La pointe de Katiki et son phare : repère des phoques et des pingouins

Profitant d’un après-midi ensoleillé, nous sommes partis explorer les environs d’Oamaru dans l’espoir de voir quelques pingouins (à yeux jaunes cette fois, dits aussi « hoiho » , les petits bleus étant en ville) et phoques. Nous avons tenté notre chance à la pointe de Katiki, vantée dans les guides pour de bonnes raisons.

Certains endroits sont grillagés afin que les bestioles puissent s’y reposer sans avoir à subir la compagnie des touristes, mais les plages orangées et rocailleuses à l’extrémité de la pointe sont plus ouvertes – il faut donc savoir se montrer raisonnable dans sa volonté de communier avec mère nature, la moindre des politesses étant de veiller à ne pas importuner les résidents.

On peut donc effectivement voir des pingouins se dorer la pilule à Katiki, tournant sur eux-mêmes pour suivre le soleil, tranquillement, au fur et à mesure des heures qui s’écoulent, mais aussi des pingouins-vampires qui doivent passer la journée dissimulés sous les buissons à flan de falaise pour ne pas être réduits en cendres.

La plupart des phoques à fourrure (dits « kekeno » ) adultes que nous avons vus n’étaient pas vraiment dans une phase d’activité intense (plutôt en cours de photosynthèse à vrai dire), mais les jeunes avaient l’air de bien rigoler à se nager après dans l’eau :

Informations pratiques :

Horaires : de 7h30 à 19h30, pour préserver la tranquillité des habitants à poils et plumes
Accès : Katiki Point Lighthouse, Lighthouse Road, Moeraki 9482
Il y a un petit parking au pied du phare (pas de transports en commun)

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Deuxième helpx : Oamaru, capitale locale du steam punk et des pingouins

Quoiqu’un peu refroidis par notre première expérience, nous avons retenté notre chance sur la plateforme HelpX et bien nous en a pris ! Cette fois, nous avons eu davantage de temps à notre disposition pour visiter les environs et Oamaru nous a beaucoup plu.

Fière de son héritage victorien, la ville est présentée comme la capitale du steam punk et des festivals aux couleurs de ces deux univers parents s’y tiennent tous les ans. Le terme « steam punk » (ou « punk à vapeur ») désigne en gros le mouvement adepte d’une ligne temporelle alternative, où le charbon serait resté le maître fournisseur de l’énergie de l’humanité, laquelle serait esthétiquement toujours branchée sur les environs de l’ère victorienne. Cet aspect uchronique est bien illustré par le musée « QG Steampunk » (Steampunk HQ museum) d’Oamaru, plus punk et industriel que vapeur. Il aura son article dédié sous peu.

depuis le monument érigé pour Thomas Brydone, vers le sud

au pied du monument érigé pour Thomas Brydone

Cette mise en valeur des bâtiments historiques de la ville à travers une mode contemporaine a permis de donner un second souffle à Oamaru, dont les exportations de lait et la carrière désormais désaffectée n’assuraient plus le rayonnement depuis quelques temps déjà. Oamaru a en effet connu une longue période faste lorsque l’Écossais Thomas Brydone, établi juste au sud de la ville, sur la propriété de Totara, a développé le premier procédé permettant de congeler la viande afin de la transporter sur de longues distances. La ferme en question est désormais la propriété du gouvernement, qui l’a transformée en musée, et un monument a été érigé en l’honneur de l’inventeur sur une des collines qui dominent la ville. Si l’idée d’un monument de 10 mètres de haut à la gloire de ce type de personnage peut faire sourire, il ne faut pas oublier que c’est grâce à lui que la Nouvelle-Zélande a pu se désenclaver ainsi surtout que s’enrichir, à la fin du XIXème siècle, en se mettant à exporter des biens plus chers que de la laine.

Cependant, les célébrités du coin sont bien sûr les pingouins bleus qui nichent sur place, véritable attraction pour touristes et donc manne financière pour les locaux. Pour se faire une idée tant de leur intégration urbaine que de leur grâce indéniable, la vidéo sous ce lien les montre à la tombée de la nuit en train de traverser une route (donc oui, les représentations figurant sur les panneaux de signalisation sont presque à l’échelle, à quelques centimètres près de trop). Je n’ai malheureusement pas de photo de leurs multiples exploits car l’absence de lumière n’ayant pas été du goût de mon appareil lors de notre premier essai, j’ai effectué quelques réglages en vue d’une seconde tentative lors de laquelle j’ai très intelligemment oublié la carte mémoire de mon appareil dans mon ordinateur. Nous nous sommes donc contentés d’en profiter oculairement à défaut de pouvoir immortaliser le spectacle.

En plus bruyant et salissant la ville dispose également d’une colonie – de taille tout à fait considérable – de cormorans (shags, de leur poétique nom pour amateurs de feuilles d’arbre bouillies). Le problème étant qu’ils ont choisi de s’établir sur un ponton historique en bois, qu’ils ruinent littéralement de cacas et que la ville ne peut restaurer car ils nichent dessus. Cette dernière, souhaitant rétablir l’accès piéton à cette partie du port (ainsi que probablement se débarrasser d’un certain fumet persistant), finira peut-être par les chasser de là. En attendant, ils posent, à quelques pas de la plage où débarquent les pingouins de poche tous les soirs.

Le pic Victoria, le parc et le paresseux

hong-kong-victoria-peak-viewLa veille de notre départ, et malgré la pollution qui n’en finissait plus de faire semblant de se lever, nous avons voulu tenter d’aller admirer la vue de la ville depuis le pic Victoria. Heureusement nous avons aussi pu nous balader dans le parc ainsi que les jardins botanique et zoologique en contrebas, suite à une aussi légère que momentanée perte d’orientation, car la ville n’a eu que faire de nos efforts et est restée drapée dans son nuage.

pour accéder au tram, il faut traverser le parc

pour accéder au tram, il faut traverser le parc

ça grimpe un peu

ça grimpe un peu

hong-kong-victoria-peak-view-accessAttention, au guichet de la station de tram pour monter jusqu’au sommet du pic, les affiches mises en avant ne parlent que de la formule combinant le tramway et l’accès à la terrasse panoramique « Sky Terrace 148 » (soit 75$ hongkongais l’aller et 88$ pour un aller-retour), mais il est tout à fait possible de n’acheter qu’un ticket de tram à 32$ l’aller (45$ l’aller-retour). La tour qui abrite la terrasse est une sorte d’entassement très dense de boutiques et restaurants, donc plutôt dispensable.

hong-kong-victoria-peak-steep-viewPour admirer la vue, les jours où la météo le veut bien, il est possible d’emprunter un chemin adjacent à la tour : « Lugard road » (盧吉道). Déjà parce que la petite marche est sympa, au frais, sans autre touriste, et aussi parce que c’est gratuit, ce qui ne gâche rien, tout en étant accessible aux fauteuils roulants.

Une fois constaté que nous ne voyions pas grand chose malgré notre altitude et le Bob enroulé dans mon écharpe pour cause de vent frisquet, nous avons pris un bus d’assaut pour redescendre tranquillement (et pour moins cher qu’avec le tram ou en taxi).

De retour vers Central, nous nous sommes lancés dans une chasse au restaurant entre un troupeau de gratte-ciels et une assistance par google maps pas très pointue.

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Comme les nuages avaient l’air de vaguement se remuer vers le large, nous avons décidé de continuer notre exploration hasardeuse et avons fini par entrer dans les jardins botanique et zoologique où, soudain :

un paresseux à deux doigts apparaît

un paresseux à deux doigts apparaît

hong-kong-botanical-garden-exitIl a escaladé tranquillement la cage sous les hurlements indignés de ses jean-foutres simiesques de colocataires, probablement modérément ravis de devoir partager leur logement. Une des meilleures surprises de notre voyage, assurément (le Bob l’a filmé, la vidéo fera peut-être surface un jour prochain). Le jardin zoologique – surtout pourvu en marsupiaux, tortues et chiens de prairie – reste tout de même assez glauque à visiter, étant donné les animaux enfermés ; aussi avons-nous rapidement embrayé vers le jardin botanique, dont les occupants semblent moins privés de liberté.

L’endroit est plus visité, peut-être car plus plat et mieux pourvu en bancs, mais assez calme, surtout si l’on prend en considération le fait qu’il sert d’aire de jeu à tous les mini-bipèdes du coin et est littéralement ceint de voies rapides.

Informations :

Accès à la station de départ du tram par le métro, station Admiralty (lignes bleue « Island line » , rouge « Tsuen wan » et verte « South island » ) suivi d’une traversée du parc
La gare de tram se situe entre le parc de Hong Kong et l’accès aux jardins zoologique et botanique

La cathédrale Christ Church à Dublin

je ne sais pas si on a le droit de s'asseoir sur le banc ou si c'est juste pour l'art

je ne sais pas si on a le droit de s’asseoir sur le banc ou si c’est juste pour l’art

L’imposant bâtiment garde l’une des entrées du très touristique quartier de Temple Bar, au cœur de Dublin. Bâti durant la première partie du XIème siècle, il a vu passer une quantité considérable de nobliaux (dont les sanglants Henvi VIII et Mary I d’Angleterre) et son statut de cathédrale est aujourd’hui à moitié menacé.

vue du transept vers l'entrée

vue du transept vers l’entrée

que faites-vous monsieur ?

que faites-vous monsieur ?

A moitié seulement car s’il est officiellement le siège des archevêques de Dublin, le protestant comme le catholique, ce dernier officie en réalité à Sainte Marie (transformée donc en pro-cathédrale). Si les catholiques romains décidaient de s’y établir pour de bon, Christ Church perdrait alors la moitié de sa cathédralitude. Laquelle qualité était auparavant partagée avec sa consœur et rivale l’actuelle église Saint Patrick.

De 1300 à 1870 (avec interruptions au XVIème siècle pour cause de réforme protestante) le diocèse catholique de Dublin avait en effet une double cathédrale dont la collaboration avait été réglementée par un accord stipulant notamment la préséance de Christ Church – étant donnée son ancienneté – et les enterrements alternatifs des évêques successifs.

Avec l’inévitable urbanisation de la capitale, les constructions résidentielles voisines ont fini par disparaître pour laisser place à des routes, isolant Christ Church sur un îlot, relié au musée Dublinia par une galerie de pierre suspendue enjambant Winetavern Street.

l'entrée du chœur vers l'autel

l’entrée du chœur vers l’autel

Les derniers gros travaux de la fin du XIXème ont entre autres recyclé les pierres de l’église Saint Michel toute proche et permis un agrandissement considérable du lieu ; ils auront coûté l’équivalent de quelques 26 millions d’euros à un très généreux bienfaiteur, car depuis 1871, suite au vote du parlement britannique, le protestantisme n’est plus la religion d’État en Irlande et n’est donc plus financé par le contribuable.

L’architecture comme l’ornementation ne sont pas franchement déjantées, ce qui semble somme toute logique quand on considère que la cathédrale a fait ses premiers pas en tant que prieuré bénédictin avant d’être envahie de Normands. Certes, les souverains successifs n’ont pas hésité à arroser copieusement le lieu saint de richesses, dont certaines sont visibles dans la crypte, mais l’ossature de départ reste relativement sobre pour une construction de cette ampleur ; les rénovations entreprises pendant l’époque victorienne rendent malheureusement difficile la délimitation historique des ajouts. A cette époque, alors qu’il était encore appelé « prieuré de la sainte trinité », sa richesse venait essentiellement de ses possessions foncières (sur lesquelles l’État a largement mis le grappin par la suite).

les vitraux du baptistère représentent des saints locaux : ici Grognon et Force Rose

les vitraux du baptistère représentent des saints locaux : ici Grognon et Force Rose

Dublin christ church crypt treasureSous les dalles : la réserve mondiale de cruches et de calices en or comme en argent. Plus affriolant : on y trouve aussi une copie datant de la fin XIIIème début XIVème de la Grande Charte – ou Magna Carta, texte entravant pour la première fois les pouvoirs de l’exécutif (c’est à dire ceux des souverains anglais en l’occurrence) et les soumettant désormais à un contrôle extérieur. Attention toutefois car cette partie, souterraine, n’est accessible que par un escalier.

En plus des divers trésors de la cathédrale, la crypte héberge un chat et un rat s’étant aventuré dans l’orgue dans les années 1860 et ayant été lyophilisés par ses soins :

Dublin christ church cat rat organ pipes are cruelLe ticket basique de 6€ permet d’accéder à la crypte, avec une réduction d’1,50 euro pour les détenteurs d’une carte étudiante internationale et/ou de plus de 65 années. Ceux qui veulent grimper jusqu’au beffroi – uniquement accessible avec la formule visite guidée – devront s’acquitter de 10€ (8.50 en tarif réduit) et 86 marches.

Informations pratiques :

sur Christchurch Place, dans Dublin 8
ouverte du lundi au samedi, de 9h à 17h (18h en mars et octobre, 19h d’avril à septembre) et le dimanche, de 12h30 à 14h30 (bonus de 16h 18 ou 19h entre mars et octobre)
site web en anglais, français, allemand, etc.

Quota poulet d’ornement :

Dublin christ church treasure chicken

Du bon goût irlandais 1/2 et des chatons sur les fesses

c'est très distingué

c’est très distingué

kitten bathroom tissue pq chatonsL. et je sommes à peine arrivées que les vacances de la Toussaint commencent déjà. Pas encore de routine établie, bien sûr, mais déjà quelques perturbantes découvertes comme l’existence du « garlic paté » en barquette, de sous-vêtements souvenirs dont la subtilité frôle l’insoutenable ▲, la dénomination locale du papier toilette : bathroom tissue (mouchoir de salle de bain ? L. et moi avons perdu un temps considérable dans les rayons de plusieurs magasins à chercher l’objet sous son habituelle et transparente appellation de toilet paper) ainsi donc que l’association de cet indispensable outil du quotidien avec des chatons.

Je ne sais pas s’ils essaient vraiment d’évoquer chez le consommateur l’impression de s’essuyer le postérieur sur le doux pelage de félins en bas âge (kitten soft) ou si quelque chose m’échappe.

avouez que ça manque à notre paysage gustatif national

avouez que ça manque à notre paysage gustatif national

premier feu de la saisonLa météo reste clémente quoique modérément chaleureuse, aussi avons nous allumé notre premier feu de cheminée en début de semaine – cela dit comme beaucoup de maisonnées ont fumé avant nous l’honneur est sauf, ouf. Pour l’instant, comme nous n’avons pas encore pu piquer le bois inutilisé par l’école, on triche avec des bûchettes et/ou des allume-feux sur lesquels, une fois les flammes bien parties, on place des briquettes de tourbe achetées à la supérette locale (et qu’un des caissiers à bien voulu nous livrer en voiture parce que la route n’est pas bien longue mais peut se montrer pénible avec un âne mort sous chaque bras).

Nous avons passé quelques soirées – dont un passage au cinéma d’un village voisin qui accessoirement ne vend que du popcorn SALÉ – avec M., jeune fille au pair allemande employée dans une maison voisine, et devrions rencontrer deux à trois autres filles au pair après les vacances. Une telle densité est assez étrange dans un si petit village perdu, mais pourquoi pas.

Enfin, la grève de la poste est finie et c’est tant mieux car leurs messages n’étaient pas très clairs :

ireland an post strikeA venir : publicités des ténèbres sur les glandes mammaires (à la télé avec une clinique de chirurgie esthétique et à la radio avec une campagne de sensibilisation sur l’allaitement).