Les blocs caillouteux et rondouillards de Moeraki

À quelques minutes de la pointe de Katiki, sur le chemin du retour à Oamaru, nous avons fait halte sur la très jolie plage de Moeraki où de drôles de formations rocheuses attirent le chaland. Personnellement je vois bien que ce sont des œufs de dragons, voire le bout d’orteils de géants pour certains, mais je comprends qu’il ne faille pas trop l’ébruiter.

Soit-disant que ces formations sphériques seraient dues à l’érosion sur 4 millions d’années de précipitations de calcite dans de l’argilite il y a plus ou moins 13 à 65 millions d’années. Moi je maintiens ma version.

Informations pratiques :

Accès : Moeraki Boulders Public Parking, Moeraki Boulders Road, Hampden 9482
Il y a un petit parking au bout du chemin puis un accès aménagé à la plage

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La pointe de Katiki et son phare : repère des phoques et des pingouins

Profitant d’un après-midi ensoleillé, nous sommes partis explorer les environs d’Oamaru dans l’espoir de voir quelques pingouins (à yeux jaunes cette fois, dits aussi « hoiho » , les petits bleus étant en ville) et phoques. Nous avons tenté notre chance à la pointe de Katiki, vantée dans les guides pour de bonnes raisons.

Certains endroits sont grillagés afin que les bestioles puissent s’y reposer sans avoir à subir la compagnie des touristes, mais les plages orangées et rocailleuses à l’extrémité de la pointe sont plus ouvertes – il faut donc savoir se montrer raisonnable dans sa volonté de communier avec mère nature, la moindre des politesses étant de veiller à ne pas importuner les résidents.

On peut donc effectivement voir des pingouins se dorer la pilule à Katiki, tournant sur eux-mêmes pour suivre le soleil, tranquillement, au fur et à mesure des heures qui s’écoulent, mais aussi des pingouins-vampires qui doivent passer la journée dissimulés sous les buissons à flan de falaise pour ne pas être réduits en cendres.

La plupart des phoques à fourrure (dits « kekeno » ) adultes que nous avons vus n’étaient pas vraiment dans une phase d’activité intense (plutôt en cours de photosynthèse à vrai dire), mais les jeunes avaient l’air de bien rigoler à se nager après dans l’eau :

Informations pratiques :

Horaires : de 7h30 à 19h30, pour préserver la tranquillité des habitants à poils et plumes
Accès : Katiki Point Lighthouse, Lighthouse Road, Moeraki 9482
Il y a un petit parking au pied du phare (pas de transports en commun)

Deuxième helpx : retour sur notre expérience

illustration d’une des passions du Bob : le boop

Ayant entendu parler des palmipèdes locaux, nous voulions rester quelques jours à Oamaru afin d’augmenter nos chances d’en apercevoir. L’hébergement en Nouvelle-Zélande étant financièrement drôlatique, nous avons cherché des hôtes disponibles sur la plateforme helpx, en espérant qu’ils soient plus sympas que nos précédents. Notre premier critère de sélection étant la présence de vaches poilues (dites « Highland » ), nous avons eu le plaisir d’être approuvés par T. et D. qui tiennent une petite entreprise d’horticulture peuplée de bestioles (des poules en pantalons patte d’eph, des bébés poules, des vaches à frange notamment).

Nous travaillions environ 4 heures par jour, avec la possibilité de faire plus d’heures pour se libérer une journée entière. Nos tâches étaient assez semblables à celles dont nous nous acquittions chez nos hôtes de Timaru, mais dans un environnement de travail aux antipodes !

Nos hôtes ne nous pressaient pas du tout, nous demandaient même ce qu’on se sentait de faire ce jour là, voire nous accompagnaient. Du coup, nous avions plus l’impression de travailler avec eux que pour eux, ce qui a grandement changé notre impression globale de ce séjour. Bonus : on nous demandait souvent ce qu’on voulait manger et s’il valait mieux acheter telle ou telle chose pour les repas. Ces derniers étaient copieux et pris collectivement le soir, souvent séparément le midi, T. et D. ayant chacun un emploi.

En résumé, sur une dizaine de jours : collectage de pommes et tomates (en février ça a un petit côté décadent), nettoyage intégral de la cuisine et ménage régulier, désherbage du jardin ainsi que des alentours des serres (en remplissant une voiturette électrique qui nous permettait de jeter de gros tas d’un coup), étiquetage des bébés plantes à expédier, réorganisation des serres et des espaces d’entreposage, nettoyage de l’extérieur de la maison, etc. On a même eu l’occasion de tester l’appareil à crêpes le plus étrange qu’il m’ait été donné de voir : il s’agit d’une sorte de masse électrique ronde dont on plonge une face dans la pâte, puis on attend que cette dernière cuise avant de la décoller comme on peut (nous lui avons rapidement préféré une poêle, même profonde).

Le tout, sous l’œil critique de Bob le chat : inspecteur des travaux finis.

T. et D. se sont montrés très accueillants et curieux de notre parcours (ils ont voulu savoir, via le système de vue des rues que propose Google, où nous avions habité et voyagé) comme de notre culture (la nourriture, les industries, l’éducation, les informations, …), d’autant que nous sommes arrivés alors qu’un autre helpeur français – E. – les aidait déjà avec leurs vieilles voitures ; mais héberger 3 mange-grenouilles ne les dérangeait pas, tant que nous parlions anglais quand ils étaient à portée d’oreille. Le premier soir, D. et E. nous ont emmenés dans une des voitures de poche à l’assaut du monument en l’honneur de Thomas Brydone, qui surplombe leur maison, puis à la chasse aux pingouins !

photo du Bob

Une bien meilleure expérience que notre premier essai donc, et qui nous a conforté dans notre volonté d’utiliser ce système pour voyager quelques mois.

Le musée steam punk d’Oamaru

presque l’endroit le plus ordonné de l’île sud

Plus industriel que charbonneux à mes yeux de non-initiée, de nombreuses œuvres sont réalisées par des néozélandais, sinon directement par des habitants d’Oamaru, à partir de recyclage et d’imagination animalière comme mécanique. Certaines œuvres frôlent le glauque et ne sont peut-être pas à mettre devant tous les yeux, bien que la plupart restent tout à fait amusantes, absurdes voire magiques sans heurter la sensibilité de qui que ce soit.

Comme l’expérience proposée par l’œuvre « Portail » par exemple , qui repose sur un jeu de miroirs et de lumières suspendues dont les changements de couleur accompagnent la musique, créant ainsi une sensation de flottement dans l’infini alors qu’on est tout de même enfermé dans un placard. Évidemment, ça rappelle assez furieusement les « Gleaming lights of the souls » de Yayoi Kusama, dont ce lien montre un échantillon.

La cour propose deux véhicules couverts quadriplaces à pédales empruntables gratuitement pour échauffer ses mollets sur le gravier et faire le tour du propriétaire. Dans la mesure où la ferraille reste le matériau dominant, moult pièces sont plus ou moins rouillées et nécessitent donc un poil de prudence dans l’approche. Néanmoins, elles sont toutes grimpables, ce qui change agréablement des musées plus traditionnels axés contemplation méditative.

Globalement,  c’est une rigolote façon d’utiliser un après-midi gris voire pluvieux à bon escient ! En plus, on repart avec plein de superpositions étranges en tête.

Avant d’acheter les tickets, il peut être intéressant de jeter un œil aux offres en cours sur le site de Bookme (en anglais), où en ce qui nous concerne nous avons payé moitié prix.

Informations :

ouvert tous les jours de 10 à 17h
10NZ$ l’entrée par personne, 20NZ$ par famille
site internet (en anglais)

Premier helpx : retour sur notre expérience

Face à notre incapacité à obtenir un hébergement en helpx dans une grande ville, nous avons orienté nos recherches vers les plus petites villes du sud, la direction générale que nous souhaitions prendre. Croisant une annonce qui parlait de vaches poilues, notre espèce préférée, ainsi que d’une vue « à couper le souffle » ▼ sur les montagnes et la mer près de Timaru, nous avons donc envoyé un message à la famille concernée, laquelle à rapidement accepté, à notre plus grande joie.

La famille en question était composée de la mère, du père et de deux garçons : un en maternelle et le second en fin de primaire. Comme ils recevaient leur parentèle à notre arrivée, nous avons installé nos pénates dans la chambre dédiée aux visiteurs helpx : la pièce de jeux des enfants ►

Nous pensions au départ travailler environ quatre heures par jour et avoir nos après-midis de libres, le fonctionnement le plus courant dans le système helpx. Malheureusement, nos hôtes n’étaient pas du genre à compter les heures et nous finissions avec six à huit heures de travail dans les pattes. Forcément, comme tout ferme à 17h au plus tard, il est difficile de visiter quoi que ce soit dans ces conditions. Quand j’ai évoqué avec une subtilité modérée le fait que nous souhaitions nous rendre à Edoras et qu’il nous faudrait une journée, nos hôtes ont souligné que c’était loin et qu’on ne pourrait du coup sûrement pas y aller vu qu’on travaillait. Nous avons donc insisté un certain temps peu et négocié une journée de libre, reportant le travail sur d’autres jours. Évidemment, cette manœuvre n’était intéressante que pour nous, étant donné qu’on bossait déjà toute la journée et ne pouvions donc pas reporter grand chose.

Concernant le gros du travail demandé : le Bob devait déraciner une demi-douzaine palmiers chez le voisin pour les planter à l’entrée de la propriété de nos hôtes, soit creuser, porter des charges lourdes et autres joyeusetés, quand moi je me trouvais cantonnée au débarrassage des repas, jetage des ordures, nettoyage de la maison, étendage du linge ainsi qu’à la cuisine de temps en temps. À cela s’ajoutaient diverses choses pour nous deux comme nourrir les poules, peindre, emballer, charger et décharger leurs produits, cueillir leurs prunes en plein été et plein soleil, etc.

un bout de notre récolte

Nous avons vite compris que, sans visiteurs en helpx, la maisonnée ne pouvait fonctionner. En effet, les parents étaient « entrepreneurs » , s’étaient fait construire par d’autres helpx un hangar où ils entreposaient leurs produits (commandés en Chine pour beaucoup) et passait leur temps à s’occuper de leur boutique en ville ainsi que des divers supports (blocs de bois importés de Chine en masse, peints en noir et sur lesquels ils collent des feuilles imprimées et découpées chez eux) à citations voulues comme inspirantes ou humoristiques qu’ils vendaient à d’autres commerçants. C’est bien sûr tout à fait compréhensible, mais témoigne d’un problème structurel quelque part. Pour preuve, quand j’ai annoncé à la mère que nous allions partir, elle est allée voir son compagnon dans leur bureau et lui a demandé (en chuchotant car j’étais de l’autre côté du mur) de trouver rapidement d’autres personnes via le site helpx. Les visiteurs helpx c’est comme les stagiaires : si vous en avez un besoin urgent, c’est que vous devez embaucher. Dans le cas de nos hôtes il n’en était pas question car ils avaient déjà eu des employés avant, pour les aider avec leur entreprise, mais que comme ces derniers avaient une opinion sur la gestion de la-dite entreprise et que c’était apparemment inacceptable, ils ont tous été virés.

« les hommes viennent de Mars, les femmes de Visa » , un exemple des produits qu’ils produisent et commercialisent dans leur propre boutique de Timaru

Notre dernier soir, avant de partir voir des amis à eux (après nous avoir proposé de regarder un film, que nous ayons accepté et sans nous prévenir de leur changement de plan), ils nous ont demandé de nous occuper de la vaisselle du soir. Grande classe, quand même, sachant que nous avions bossé du matin 8h jusqu’à avant de dîner.

une partie de la vaisselle de notre dernier soir

après passage du petit dernier

Bonus 1 : le dernier de la portée était roi en la demeure, laissant n’importe quoi n’importe où (y compris ses vêtements et affaires d’école), parce que dire « non » aux enfants les brime et, surtout, que j’étais là pour ranger et nettoyer. La mère a même reconnu que son engeance était sale, quand – alors que je passais la serpillère – elle m’a dit de faire les toilettes en dernier car les garçons urinaient partout. C’est quand même dommage qu’il n’existe aucun moyen de leur enseigner à être moins répugnants, voire à assumer leurs saletés et nettoyer après eux.

Bonus 2 : lorsque le Bob est allé aider à décharger les produits pour leur boutique en ville, le père est allé acheter une boisson à sa femme, à leur vendeuse ainsi qu’à lui-même, sans rien proposer au Bob.

Bonus ultime : la mère nous a avoué être contente que nous soyons « normaux », car quand elle reçoit des personnes qu’elle soupçonne d’être homosexuelles, elle fait alors dormir son fils – qui dort normalement au rez-de-chaussée – en haut (l’autre dort déjà à l’étage, en face de la chambre des parents) car elle trouve ça trop risqué. Nous lui avons annoncé notre départ le jour même.

Bilan : Non.