L’auberge Nomad à Cardiff en 6 détails

dortoir pour filles

dortoir pour filles

1. Petit-déjeuner gratuit avec céréales, toasts et café/thé. Pas de jus de fruit et le beurre est, comme partout, de la margarine. Cela dit, c’est toujours plus agréable d’entamer une journée de marche avec le ventre plein.

2. Douches réglables mais rien pour poser ses affaires. Personnellement je prends un sac plastique que j’accroche à la poignée de porte dans ce cas mais c’est quand même moins pratique.

3. Bien situé pour rejoindre le cœur de la ville (rues piétonnes, château, musées) à pied.

4. Chauffage violent non réglable : il fait soit une chaleur à se lyophiliser instantanément en passant la porte, soit froid.

5. Propreté relative (y’avait une tache ressemblant suspicieusement à un vieux caca d’oiseau séché sur ma couette et des cendriers pleins qui trainaient sur la terrasse, ce genre de choses, rien de dramatique).

6. Ils annoncent du « gel douche gratuit » sur le site mais en fait non y’en a pas. Par contre les dortoirs possèdent des petits casiers dont la clé est remise aux clients lors du check-in, toujours pratique.

une partie du salon, dos à la terrasse - le bar et la cuisine sont à gauche, l'accès aux chambres et à la réception à droite

une partie du salon, dos à la terrasse – le bar et la cuisine sont à gauche, l’accès aux chambres et à la réception à droite

Informations pratiques :

Adresse : 11-15 Howard Gardens
Site internet en anglais

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Affichages drôlatiques

à Rhos-on-Sea, un "centre d'accueil de jour pour maris" qui propose de s'en occuper pour toute personne voulant faire du shopping

à Rhos-on-Sea, un « centre d’accueil de jour pour maris » qui propose de s’en occuper pour toute personne voulant faire du shopping

à Cardiff : "vous avez l'air d'avoir besoin d'un café"

à Cardiff : « vous avez l’air d’avoir besoin d’un café »

ce bar de Caernarfon où il faut amener son propre vin

ce bar de Caernarfon où il faut amener son propre vin

à Bath "offre du jour : achetez deux boissons et payez pour les deux"

à Bath « offre du jour : achetez deux boissons et payez pour les deux »

"souper-héro" bon...

« souper-héro » bon…

à Londres "on recrute : des clients ! Pas d'expérience requise, formation assurée, postulez à l'intérieur"

à Londres « on recrute : des clients ! Pas d’expérience requise, formation assurée, postulez à l’intérieur »

j'ai malheureusement oublié où

j’ai malheureusement oublié où

Enfin, pour montrer que cette désopilance ne date pas d’hier, une affiche de la seconde guerre mondiale incitant la population à partager ses ressources plutôt qu’à en gaspiller :

dans le château de Cardiff

dans le château de Cardiff

Un « pot-luck » est une sorte d’auberge espagnole : le principe de partager sa nourriture avec d’autres, chacun apportant quelque chose à la tablée ; et « humble pie » renvoie au fait d’être vaincu, de devoir reconnaître ses tords, d’être humilié, forcé de présenter des excuses, etc.

Six mois : récapitulatif via bazar photographique 2.0

C’est de la triche je sais mais les photos sont assez difficiles à mettre en page dans le contenu des articles, ça ne marche jamais comme je veux parce que je suis une empotée de l’interface utilisateur, donc c’est plus simple comme ça.

appétissante enseigne au marché de noël de Manchester

appétissante enseigne au marché de noël de Manchester

Elvis se cache en fait au premier étage du marché couvert de Cardiff

Elvis se cache en fait au premier étage du marché couvert de Cardiff

Dumbledore est à Londres :

haniwa 埴輪, préfecture d'Ibaraki, Japon, environ -500, British museum

haniwa 埴輪, préfecture d’Ibaraki, Japon, environ -500, British museum

Pendant que le Tibet fabrique des trompettes en fémurs humains :

XIXème siècle, British museum

XIXème siècle, British museum

Selon votre affection de l’argot, le nom de ce pub londonien peut se lire « la taverne du vieux coq » ou « la taverne de la vieille bite » :

même si pour être honnête ils ont un poulet sur leur enseigne

même si pour être honnête ils ont un poulet sur leur enseigne

A Bath, l’église de Saint Michel En-Dehors possède non seulement une boutique mais également un café :

"en-dehors" parce que première église construite à l'extérieur des murs de la ville

« en-dehors » parce que première église construite à l’extérieur des murs de la ville

devanture attrayante à Bath

devanture attrayante à Bath

Partie sauvetage de l’âme :

Jésus espionne les visiteurs de la cathédrale de Chester depuis les recoins des vitraux

Jésus espionne les visiteurs de la cathédrale de Chester depuis les recoins des vitraux

ange déprimé à la cathédrale de Bristol

ange déprimé à la cathédrale de Bristol

un vitrail en l'honneur de World of Warcraft ?

un vitrail en l’honneur de World of Warcraft ?

L’intérieur du donjon normand de Cardiff, qui n’a pas survécu aux décennies de conflits locaux puis nationaux :

Cardiff norman keep inside

rayon de soleil à Betws-y-Coed

rayon de soleil à Betws-y-Coed

à Caernarfon, les affiches seront en latin avant de considérer l'anglais

à Caernarfon, les affiches seront en latin avant de considérer l’anglais

Proposition galloise pour régler ce problème de la conduite sur le bon ou mauvaise côté de la route :

They see me rollin' ♪

They see me rollin’ ♪

Et parce qu’ébouillanter les gens est tellement plus convivial que de mettre de fichus mélangeurs :

" attention cette eau peut devenir très chaude, faites attention s'il-vous-plait "

« attention cette eau peut devenir très chaude, faites attention s’il-vous-plait »

Enfin, bonus « et bon appétit bien sûr » :

Le château de Cardiff ou Castell Caerdydd

Cardiff castle clock tower wall

reste de mur romain sous l'entrée du château

reste de mur romain sous l’entrée du château

De son fort romain originel au pilonnage subit durant la seconde guerre mondiale, le château de Cardiff est presque une synecdoque historique de la Grande-Bretagne dans son entier (en incluant les goûts en décoration d’intérieur qui ne se discutent pas mais possèdent un fort pouvoir traumatique sur la durée).

Tout commence au Ier siècle, quand les Romains arrivent dans le sud du Pays de Galles pour apporter l’éclairage civilisationnel de l’époque et que les populations celtes locales prennent la nouvelle avec un entrain modéré. Les Silures tentent alors de convaincre l’envahisseur de rebrousser chemin en le tuant poliment et c’est ce qui motivera les Romains à se trouver un petit coin sympa à la vue dégagée, sur le point le plus en amont possible de la rivière Taff, où ils se construisent une petite place forte confortable d’environ 200 mètres de côté, comme chez mémé, se faisant livrer du vin romain, de l’huile d’olive d’Espagne et autres menus bibelots festifs pour égayer leur quotidien monotone de missionnaires du progrès.

Cardiff castle norman keepA leur départ au Vème siècle, le fort tombe en ruine et les Normands qui débarquent à partir de 1060 recyclent ses pierres pour bâtir un vaste donjon, accessoirement le plus grand du Pays de Galles de l’époque, sur une énième motte castrale. Les tensions incessantes avec les Gallois, notamment Llywelyn ap Gruffudd le dernier roi local dont il a été question dans l’article sur le château de Caernarfon, poussent la famille de Clare à développer les défenses du château et à faire construire la Tour Noire, reliée au donjon par un mur divisant la cour en deux espaces distincts. Comme le dernier héritier mâle meurt à la guerre en 1314 sans laisser de successeur, le roi Édouard II confie le château à son cruel mais favori neveu Hugues le Despenser. Début XVème, alors que la famille de ce dernier utilise désormais plus volontiers une résidence voisine que le château de Cardiff, une rébellion galloise menée par Owain Glyndŵr éclate dans le nord du pays et s’étend peu à peu vers le sud, finissant par conquérir momentanément la forteresse après lui avoir causé de sérieux dégâts.

depuis le fort normand, avec la Tour Noire en face au bout des ruines du mur de séparation et la résidence à droite

depuis le fort normand, avec la Tour Noire en face au bout des ruines du mur de séparation et la résidence à droite

la bibliothèque est sympa, ça va

la bibliothèque est sympa, ça va

Après moult autres changements de propriétaires durant la Guerre des Roses et la guerre civile, la propriété arrive entre les mains des comtes de Bute (prononcé « bioute » et descendants de Robert II d’Écosse, quand même) au XVIIIème, suite à de guillerettes épousailles. Le château visible aujourd’hui date du XIXème siècle et est l’œuvre de William Burges, architecte recruté par le troisième comte de Bute : John Crichton-Stuart.

Le premier comte de Bute (John Stuart) – qui gagnera plus tard l’épithète de « créateur de la Cardiff moderne » – préférant l’espace à l’histoire fit démolir tous les bâtiments médiévaux ainsi que le mur de séparation de la cour, d’où son aspect quelque peu nu présentement. A l’époque, Cardiff était d’une taille bien plus modeste, basée sur une économie agricole et 25ème ville la plus peuplée du Pays de Galles (c’est à dire pas peuplée). Mais ce premier comte de Bute, flairant le filon à exploiter que représentaient les gisements de charbon de la région, entreprit la construction des docks du port afin de faire de son bastion la plaque tournante du commerce de ce combustible alors très recherché. En quelques dizaines d’années la ville gagne une connexion par bateau à Bristol, la ville voisine, ainsi qu’avec Londres par diligence, mais également une banque et une université, couronnant dans la foulée son accès au statu de plus grande ville du Pays de Galles à la fin du XIXème siècle.

sobriété et discrétion dans la salle à manger

sobriété et discrétion dans la salle à manger

Son petit-fils, modérément ému des prises de position esthétiques de son aïeul, embauche William Burges pour absolument tout refaire (des douves du donjon à la résidence elle-même en passant par les murailles romaines). Rendu immensément riche par ses mines de charbon, il ne lésine pas sur les moyens et fait même construire une nouvelle tour pleine de dorures : la Tour de l’Horloge. Soucieux de rendre justice aux ruines romaines, il consulte des spécialistes afin de les reconstruire le plus fidèlement possible. C’est pourquoi nous pouvons voir aujourd’hui une démarcation de pierres rouges au sein de la muraille ceignant le château : au-dessous se trouvent les pierres romaines et au-dessus les plus récentes.

et oui, c'est pas juste pour faire moche

et oui, c’est pas juste pour faire moche

dans les couloirs de la muraille

dans les couloirs de la muraille

Le quatrième comte qui s’appelait aussi John parce que les Bute n’avaient manifestement pas compris que transmettre son nom de famille à ses descendants était tout à fait suffisant, accepta de prêter les murailles du château au habitants de la ville pour qu’ils viennent s’y réfugier lors des bombardements de la seconde guerre mondiale. Différentes sections furent séparées par des murs internes temporaires afin de limiter les dégâts possibles, des rampes d’accès à ces abris furent aménagées ainsi qu’une cafétéria de fortune et un poste de secours sommaire. A la mort de ce quatrième comte en 1947, le château et son parc furent remis par son fils (John – ceci n’est pas une blague) à la ville de Cardiff. Depuis, le parc est libre d’accès et le château est devenu une attraction touristique. Pour les curieux, une partie des murailles a été réaménagée pour présenter l’ambiance 39-45, avec alertes sonores, affiches d’époque et photos de la ville bombardée.

Cardiff castle canteen

L’entrée est à 10,50£ avec une carte étudiante (pas besoin de la carte internationale, la française est acceptée) ou pour les jeunes de plus de 60 ans ; 12£ sinon.

Bonus animalier avec cet extrait du mur longeant le parc Bute :

Cardiff castle animal wall

Cardiff ou Caerdydd en version originale

Cardiff street art castleCapitale du Pays de Galles depuis 1955, Cardiff en est également la ville la plus peuplée avec ses 346 mille et quelques habitants. Comme nombre de ses camarades de la région, elle a été fondée par les Romains puis investie par les Normands avant de surfer sur la révolution industrielle charbonneuse et métallique qui a agité tout le pays au XIXème siècle. Je détaillerai un peu cette histoire lors de la visite du château dans un prochain article, car le développement de cette région est étroitement lié aux décisions de la noblesse locale.

le château de Cardiff depuis le parc Bute

le château de Cardiff depuis le parc Bute

Cardiff galleryDe nos jours cependant, les docks qui ont jadis fait la richesse de la famille Bute et par ricochets de la ville elle-même servent davantage au tourisme qu’au commerce. En effet, pôle économique local et grande cité estudiantine, Cardiff accueille résidents de toujours comme visiteurs de passage et de tous horizons. Des cultures diverses s’y rencontrent et créent un mélange très rafraîchissant après plusieurs mois dans le blanc nord. La ville semble étrangement divisée en deux pôles distincts : son cœur grouillant à visiter à la fermeture sous peine de ne rien voir (et ça aurait tout de même été dommage de passer à côté de « Madame Fromage » ◄), où l’on zigzague d’allées couvertes appelées arcades en ruelles piétonnes depuis le château jusqu’à la gare, et son bord de mer marchand peuplé de restaurants et animé d’un centre culturel et sportif, d’autant plus vivant que l’heure avance et que la semaine arrive à son terme.

en orange sur la droite

en orange sur la droite

C’est lors d’une promenade sur ce dernier que, tentant d’immortaliser les jolis jeux de lumières que les néons projetaient sur les vagues en contrebas, je me suis à moitié fait agresser par une dame d’un âge honorable et dans un état d’ébriété certain. Elle m’a attrapée de dos par dessus mon sac, m’encerclant complètement de ses bras, et a tenté de me secouer en comptant moitié en anglais moitié en gallois. Étant donné nos formats respectifs, elle n’est pas arrivée à grand chose et à rapidement abandonné pour m’ordonner plutôt de la prendre en photo, prenant dans la foulée la pose en s’avachissant sur la rambarde. Face à mon refus poli, elle s’est fendu d’un très distingué « well fuck off then » (qui peut se traduire comme approchant le « ben va te faire foutre alors » ) et est repartie avec ses amies qui n’ont à aucun moment jugé bon d’intervenir. Néanmoins, comme je suis sympa, je l’ai quand même prise en photo ▲

et les reflets en question

et les reflets en question

revisitation du Voyage vers l'ouest

revisitation du Voyage vers l’ouest

(Évidemment, je ne partage pas cet épisode uniquement pour le plaisir de râler sur les habitudes socio-ethniques de l’autochtone. J’en profite simplement pour souligner que lors de ce week-end où le pouls de la ville battait au rythme du tournoi des six nations retransmis dans tous les bars, les hommes que j’ai vu pisser contre la vitrine des magasins à 20h, tout comme celles et ceux qui ne marchaient déjà plus debout à 18 ou vomissaient généreusement à droite à gauche, avaient depuis longtemps passé l’âge de la crise d’adolescence).

marché couvert de Cardiff, entre l'église de saint Jean-Baptiste et la place Victoria

marché couvert de Cardiff, entre l’église de saint Jean-Baptiste et la place Victoria

dragon du parc Bute

dragon du parc Bute

Globalement, la ville me semble plus proche de Londres que de Manchester par exemple. Certes, les briques rouge sont légion, mais les espaces verts également.

Pour ce qui est de l’aspect « pratique » : le trop grand centre commercial saint David (dans lequel je me suis peut-être momentanément perdue, nous ne le saurons jamais) est ouvert jusqu’au soir, ce qui permet d’avoir accès à des toilettes gratuites et relativement propres. Attention cependant, l’eau des lavabos est brûlante – ainsi que nous en informent les encarts explicatifs à côté des robinets – et empêche donc à la fois de se laver longuement les mains et de se ravitailler en eau potable. Pour ce faire, il faut donc visiter l’atelier réfection de bébés à l’entrée des toilettes pour femmes, où la température du robinet est réglable (moyennant le regard accusateur des grands-mères de passage). Il y a deux boutiques de la chaîne Prêt à Manger : une dans ce même centre commercial ainsi qu’une sur Queen street, qui permettent de récupérer un sandwich à 2£ et un brownie à 1.50 par exemple. Les cafés ferment entre 17h et 17h30, ce pays est désespérant.

heureusement c'est le printemps et y'a plein de fleurs poilues pour nous remonter le moral !

heureusement c’est le printemps et y’a plein de fleurs poilues pour nous remonter le moral !

La ville abrite également l’assemblée nationale du Pays de Galles au milieu des restaurants de sa baie ainsi que moult productions artistiques ouvertes à l’interprétation. J’ai par exemple personnellement décidé que ceci était une fibule pour cape de géant :

Cardiff modern street art