Édimbourg en balade

le dehors sur royal mile

le dehors sur royal mile

Edinburgh royal mile marketDans la vieille ville, pour s’abriter de la pluie : le Royal Mile Market. « Tron Kirk » est une ancienne église restée en service de 1641 à 1952 ; elle a récemment été reconvertie en mini halle couverte avec un café et des boutiques à destination des touristes, sur la rue principale. (Instant confiture : un « tron » est un instrument de mesure écossais, sorte de balance à disposition sur les places de marché, lieu que surveillait justement ladite église).

royal mile qui grimpe un peu

royal mile qui grimpe un peu

Edinburgh old town streetEdinburgh writers museum lady stairs closeEdinburgh writers museum elisabeth melville lady stair closeEn descendant vers la gare par les petites rues, on croise le musée des écrivains dans le « clos de Madame Stair » (Lady Stair’s Close) et ses dalles à citations (dont celle-ci d’une poétesse écossaise, traduite avec les pieds par mes soins) :

Même si les tyrans menacent, même si les lions enragent et rugissent
Défie-les tous et ne crains pas de vaincre.

Edinburgh princes street gardens castle viewUne fois en bas, on peut entrer dans les jardins de Princes Street – d’où on a une chouette vue sur le château d’Édimbourg – puis continuer sur Lothian road vers les églises de saint Jean et saint Cuthbert, flanquée de son cimetière ; ou partir de l’autre côté et amorcer la grimpette pour Calton Hill et ses tombes célèbres.

saint Jean à gauche et saint Cuthbert à droite

saint Jean à gauche et saint Cuthbert à droite

Edinburgh Old Calton burial ground humeAu cimetière « Old Calton » on peut passer faire coucou à David Hume (1711–1776). Le pauvre avait demandé un enterrement privé dans une tombe modeste et sans signe religieux ; malheureusement, non seulement ses positions athéistes ont nécessité de faire garder son mausolée plus d’une semaine après son arrivée mais sa famille s’est permis d’interpréter assez librement la signification de « signe religieux » .

A voir aussi : les tombes encadrées de lourdes cages en métal pour prévenir les visites des voleurs de corps ; le monument en l’honneur des soldats écossais morts lors de la guerre de sécession aux Amériques (c’est celui avec Abraham Lincoln dessus, difficile à manquer) ; l’obélisque de 27 mètres érigée pour 5 militants politiques, désormais martyrs, qui avaient tenté d’importer de sottes idées comme le suffrage universel avant de se faire exiler en Australie.

vue sur Édimbourg depuis Calton Hill

vue sur Édimbourg depuis Calton Hill

La colline Calton, ou Calton Hill, offre un joli panorama sur Édimbourg et ses environs, de jour comme de nuit. On peut également y voir l’observatoire de la ville (qui ne peut pas observer grand chose de manière générale étant donnée la météo locale), le monument national d’Écosse pas fini faute de fonds, ainsi que le monument Nelson, célébrant la victoire de ce dernier sur les troupes françaises et espagnoles à la bataille de Trafalgar.

Edinburgh west bowDepuis Calton Hill on peut poursuivre vers Arthur’s Seat, alors que depuis les églises de saint Jean et saint Cuthbert on peut récupérer Grassmarket puis prendre à droite sur Candlemaker Row qui débouche sur le musée national d’Écosse et l’université de la ville, ou à gauche par l’arrondi de West Bow ◄ pour retourner sur Royal Mile – bien au-dessus du marché couvert comme de la cathédrale saint Giles – et visiter l’atelier de tissage de tartans (Tartan weaving mill) dont l’entrée est gratuite.

on peut aussi y passer commande d'un tartan personnalisé

on peut aussi y passer commande d’un tartan personnalisé

Le bâtiment, à côté de l’entrée du château, est une succession de boutiques en sous-sol. Les expositions et l’atelier sont tout en bas, on peut y voir l’évolution de la tenue traditionnelle à travers les siècles grâce à des mannequins dérangeants, des métiers à tisser à l’œuvre derrière une vitre ainsi qu’un vieux modèle en bois au repos.

Edinburgh tartan weaving mill exhibition of many socks

A venir : du gallois, des détails sur le travail d’assistant de langue et des bêtises sur la vie quotidienne au Royaume-Uni.

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Édimbourg gratuit et à pied 3/3 : Arthur’s Seat

Après la cathédrale saint Giles et le musée national d’Écosse, aujourd’hui : le vent

Avec, en invité surprise, ma capillarité emmêlée

Avec, en invité surprise, ma capillarité emmêlée

Edinburgh arthur seat nomnom volcanoArthur’s Seat, ou le « siège d’Arthur » en grenouille, est également un ancien volcan ; actif durant la période géologique du Carbonifère (vieux), il s’est fait tout éroder par les glaciers de passage. Il surplombe herbeusement Édimbourg en donnant parfois l’impression qu’il va l’engloutir. Son nom pourrait faire référence à la légende Arthurienne, étant de fait considéré comme une possible location du château de Camelot, ou à un poste de défense médiéval appelé le « siège des archers » (de archer’s seat qui aurait été ultérieurement modifié) – voir à un « lieu surélevé » ce qui est nettement moins poétique.

plaque d'orientation au sommet

plaque d’orientation au sommet

Ça grimpe pas mal. Pas haut (251 mètres) mais dans de la rocaille roulante pour les derniers mètres ; laquelle rocaille est bien sûr dangereusement glissante par temps de pluie. On y a eu un vent à décorner les bœufs, néanmoins j’ignore si c’est une constante du lieu.

Le groupe de jeunes qui voulaient enfiler leurs kilts pour immortaliser leur ascension ont eu bien du mal à se changer tout en préservant leur pudeur et en s’abstenant de dégringoler. C’est le mauvais côté des kilts légers vendus à la pelle dans les boutiques de souvenirs : le tissu est extrêmement fin et sans broche pour empeser et maintenir le devant ça a un peu tendance à se soulever à la moindre brise. Le bon côté des choses c’est qu’on a battu le record d’imitation de Marilyn Monroe sur roche et c’est toujours ça de pris !

le siège d'Arthur depuis Calton Hill

le siège d’Arthur depuis Calton Hill

Informations pratiques :

pas de rampe d’accès, ni de rambarde mais des chemins sur les parties plus basses ; pas d’éclairage

A venir : balade dans la ville d’Édimbourg elle-même et tas de photos.

Édimbourg gratuit et à pied 2/3 : le musée national d’Écosse

Après la cathédrale saint Giles, aujourd’hui :

Edinburgh national museum of scotland evolution galleryEdinburgh museum size mattersLe musée national d’Écosse à Édimbourg abrite à la fois des collections permanentes gratuites (galerie de l’évolution, ethnographies des cultures du monde et histoire de l’Écosse entre autres) ainsi que des expositions temporaires payantes (10£ pour celle sur les jeux vidéos quand nous y sommes allés).

Il y a donc une section archéologique dédiées aux Pictes et aux Romains, une partie Gaels en réfection lors de notre visite – on ne pouvait voir que quelques stèles aux motifs intriqués ainsi que des sporrans et sgian dubh de différentes familles (ces besaces et petits couteaux accompagnant la tenue traditionnelle locale) – ainsi que plusieurs salles dédiées à l’Écosse médiévale, aux conflits avec l’Angleterre et aux expositions de grosses épées.

Comme souvent dans les musées du Royaume-Uni, il y a pas mal d’activités pour les enfants, leur permettant de toucher des reproductions, enfiler des vêtements d’époque, construire un pont comme les Romains, ou taper violemment sur des tambours. Joie.

étagère de pénis romains

étagère de pénis romains

et pierres pictes

et pierres pictes

salle principale desservant les différentes sections et étages

salle principale desservant les différentes sections et étages

Informations pratiques :

au coin de Chambers Street et George IV Bridge, au bout de Candlemaker Row
de 10 à 17h tous les jours
site internet en anglais

depuis Candlemaker Row ça ressemble à ça

depuis Candlemaker Row ça ressemble à ça

Bonus : plein de tellurions !

Edinburgh national museum of scotland telluriumA venir : le siège d’Arthur (Arthur’s Seat en V.O ) et des bonus photographiques du musée ainsi que des rues d’Édimbourg pas pratiques à déployer dans des articles concis.

Édimbourg gratuit et à pied 1/3 : la cathédrale saint Giles

Selon la météo et l’accessibilité nécessaire, il est possible de profiter d’Édimbourg (qui s’écrit Edinburgh en version anglaise et se prononce « edinbweu » ) de façons diverses et variées. C’est pourquoi je propose trois possibilités couvrant des intérêts différents et dont le temps de visite cumulé s’étale sur une journée et demie environ.

Aujourd’hui :

Edinburgh saint giles cathedral

on voit pas très bien mais à gauche des escaliers il y a une rampe d’accès

La cathédrale Saint Giles, considérée comme le vaisseau-mère du presbytérianisme en ces terres laineuses, est sans grande surprise dédiée à saint Gilles l’Ermite : patron des estropiés, des lépreux ainsi que des villes d’Édimbourg et Nuremberg entre autres – on sent déjà un super bon karma quand même.

Quoique consacrée en 1243, il est probable que l’église de départ ait été en service depuis la moitié du IXème siècle et elle sera de toute façon moult fois reconstruite et dé/re-consacrée suite à divers revirements politiques et religieux entre catholiques, protestants, Anglais, Écossais, tout ça. De fait, elle n’a aujourd’hui de cathédrale que le nom vu qu’il n’y siège pas d’évêque.

la nef, vers l'autel et l'entrée

la nef, vers l’autel et l’entrée

Edinburgh saint giles cathedral   memorialElle est également connue sous le nom de « High Kirk of Edinburgh » , où « kirk » est un terme écossais qui signifie « église » , l’ensemble pouvant être traduit par « haute église d’Édimbourg » . A gauche de l’entrée une série de plaques commémoratives en pierre rendent hommages à des défunts célèbres/fortunés ou aux soldats morts lors de conflits internationaux. Au fond à droite une salle a été fermée pour cause de vols répétés, pour y accéder, il faut s’adresser à l’accueil et espérer qu’un bénévole soit disponible.

Edinburgh saint giles cathedral  painted glass flagsAttention, quoique l’accès à la bâtisse soit gratuit, il faut s’acquitter de 2£ pour être autorisé à y prendre des photos. Personnellement, je préfère ça à un droit d’entrée, surtout pour un édifice religieux. De plus, pour les gens que ça hérisse, soyez prévenus qu’il y a une boutique de souvenirs touristiques, attirails claniques écossais et ustensiles religieux au fond à gauche.

Informations pratiques :

sur Royal Mile, à quelques pas du château
ouverte de 9 à 17h (19h les soirs de semaine entre mai et septembre) ; à partir de 13h les dimanches

Bonus : on peut y entendre des chœurs avant les services religieux et y’a une licorne derrière !

Edinburgh saint giles cathedral back unicornA venir : le musée national d’Écosse et le siège d’Arthur (Arthur’s Seat en V.O ).

Édimbourg : le vent, la pierre et les lasagnes humaines

le Grassmarket dans la vieille ville, sous le château

le Grassmarket dans la vieille ville, sous le château

Edinburgh cockburn streetJuchée sur un volcan décédé et un passé à vous faire dresser les cheveux sur la tête, la capitale controversée de l’Écosse est à l’image de son piédestal : captivante à tendance sinistre. Comme sa vieille ville se dévoile par étages, entre ruelles étroites, successions d’escaliers et défilement de cours intérieures, il vaut mieux être en relativement bonne forme pour en battre le pavé (et éviter les chaussures qui glissent) ; la partie la plus récente de la ville – de l’autre côté de la voie ferrée – est plus facile d’accès.

Malgré un taux d’humidité certain et un vent à décorner les bœufs, Édimbourg reste très accueillante et plaisante à visiter, par une magie que je ne m’explique pas très bien. Bien sûr, en bord de mer la météo est pour le moins changeante et exige un équipement varié, comme le montrent ces deux photos prises à environ dix minutes d’intervalle depuis une fenêtre du musée de la ville :

oui oui, c'est bien de la neige

oui oui, c’est bien de la neige

ta-daaaa !

ta-daaaa !

Edinburgh castle

Le château, au sommet de la rue principale et dont l’entrée est tout de même à 16£, surplombe les jardins de Princes street, jadis marais ayant muté en un lac appelé « Nor Loch » grâce notamment aux multiples déversement sanitaires des Édimbourgeois.  La légende veut que pendant la meurtrière chasse aux sorcières en Écosse, les accusés de tous sexes étaient jetés dans le-dit lac pour l’épreuve de la noyade (ceux qui flottent sont brûlés car coupables de sorcellerie, ceux qui se noient meurent innocentés), venant ainsi gonfler les rangs d’une armée de squelettes déjà riche en bébés morts – évacués de la sorte car les femmes enceintes hors mariage étaient menacées d’expulsion/exécution. Le délicat fumet du Noch Loch couplé au parfum des nombreuses distilleries valurent à la ville l’alléchant surnom de « Auld Reekie » : « Vieille Puante » .

la rue principale a été élargie, elle faisait environ un tiers de moins au XIXème

la rue principale a été élargie, elle faisait environ un tiers de moins au XIXème

la trace des anciennes murailles a été conservée sur la rue principale

la trace des anciennes murailles a été conservée sur la rue principale

L’allure victorienne des bâtiments date des travaux d’assainissement de la vieille ville fin XIXème, faisant suite à plusieurs cas de choléra, car le quartier avait jusque là gardé son architecture médiévale et son exiguïté malsaine. Paradoxalement, c’est la défaite des Écossais jacobites à Culloden en 1746 qui a permis à Édimbourg de se développer. Ces derniers ayant été massacrés par les Anglais, les murs d’enceinte n’avaient plus aucune utilité et furent progressivement abattus, permettant d’ouvrir de nouvelles possibilités d’expansion – urbaine comme économiques – pour une des villes alors les plus densément peuplées au monde. Laquelle ville en était arrivée à construire des édifices de onze étages à l’instabilité régulièrement démontrée afin de loger ses habitants dans des conditions d’hygiène déplorables.

"Déblayez les gars, je ne suis pas encore mort" en commémoration de l'effondrement d'un immeuble en 1861 qui a fait 35 morts et de nombreux blessés, dont le jeune homme à qui sont attribués ces mots

« Déblayez les gars, je ne suis pas encore mort » en commémoration de l’effondrement d’un immeuble en 1861 qui a fait 35 morts et de nombreux blessés, dont le jeune homme à qui sont attribués ces mots

vue depuis le Old Calton burial ground

vue depuis le Old Calton burial ground

Le « Old Calton burial ground » , de l’autre côté de l’ancien Nor Loch, est accessible à toute heure pour permettre aux esprits décédés au loin de rejoindre leur sépulture. Ce cimetière a momentanément été l’un des poumons économique de la ville lorsque les écoles de médecine locales, en plein essor au début du XIXème siècle, ce sont mises à manquer de matière première. Les voleurs de corps y faisaient leur marché, poussant parfois le vice jusqu’à la création de cadavres dans un but de fraîcheur optimale pécuniairement récompensée par des professeurs peu regardant.

Burke à gauche et Hare à droite

Burke à gauche et Hare à droite

C’est ainsi que les tueurs en série Irlandais Burke et Hare (William de leur prénom commun) ont pu assassiner 17 personnes, vendues à l’anatomiste Robert Knox, avant qu’un jeune policier ne s’interroge sur le décès soudain d’une professionnelle auprès de laquelle il avait ses habitudes.

Certaines tombes de l’époque apparaissent d’ailleurs encore scellées de ces lourdes cages métalliques visant à empêcher les exactions des trafiquants de corps. Peu après ces morbides événements, le cimetière a cessé d’être utilisé comme lieu d’enterrement car les générations successives d’habitants tendaient à refaire surface en perçant de leurs os la terre spongieuse du lieu en temps de pluie (soit approximativement tous les jours).

Bonus meuh :

Edinburgh cow gate

 A venir : balades et visites gratuites à Édimbourg, l’auberge High Street et plus de détails sur le travail d’assistant de langue.