Festivals du manger et de noël

Techniquement j’aurai dû parler du premier il y a un mois et des brouettes mais comme ça j’ai un prix de gros.

Conwy food festival salmon

Conwy food festival dinosaurLe festival de la nourriture à Conwy (où nous sommes allés en taxi comme des riches parce que leurs horaires de train ne sont marrants que la première fois) est une bonne occasion de constater les conditions de vie difficiles au Pays de Galles où les gens sont encore obligés de faire des sacrifices d’enfants aux dinosaures afin de négocier la paix sur leur territoire. Après tout, nous sommes réunis pour célébrer la nourriture et il est vrai que notre espèce peut être considérée comme comestible par d’autres, alors pourquoi pas ?

Conwy food festival welsh house building

La chaise c'est pour l'échelle

La chaise c’est pour l’échelle

Partagé entre les quais et les pieds du château, le festival accueille, bien sûr, de nombreux stands de boustifaille, mais aussi une mini-ferme avec – évidemment – un nombre certain de moutons, tondus chacun leur tour sur une estrade, un cheval, des vaches, des chèvres et des cochons très sociables. En plus de l’exposition d’ingrédients et de la vente des produits finis il y a également une tente réservée à l’artisanat local, plusieurs conférences et démonstrations de cuisine ainsi que de la musique. Néanmoins, l’accès à la majeure partie de ces animations est payant (forfait à la journée ou au week-end).

◄ Et cette fois j’ai pensé à prendre en photo la fameuse plus petite maison de Grande-Bretagne !

Parmi les stands de nourriture, et hors du consommable sur l’instant, il y avait un nombre presque inquiétant de sauces et assaisonnements : herbes, vinaigres, pimenteries diverses, épices en tout genre et beaucoup, beaucoup d’ail (ils nous accusent d’en manger des tonnes mais franchement balayez devant votre micro-porte les gars). Aussi, plein de « fromages » (comprendre : différents types de cheddar, plus ou moins mature, avec ou sans trucs dedans, etc.) et de saucissons ou viandes séchées.

la vue depuis la muraille qui ceint le port

la vue depuis la muraille qui ceint le port

Llandudno christmas kid fightAutre ville, autre tradition : à Llandudno pour fêter l’approche du solstice d’hiver on enferme des enfants dans une boule de noël transparente et on les regarde se battre sur fond de bonhomme de neige rigolard et d’envol de personnes âgées.

L’entrée du marché de noël en lui-même coûte 1,50£ dont une partie est reversée à une association caritative. Cela dit, beaucoup de stands sont établis dans les rues adjacentes et donc accessibles sans payer.

On peut y trouver un peu tout et n’importe quoi, du moins c’est ce qu’il m’a semblé (sacs, savons, gâteaux, lanternes, chaussons en laine, cacahuètes, bijoux, Llandudno christmas fayr welshchemises, bonnets péruviens, cartes postales, dessous de verre, etc. et globalement pas mal d’humour local ; en guise d’exemple à droite : « Nous ne sommes peut-être pas parfaits mais nous sommes Gallois et ça s’en rapproche suffisamment » ). Peu de stands de nourriture, mais un de Gluhwein, le vin chaud allemand qui manquait tant à R. et M. Pour la bande-son, des chants de noël sont assurés en direct par un chœur de femmes en tenue de diverses décennies passées. Deux stands ont particulièrement retenus mon attention : Monsieur Jason qui compose des paysages côtiers à partir de bois flotté peint – et à qui je m’étais promise d’acheter quelque chose sauf que nous ne sommes finalement pas repassées devant son stand – et un atelier qui propose de nombreuses créations en bois sur le thème du dragon (eût égard probablement à la situation géographique du marché) mais que je n’arrive pas retrouver sur internet, trahison.

Llandudno christmas fayr craft

La ville de Llandudno en elle-même est très sympa et j’en parlerai plus longuement dans un article qui lui sera dédié.

Pour finir, et en guise de mise en bouche, la promenade au nord de la ville :

Llandudno promenade

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Le Kôyasan 高野山, son Jizô lubrique et ses bougies sur alu véritable

Koyasan tombs

Koyasan rosoku matsuri candlelightEn août, F. et je sommes allés faire un tour au Mont Kôya (Kôya-san de son petit nom), réputé « près » d’Ôsaka, sur lourde insistance de ma part vu que j’étais la seule à ne pas connaître. D’un côté je suis super contente d’y être allée précisément ce jour là, de l’autre c’était peut-être une très mauvaise idée, je ne sais pas… Un soir de fête des bougies (rôsoku matsuri 蝋燭祭り) la venue de moult gens c’est un peu oppressant, cela dit voir le cimetière de la montagne sacrée comme ça a indubitablement un côté assez génial.

Au départ, des bénévoles mettaient juste en place de longs morceaux de polystyrène recouverts d’alu le long des chemins, ça n’est devenu sérieux qu’après, quand tout le monde voulait caser ses cinquante-douze bougies là où le reste des gens avaient déjà décidé de planter les leurs, parce que c’est tellement plus convivial.

Koyasan fountain offerings

Toi aussi customise ton aire de repos

Toi aussi customise ton aire de repos

Le Mont Kôya c’est un rassemblement de temples de la secte bouddhique ésotérique Shingon débuté en 826, avec le retour de ce brave Kûkai (空海) de Chine. (Il a aussi été traîné ses illustres guêtres du côté de Miyajima, si jamais). Aujourd’hui encore c’est le quartier général du groupe religieux, et tout particulièrement le temple Kongôbu-ji (金剛峯寺). Joli et tout mais qui casse pas des briques à mon humble avis. Le cimetière et son temple attenant, l’Oku-no-in (奥の院) sont beaucoup plus sympas et moins peuplés sauf quand on tombe par hasard sur un jour de célébration annuelle, évidemment.

Déjà y’a des tombes rigolotes (écrit comme ça, ça semble un brin irrespectueux mais je les ai pas forcé à se faire faire une tasse sur leur mausolée). ►

C’est dans une jolie forêt de cèdres (j’ai laissé F. faire la sieste dans un bâtiment de repos pour les pèlerins de passage juste à l’arrivée du parcours dans le cimetière, avec eau et toilettes à disposition, c’est fort bien pensé).

Y’a des divinités aguicheuses :

*wink wink*

*wink wink*

Koyasan forestEt on peut faire des démonstrations de force ! Près du bâtiment principal du temple une file s’est formée à la nuit tombée de gens semblant pressés d’enfourner leur bras dans une sorte de mini cahute. Intrigués, nous nous sommes approchés pour voir de quoi il retournait : il fallait soulever une pierre se trouvant au fond de la petite bâtisse et la placer à plat sur un étage légèrement surélevé. La plupart des gens peinant et suant tant et si bien qu’on s’est dit que ça devait vraiment être très difficile. Mais en fait non, ils étaient juste Japonais (la pierre était effectivement grosse et pesante, et on avait juste la place de passer le bras, mais en faisant bon usage des murs la tâche était faisable rapidement). Un des desservants du temple nous a ensuite expliqué quelque chose que je regrette de ne pas avoir noté sur le moment vu ma mémoire défaillante et qui avait trait à l’âme pure nécessaire pour soulever la pierre. Et pas de photo à cet endroit, d’où ma piètre tentative de description.

Certains coins semblent presque abandonnés

Certains coins semblent presque abandonnés

Le vrai point négatif du Mont Kôya c’est d’y aller. Il faut partir d’Ôsaka (stations Namba ou Shin-Ôsaka) avec la ligne Nankai Koya en direction du terminus : Gokurakubashi (極楽橋). A partir de cette dernière station il faut prendre un téléphérique pour rejoindre la station « Mont Kôya » puis un bus en fonction de ce que l’on veut visiter dans l’ensemble de temples parce qu’aller à pied du téléphérique à la « ville » est interdit. Mais ça encore c’est que la théorie. Parce qu’en pratique les trains qui font Ôsaka → Gokurakubashi y’en a pas tant que ça, et qu’on doit donc changer de train à Hashimoto. En fonction du train choisi (plus ou moins express) ça peut coûter de 850 à 1610 et prendre d’une heure vingt à une heure quarante, uniquement pour le train. Le téléphérique c’est 380 yens (un tous les quart d’heure je crois, le voyage est très court, à peine quelques minutes). Et le bus environ 280 (pour un trajet).

Même leur mascotte ne peut compenser ça

Même leur mascotte ne peut compenser ça