Le marché de noël de Manchester

l'hôtel de ville de Manchester et son père noël biphasé

l’hôtel de ville de Manchester, son père noël biphasé et son drapeau anglais

Avec à peine trois mois de retard, hum. Donc courant décembre, avec P. et M. (laquelle déposait à l’aéroport son frère et ses trois amis pour mieux récupérer deux autres potes [insérez ici une blague de bon goût sur les Allemands envahissants]), nous sommes allées profiter de l’ambiance commerciale aromatisée au vin chaud qui s’était emparée de Manchester. Le résumé de l’histoire pour ceux qui auraient la flemme de lire ce bébé-article c’est que ce marché de noël vaut la peine, qu’il est sans surprise plus cher que ceux du nord du Pays de Galles mais surtout bien plus grand !

auditions en magasin pour devenir renne du père noël

auditions en magasin pour devenir renne du père noël

Manchester christmas market tree tanabata wayLes chalets sont répartis sur plusieurs allées de façon à former une sorte de petit circuit dans la ville, essentiellement – là encore sans grande surprise – à travers ses rues piétonnes. Beaucoup de magasins sur le parcours jouent le jeu et ornent leur vitrine de façon adéquate et/ou terrifiante. Mais nous n’étions pas là pour faire les boutiques et entre un arbre de noël façon tanabata, lourd de tous les souhaits accrochés à ses branches en plastique véritable, un gros chêne en chewing-gum chanteur de joyeusetés saisonnières et une multitude de stands de nourriture (dont la moitié proposaient des pepperonis partout et les autres des oignons, joie), nous avions fort à faire pour trouver des infâmités ramenables en ces bien aimées terres civilisées au courant que le cheddar, toute production laitière parfaitement honorable qu’il soit, ne mérite pas pour autant un rayon entier au supermarché.

depuis sous le père noël, photo spéciale pour agoraphobes ♥

depuis sous le père noël, photo spéciale pour agoraphobes ♥

Manchester city hall stairsIl est fourbement assez facile de se perdre un peu et d’oublier l’heure de son train car les rues sont animées par différents artistes (comme ce chouette groupe de jazz qui reprenait ma chanson préférée du Livre de la jungle de Disney) et les plus gros stands mettent les moyens pour attirer l’attention du chaland : la tête d’orignal ci-dessus par exemple bougeait et chantait en continu. Le mauvais temps chronique a été prévu tant par les visiteurs que par l’organisation et le mieux quand on a soi-même absolument jamais de parapluie sur soi reste de se joindre aux autres passants et d’investir la mairie (town hall en hérétique). Datant de la seconde moitié du XIXème siècle, cette modeste cabane victorienno-néo-gothique s’étend sur plusieurs étages mais n’accepte les gueux qu’au rez-de-chaussée. Le hall d’entrée héberge quelques statues, dont celle d’un James Joule déprimé par sa housse de téléphone ▼ ainsi qu’un plafond francophone ▼

Manchester city hall James Joule statueManchester city hall dieu et mon droitBonus dérangeant :

c'était terrifiant, au cas où vous vous poseriez la quesion

c’était terrifiant, au cas où vous vous poseriez la quesion

A voir aussi à Manchester :
La cathédrale
La bibliothèque de Chetham et la bibliothèque John Rylands

Publicités

Le château de Caernarfon

Porte du roi

Porte du roi

Ancienne motte castrale, rebâtie en dur à partir de 1283 par Edward Ier lors de son invasion du Pays de Galles (le dernier roi local – Llywelyn ap Gruffudd – avait en effet refusé de lui prêter allégeance et ça a blessé son égo, alors il a lancé son armée à travers tout le territoire et construit des places fortes pour que plus jamais personne ne se rebelle contre sa grosse autorité), c’est désormais le château le plus connu de cette belle région du Royaume-Uni qui n’a donc de royaume comme d’uni que le nom.

de la tour de l'aigle vers la porte de la reine

de la tour de l’aigle vers la porte de la reine

trône du Charles lors de son investiture

trône du Charles lors de son investiture

Malheureusement, il a lourdement payé les conflits du coin et sa conservation extérieure plutôt admirable renferme essentiellement des ruines. Les salles au rez-de-chaussée des tours proposent des expositions sur l’histoire de la bâtisse ou la fascinante arborescence familiale du sang bleu de Grande-Bretagne. En effet, l’héritier du trône devient automatiquement le glorieux porteur du titre tout aussi honorifique qu’inutile de « Prince du Pays de Galles » dès son accès à la fonction. « Fonction » étant ici essentiellement employé par politesse dans la mesure où ces braves gens ne servent à rien.

La dernière investiture en date a donc eu lieu sur la verdoyante pelouse du château de Caernarfon et a vu l’actuelle reine lancer en 1969 la carrière à venir de son fils aîné en tant que plus vieil héritier de toute l’histoire du pays. Il est également le plus patient car jamais futur roi n’a eu à attendre son royal siège plus longtemps.

vue sur la ville depuis la tour de l'aigle

vue sur la ville depuis la tour de l’aigle

Caernarfon castle hallwayComme pour le château de Conwy, il y fait très froid, avec un éclairage minimal ou inexistant, des escaliers partout, des tournants à foison, les plafonds des coursives ne sont pas hauts et les marches à la fois grandes et étroites. Le bâtiment n’est donc pas accessible aux personnes peu à l’aise avec leurs articulations, pour les autres il y a des cordes afin de s’aider un peu lors des inévitables affrontements contre les escaliers les plus abruptes, tout va bien.

Néanmoins, la visite est instructive et notre grimpette fut récompensée à la fois par la torture de M. qui avait des courbatures car c’est ce qui arrive quand on se pique de courir sur la plage et une très jolie vue sur l’embouchure du détroit de Ménai d’un côté (Bangor montant la garde à l’autre bout) et les montagnes parfois presque enneigées du parc national de Snowdonia de l’autre :

vers le sud de l'île d'Anglesey

vers le sud de l’île d’Anglesey

Caernarfon castle  Snowdonia viewEn plus y’a des vitraux en français ►

Le château en lui-même n’a jamais été fini et certaines parties étaient donc encore au stade embryonnaire quand les destructions suite aux multiples soulèvements gallois ont commencé. Il est ainsi passé temporairement dans les mains des locaux dès 1294 puis a été assiégé au tout début du XVème siècle. Seule l’accession au pouvoir royal par la dynastie des Tudor, des Gallois, fin XVème a permis d’apaiser les relations tendues entre ces derniers et leurs occupants Anglais, amenant également un désintérêt pour les places fortes locales… Du moins jusqu’à la guerre civile mi-XVIIème siècle. De fait, la « porte de la reine » par exemple tient en réalité davantage d’une vague terrasse à plusieurs mètres au-dessus du niveau de la mer que d’un accès au mur d’enceinte.

Les travaux de restauration vont bon train et certaines chambres, quoique vides de tout mobilier intéressant, sont visitables :

Caernarfon castle  room

Pour les détails pécuniaires : l’entrée est à 5,10£ pour célébrer à la fois la force et la vigueur de la jeunesse ainsi que la sagesse et la bonne humeur des porteurs de mémoire, ou à 6,75£ pour les démunis de carte étudiante et autres hanches en plastique.

Quota poulet assuré ce jour par une gargouille de muraille érodée :

Et aussi de nuit ça donne ça :

piou-piouuuu

piou-piouuuu