale que l’illisibilité ♥ c’est juste que j’arrive jamais à lire vos noms avec les lectures impaires tout ça).

Un peu plus haut, au pied du mont Misen, trône le Daishô-in. Il a été fondé par Kûkai (空海 un moine revenu de Chine avec des enseignements de bouddhisme ésotérique plein sa besace, qui s’est aussi posé au Mont Kôya, « vers » Ôsaka) en 806 et appartient donc à la secte Shingon. Mais il est quand même rigolo à voir parce qu’il a plein de statues très jolies/décalées. Les bâtiments sont très beaux, et le complexe possède une grande collection de Jizô (habillés ou non, souriants en général, sous forme kawaï ou pas, etc.) en plus d’un grand Tengu, celui juste en dessous là ▼ entre Anpanman et Avalokiteshvara/Kannon Bosatsu.

Miyajima Daishoin triptyque

Les petits enfants sont toujours très appréciés des religieux ♥

Les petits enfants sont toujours très appréciés des religieux ♥

On peut commencer l’ascension du mont Misen par un chemin à côté du Daishô-in, ou plus loin en continuant le long du bord de mer, devant l’aquarium, voire faire le fainéant et acheter un trajet en téléphérique. Le panorama se mérite mais par contre le Oku-no-in n’est à mon sens pas une étape obligatoire (d’autant qu’on fait le même chemin aller-retour pour l’atteindre et que certains passages se font un peu à la sauvage dans des ronces à taille humaine. Ou alors j’ai pas pris le bon chemin, c’est une éventualité…). Donc se poser sur un rocher c’est aussi très bien.

La vue est pas dégueulasse, ça va, Imhotep.

La vue est pas dégueulasse, ça va, Imhotep.

Après on peut miam une glace aux crottes de shika pour se réconforter, youpitralala ! (En fait c’est de la publicité mensongère, il s’agit juste d’une sorte de popcorn recouvert de chocolat japonais).

Constipation de cervidé sur crème vanille, miam !

Constipation de cervidé sur crème vanille, miam !

 (photos zontils cliquez photos ♪)

* Sinon c’est 170 yens un aller adulte, et 80 pour un troll (si besoin, vous pouvez aller vérifier sur ce lien).

PS : désolée pour les photos disposées aléatoirement et autre buggs d’affichage, j’ai finis par négocier comme j’ai pu avec le Gimp parce que c’est compliqué à mettre en page.