Dafen et ses peintres de Montmartre 2/2

hong-kong-shenzhen-dafen-streetUne fois sortis du métro à Dafen, il ne faut que quelques minutes de marche pour rejoindre le quartier des peintres. L’endroit est connu pour alimenter les vendeurs de souvenirs illustrés de par le monde, notamment à Paris, et plus spécifiquement à Montmartre, tuant dans la foulée les artistes de la place du Tertre.

hong-kong-shenzhen-dafen-painting-triesOn peut choisir de ne voir ce quartier que comme un repaire de faussaires, mais il ne faut pas perdre de vue le fait que les personnes qui s’enrichissent le plus sur ce type de trafic, comme souvent, ne sont pas à ce niveau du réseau. Quoi qu’il en soit, les œuvres ne sortent pas d’usines robotisées et le talent des artisans de Dafen est indéniable. Certes, certains trichent quelque peu en imprimant des versions déjà dessinées des produits visé, mais la majorité des peintres suit plus simplement un processus d’essai, erreur et correction constatable directement dans les ateliers qui débordent sur la rue.

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hong-kong-shenzhen-dafen-painting-varietyLa superposition continue des étapes de création, multiples composants et achalandages variés instaure une ambiance particulièrement éclectique dans le village.

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Dans l’ensemble, c’est donc une chouette balade, ainsi qu’une bonne source de cadeaux et/ou souvenirs à ramener pour les amateurs ; avec toutefois un léger détail : l’anglais n’est pas forcément généralisé.

attention à la marche glissez prudemment / avec soin

attention à la marche
glissez prudemment / avec soin

Enfin, question confort de voyage, les toilettes en Chine sont très majoritairement sans cuvette (à part dans certains grands centres commerciaux). Personnellement, c’était la première fois que je voyais des « toilettes turques » en imitation marbre.

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Dafen et ses peintres de Montmartre 1/2

hong-kong-shenzhen-streethong-kong-shenzhen-cityA une petite heure de Hong Kong, juste après  la frontière chinoise, commence la ville de Shenzhen (深圳). Accessible grâce à un visa spécifique de 5 jours à 168 yuans pour les français (il paraît que les anglais paient plus cher), elle semble être vue comme un supermarché géant par nombre de Hongkongais qui viennent s’y ravitailler pour considérablement moins cher que sur leur île. Plusieurs villages sont inclus dans sa gigantesque zone de conurbation, dont Dafen (大芬), résidence des peintres exportateurs.

L’obtention du visa prend un peu de temps et se fait en 5 étapes :
1. prendre un numéro pour la file d’attente
2. remplir le document d’entrée dans le pays avec tous les détails habituels du passeport, raison(s) de la visite, résidence, etc.
3. à l’appel du numéro, donner le papier et son passeport à un premier guichet puis attendre que la personne vérifie toutes les informations
4. passer au guichet d’à côté pour payer le visa (en yuans uniquement, les dollars hongkongais ne sont pas acceptés)
5. attendre que notre numéro soit appelé à nouveau, par la personne qui colle les visas dans les passeports cette fois, pour récupérer le tout.

hong-kong-shenzhen-street-lightshong-kong-shenzhen-street-foodHeureusement, nous avions super M. avec nous, donc tout s’est bien passé et nous avons rapidement repris le cours de notre escapade en Chine frontalière, en commençant par une courte escale dans la ville de Shenzhen-même afin de trouver de quoi grignoter et voir un peu à quoi ressemble une ville chinoise.

L’ancien village des années 70 a laissé place à une ville de plus de 10 millions d’habitants, bénéficiant à la fois de la classification en « zone économique spéciale«  (ouverte aux capitaux étrangers, subventions à l’installation, etc.) et de sa position géographique particulière. Personnellement, tout m’a semblé gigantesque, assourdissant et hyperactif, des immeubles aux néons grésillants en passant par le flux des promeneurs, mais c’était mes premiers pas en Chine et je suis facilement impressionnable. Certains coins de Tôkyô m’avaient fait le même effet.

Il y a assez peu de sous-titrage pour non-sinophones, aussi la stratégie du « bah, y’aura bien un truc en anglais quelque part, au pire on va dans une chaîne internationale » peut-elle se révéler chronophage, voire infructueuse. Cependant, dans beaucoup de marchés couverts, les stands disposent de menus avec des images ou d’étals suffisamment explicites.

hong-kong-shenzhen-marketUne fois les gardiens du manger combattus, nous avons repris la route vers le village de Dafen, proche en métro mais tout de même bien plus tranquille pour les fragiles du palpitants tels que je.

hong-kong-shenzhen-mascotA savoir : les titres de transports dans le métro sont des jetons, et il faut passer des portiques de sécurité à chaque entrée dans une station. Les trajets coûtent autour de 2 à 4 yuans.

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Cork et ses murs colorés

quand Pine street débouche sur les quais

quand Pine street débouche sur les quais

Cork street art electricParce que si les bâtiments en eux-mêmes ne sont pas peints de façon satisfaisante, qu’à cela ne tienne : on peut les customiser !

Peu importe le quartier et son voisinage, centre-ville ou périphérie, on trouve des œuvres de plus ou moins grande envergure à littéralement tous les coins de rue. De temps en temps c’est une cabine téléphonique rouge sur laquelle quelqu’un aura jeté des pois blancs, parfois un panneau détourné, voire une référence à une saga vidéoludique connue, souvent un mur entier recouvert de couleurs.

Cork street art half moon

Cork street art Cork street art kyle street
sur Kyle street

sur Kyle street

Cork street art trees wool▲ Ici on se réapproprie collectivement un mur, avec de la peinture ardoise et des craies, en permettant aux passants de dire ce qu’ils veulent avoir accompli avant de mourir. Au choix : « courir un marathon » , « manger plus de super bouffe ! » , « finir mon doctorat » , « trouver Nemo » , « exister » , « percer à Hollywood » , « voyager avec toi » , etc.

Ça ne passe pas forcément que par le réenchantement mural d’ailleurs. Cette pratique ► du « yarn bombing » par exemple (ou tricot-graffiti, tricot urbain, voire tricotag en francophoneux d’après wikipédia) semble assez populaire dans les grandes villes irlandaises. De nombreux arbres sont ainsi ornés de motifs laineux chatoyants dont certains horticulteurs disent qu’ils peuvent à terme nuire à la croissance des concernés, ou attirer des populations d’insectes nuisibles. La décoration tissée sur d’autres supports (non-vivants) existe également, mais je n’en ai pas encore croisé sur l’île.

Parfois c’est même pas une question de couleurs ▼ Un dernier pour la route, sur Liberty street :
Cork street art tobin Cork street art liberty street

Cardiff ou Caerdydd en version originale

Cardiff street art castleCapitale du Pays de Galles depuis 1955, Cardiff en est également la ville la plus peuplée avec ses 346 mille et quelques habitants. Comme nombre de ses camarades de la région, elle a été fondée par les Romains puis investie par les Normands avant de surfer sur la révolution industrielle charbonneuse et métallique qui a agité tout le pays au XIXème siècle. Je détaillerai un peu cette histoire lors de la visite du château dans un prochain article, car le développement de cette région est étroitement lié aux décisions de la noblesse locale.

le château de Cardiff depuis le parc Bute

le château de Cardiff depuis le parc Bute

Cardiff galleryDe nos jours cependant, les docks qui ont jadis fait la richesse de la famille Bute et par ricochets de la ville elle-même servent davantage au tourisme qu’au commerce. En effet, pôle économique local et grande cité estudiantine, Cardiff accueille résidents de toujours comme visiteurs de passage et de tous horizons. Des cultures diverses s’y rencontrent et créent un mélange très rafraîchissant après plusieurs mois dans le blanc nord. La ville semble étrangement divisée en deux pôles distincts : son cœur grouillant à visiter à la fermeture sous peine de ne rien voir (et ça aurait tout de même été dommage de passer à côté de « Madame Fromage » ◄), où l’on zigzague d’allées couvertes appelées arcades en ruelles piétonnes depuis le château jusqu’à la gare, et son bord de mer marchand peuplé de restaurants et animé d’un centre culturel et sportif, d’autant plus vivant que l’heure avance et que la semaine arrive à son terme.

en orange sur la droite

en orange sur la droite

C’est lors d’une promenade sur ce dernier que, tentant d’immortaliser les jolis jeux de lumières que les néons projetaient sur les vagues en contrebas, je me suis à moitié fait agresser par une dame d’un âge honorable et dans un état d’ébriété certain. Elle m’a attrapée de dos par dessus mon sac, m’encerclant complètement de ses bras, et a tenté de me secouer en comptant moitié en anglais moitié en gallois. Étant donné nos formats respectifs, elle n’est pas arrivée à grand chose et à rapidement abandonné pour m’ordonner plutôt de la prendre en photo, prenant dans la foulée la pose en s’avachissant sur la rambarde. Face à mon refus poli, elle s’est fendu d’un très distingué « well fuck off then » (qui peut se traduire comme approchant le « ben va te faire foutre alors » ) et est repartie avec ses amies qui n’ont à aucun moment jugé bon d’intervenir. Néanmoins, comme je suis sympa, je l’ai quand même prise en photo ▲

et les reflets en question

et les reflets en question

revisitation du Voyage vers l'ouest

revisitation du Voyage vers l’ouest

(Évidemment, je ne partage pas cet épisode uniquement pour le plaisir de râler sur les habitudes socio-ethniques de l’autochtone. J’en profite simplement pour souligner que lors de ce week-end où le pouls de la ville battait au rythme du tournoi des six nations retransmis dans tous les bars, les hommes que j’ai vu pisser contre la vitrine des magasins à 20h, tout comme celles et ceux qui ne marchaient déjà plus debout à 18 ou vomissaient généreusement à droite à gauche, avaient depuis longtemps passé l’âge de la crise d’adolescence).

marché couvert de Cardiff, entre l'église de saint Jean-Baptiste et la place Victoria

marché couvert de Cardiff, entre l’église de saint Jean-Baptiste et la place Victoria

dragon du parc Bute

dragon du parc Bute

Globalement, la ville me semble plus proche de Londres que de Manchester par exemple. Certes, les briques rouge sont légion, mais les espaces verts également.

Pour ce qui est de l’aspect « pratique » : le trop grand centre commercial saint David (dans lequel je me suis peut-être momentanément perdue, nous ne le saurons jamais) est ouvert jusqu’au soir, ce qui permet d’avoir accès à des toilettes gratuites et relativement propres. Attention cependant, l’eau des lavabos est brûlante – ainsi que nous en informent les encarts explicatifs à côté des robinets – et empêche donc à la fois de se laver longuement les mains et de se ravitailler en eau potable. Pour ce faire, il faut donc visiter l’atelier réfection de bébés à l’entrée des toilettes pour femmes, où la température du robinet est réglable (moyennant le regard accusateur des grands-mères de passage). Il y a deux boutiques de la chaîne Prêt à Manger : une dans ce même centre commercial ainsi qu’une sur Queen street, qui permettent de récupérer un sandwich à 2£ et un brownie à 1.50 par exemple. Les cafés ferment entre 17h et 17h30, ce pays est désespérant.

heureusement c'est le printemps et y'a plein de fleurs poilues pour nous remonter le moral !

heureusement c’est le printemps et y’a plein de fleurs poilues pour nous remonter le moral !

La ville abrite également l’assemblée nationale du Pays de Galles au milieu des restaurants de sa baie ainsi que moult productions artistiques ouvertes à l’interprétation. J’ai par exemple personnellement décidé que ceci était une fibule pour cape de géant :

Cardiff modern street art

La Wallace collection à Londres : cabinet des trésors d’Ali-Baba

la première salle sur la droite en entrant

la première salle sur la droite en entrant

Ouverte au public en 1900, cette collection regroupe les œuvres acquises par les ascendants de Richard Wallace ainsi que ses propres emplettes. Descendant des Seymour-Conway (donc des gens plutôt pas trop pauvres, ça va), le monsieur a préféré prendre le nom de sa mère suite à diverses mésententes familiales. Sa veuve donnera maison et collection à l’Angleterre une fois Richard au Père-Lachaise (division 28 pour les curieux). L’accès y est gratuit.

C’est mon musée préféré parce qu’on y trouve tout un tas de trucs différents et que le beau s’y dispute au bizarre. Par exemple, en deux salles, entre la corne de saint Hubert :

relique qui aurait appartenu à saint Hubert de Liège (656-727), remise à Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, en 1468

relique qui aurait appartenu à saint Hubert de Liège (656-727), remise à Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, en 1468

et un couple de clefs françaises assez classieuses datant du début du XVIIème siècle :

London Wallace collections keysil y a des enluminures joyeuses :

lettre "i" avec deux saints martyrs, Pise, début XIVème siècle

lettre « i » avec deux saints martyrs, Pise, début XIVème siècle

et saint Pierre consterné par les dreadlocks de saint Jean-Baptiste :

détail de : Francesco di Vannuccio, The Virgin and child with saints Peter and John the Baptist, deuxième moitié du XIVème siècle

détail de : Francesco di Vannuccio, The Virgin and child with saints Peter and John the Baptist, deuxième moitié du XIVème siècle

Mais aussi ce type à poil qui fait l’andouille :

Barthélemy Prieur (1536-1611), Acrobate, inspiré d'une peinture de Primaticcio

Barthélemy Prieur (1536-1611), Acrobate, inspiré d’une peinture de Primaticcio

une autruche en argent de la taille de mon avant-bras qui mange un fer à cheval :

sur une œuvre d'Elias Zorer (1586-1625) modifiée au XIXème siècle ; l'autruche avec un fer dans le bec est un symbole figurant sur le blason de Richard Wallace

sur une œuvre d’Elias Zorer (1586-1625) modifiée au XIXème siècle ; l’autruche avec un fer dans le bec est un symbole figurant sur le blason de Richard Wallace

et saint Roch qui se met à l’aise :

Carlo Crivelli (1435-1495), Saint Roch

Carlo Crivelli (1435-1495), Saint Roch

Un peu plus loin on peut visiter une véritable armurerie gardée par deux chevaliers montés :

London Wallace collection mounted knightsLa moitié du rez-de chaussée est ainsi occupée par des épées :

London Wallace collection swordcasques :

London Wallace collection helmetarmes à feu diverses :

London Wallace collection firearmsLondon Wallace collection halberd slipet autres hallebardes avec des types en slip ► de style européen ou oriental. Ainsi que du rococo à foison mais ça m’amuse moins donc je n’en ai pas pris en photo. A l’étage il y a majoritairement des peintures, dont les célèbres Hasards heureux de l’escarpolette (1767) de Fragonard. Parmi les tableaux exposés dans la grande galerie, voulue comme le flamboyant final de la visite par feu le maître de maison, quelques Rembrandt et Velázquez au milieu desquels il est précisé que Richard Wallace aimait à se détendre en fin de journée, parce qu’après tout pourquoi se priver ?

Évidemment, tout ça n’est qu’un échantillon, et toute la collection vaut le détour. J’aimerais présenter davantage d’œuvres mais ça n’est pas le meilleur support possible, aussi sachez que le catalogue est disponible en ligne à partir du site internet du musée (lien plus bas si le cœur vous en dit).

Pour le principe, une corne à boire :

Islande, 1650 avec additions courant XIXème siècle

Islande, 1650 avec additions courant XIXème siècle

un tabernacle miniature :

Flandre, début du XVIème siècle

Flandre, début du XVIème siècle

et un lion ailé qui tire la langue :

Allemagne, XVème siècle

Allemagne, XVème siècle

Bonus : les petits mots polis déposés sur diverses pièces du mobilier invitant les visiteurs à ne pas s’asseoir dessus.

London Wallace collection polite messageInfos pratiques :

Horaires : 10h-17h tous les jours
Station : Bond street, sur les lignes Central et Jubilee, zone 1
Adresse : Hertford House, Manchester Square
Site internet en anglais.