Yoroshikubi. C’est très drôle, je vous assure.

Yanaka galerieAujourd’hui le Wim et je sommes allées nous faire ouvrir un compte bancaire à la poste japonaise sans frais, bisous la poste française (et guichetières très aimables, prêtes à s’aider d’un dictionnaire – délicate attention cependant rendue inutile par la puissance Wimesque, mais appréciable néanmoins) ; prochaine étape : le téléphoooooooooone ! Car au Japon tout le monde vous demande votre numéro. Notamment la banque quand vous payez votre loyer en espèce, afin de vous contacter en cas de problème. Ai du coup filé celui de l’accueil de la résidence, même s’ils ont rouspété.

Lundi c’était férié, nous avons donc eu cours, normal. Samedi avec Anakin (car je l’ai kidnappée pour une semaine MWAHAHAHAHA) nous sommes allées submerger les Japonais par notre nombre de trois vers Yanaka (谷中), où les potes d’Anakin nous ont trimballées carilssontlebien♥. Quartier très sympa, connu pour être un « vieux Tôkyô » pas trop cher, plein de monde et d’étals divers vendant jouets, éventails, vaisselle et moult ressources stomacales.

umekombucha

Huuuuum le bon « théééé » !

J’ai eu notamment 4 bananes pour 60 yens carmavieesttoutàfaitpassionnante (soixante centimes d’euros) JOIE INTENSE ! Par contre y’a un resto de seiche grillée et l’odeur est atroce. Et on y a goûté le thé le plus dégeu du monde. Vraiment (désapprouvé par le duo de Japonais de notre équipage, c’est pas juste une question de culture). Kombucha et prune. C’était comme de l’eau de mer, mais chaude. ►

Smile and wave

Smile and wave

Après à Akihabara on a eu le jingle d’Ishimaru (maru maru ♪ … aaaaaaaaaah) dans la tête pendant mille ans, croisé des gens sur un canoë à côté de la gare d’Ocha no mizu (normal), nous sommes fait offrir des porte-clés à l’esthétisme douteux japonais et avons élaboré une œuvre d’art collectives à basse de pailles et de doses de lait qui restera dans les annales du débile profond.

Porte-clé mou du plus bel effet assorti d'une sublime création collective surréaliste

Porte-clé mou du plus bel effet assorti d’une sublime création collective surréaliste

Et victoire : J’AI UNE NOUVELLE PLAAAAAAAAAAQUE ! L’ancienne était tellement vieille que le papier qu’on reçoit expliquant le fonctionnement des appareils dans l’appartement n’en faisait même pas mention. Maintenant j’ai la bonne plaque qui va avec le mode d’emploi, je suis bonheur !

Pour ce soir c’était Izakaya, organisé par Yûta. J’ai lâché avant le karaoke, parce que bon demain y’en a qui se lèvent hein tas de hippies démoniaques ! Mais c’était très rigolo. On était dix et un gars de ma classe de jap m’a appris cette blague bizarre que j’ai mis dans le titre : « yoroshikubi » (yoroshiku étant une salutation et shikubi signifiant « tétons », ce qui est apparemment totalement irrésistible quand on est Australien et complètement bourré).

(Ploc ploc dit le robinet).

P.S : petit détour par les toilettes d’un café pour constater que la marque de leur céramique est très a-propos :

Hohoho

Hohoho

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Enoshima 江の島

Depuis le sommet du phare. I AM THE KING OF THE WOOOORLD YOUUUHOUUUUU ~(^0^)~

Depuis le sommet du phare. I AM THE KING OF THE WOOOORLD YOUUUHOUUUUU ~(^0^)~

On raconte que l’île est née des efforts déployés par Benzaiten (弁財天) pour mettre fin aux agissements d’un dragon à cinq têtes dévoreur d’enfants qui sévissait le long des côtes. Persuadée que le dragon devait être très malheureux pour faire autant de mal, la déesse est allée le trouver pour lui demander s’il voulait parler/connaissais Jésus et, en faisant remonter sa grotte à la surface, a fait pousser l’île d’Enoshima où elle est depuis vénérée (et où elle est désormais la femme du dragon qui, il faut l’espérer, est désormais bien plus heureux et a mis fin à ce régime peut-être un brin trop riche en lipides pour un reptile de son âge). Les guides touristiques racontent également que le nom de la ville : « 江の島 » (« l’île de la baie » ou quelque chose comme ça) est un jeu de mot et qu’en changeant le premier caractère en 絵 ça devient « l’île pittoresque », ce qui est totalement hilarant, nous en conviendrons.

Allez critiquer le physique des Japonaises après ça, ha !

Allez critiquer le physique des Japonaises après ça, ha !

Elle est reliée à la ville de Fujisawa (藤沢市) par un pont de 600 mètres, qui fait bien plus quand vous le traversez en plein été sous le soleil : sortez couverts ; et fait 4km de circonférence, ce qui est somme toute assez honorable pour une tanière de dragon.

Pour y aller il y a (comme partout) plusieurs compagnies de chemin de fer disponibles. Tiff et je ayant eu la grande idée de faire emplette d’un magnifique JRPass *loué soit son nom*, nous avons donc pris la ligne la plus rapide et gratuite : la JR. Shinjuku -> Fujisawa (moins d’une heure, 950 yens pour ceux qui n’ont pas de multipass magique) puis Fujisawa -> Enoshima station avec la ligne Enoden (dix minutes et 210 yens, car le JRPass, aussi divin soit-il, n’est pas omnipotent). Il faut descendre vers la mer à travers une looooooooooooooongue rue commerçante, où l’on peut acheter des chapeaux, à ne pas négliger si le vôtre est resté sur votre lit/siège de train avant d’entamer le pont et ses spécimens autochtones ►

Une fois au sommet on a une sublime vue sur la péninsule de Miura et… le Mont Fuji ♥ rien que ça.

Mais pour ça il faut y arriver.

Deux chemins possibles : des escalators payants ou ses propres pieds douloureux mais gratuits.

Il n'est pas conseillé de la fendre à coup d'épée.

Il n’est pas conseillé de la fendre à coup d’épée.

La route est goudronnée mais peu voire pas fréquentée et se déroule tranquillement au milieu d’une végétation envahissante luxuriante.

Le parcours est ponctué de magasins de souvenirs, restaurants, sanctuaires et divers points d’intérêts.

Les trois sanctuaires de l’île abritent chacun une déesse issue d’une même fratrie : Tagirihime no Mikoto, Ichikishimahime no Mikoto et Tagitsuhime no Mikoto (non je n’ai pas les kanjis) et moult représentations de Benzaiten (Sarasvati pour les puristes), dragons et Triforce de Zelda, comme le montre la combinaison visible sur cette lanterne ←

Il y a aussi un jardin botanique au sommet de l’île, avec un phare (celui qui permet la plus jolie vue, évidemment). 500 yens pour les deux, 200 pour le jardin seul, mais je conseille le phare quand même, surtout pour les couchers de soleil.

Enoshima Iwaya caves

The Descent, version japonaise.

Enoshima umibeQuand on redescend on peut visiter à la bougie les grottes Iwaya crées par l’érosion (500 yens l’accès) et pêcher des petits crabes ou se tremper les pieds à l’extérieur. (Ou la tête, alouette, comme monsieur si on a sous-estimé les vagues ← )

Voire même en perdre sa brosse à dents :

Enoshima brosse à dents

Le souffle frais dans les grottes est censé venir des grottes du Mont Fuji. Par pure considération scientifique : le Mont Fuji est à gauche, Enoshima sous le gros « A » rose ↓ Du haut de ce Fuji, beaucoup de kilomètres nous séparent, mais ça n’est bien sûr pas une raison pour critiquer le sens de l’orientation local…

Non parce que ça a l’air loin quand même un peu. Mais ok, d’accord.

Non parce que ça a l’air loin quand même un peu. Mais ok, d’accord.

En haut de l’île on a aussi la possibilité de prouver au monde notre amour en verrouillant un cadenas sur les grilles mises à notre disposition et en donnant un coup de cloche pour signifier que, comme Benzaiten et son dragon, on s’aime quoiqu’il arrive – même si l’un des deux mange des enfants et que l’autre traverse toute l’Asie en jouant de la guitare.

Parce que rien n'exprime aussi bien l'amour absolu que nos deux noms taggués au marqueur sur un cadenas accroché à un grillage face à l'immensité de l'océan ♥

Parce que rien n’exprime aussi bien l’amour absolu que nos deux noms taggués au marqueur sur un cadenas accroché à un grillage face à l’immensité de l’océan ♥

Sinon l’île, comme le reste du Japon, est peuplée de chats obèses et de gens tout maigres gracieusement vautrés n’importe où.

/je suis gracieux et la marée montante ne m'effraie pas.

/je suis gracieux et la marée montante ne m’effraie pas.

/je te méprise. Bipède.

/je te méprise. Bipède.