Le gallois, ou Cymraeg en version originale 1/?

Alors déjà le gallois, pourquoi ?

why WelshC’est la langue celtique la plus parlée dans le monde aujourd’hui, avec plus de 720 000 locuteurs, notamment au Pays de Galles, bien sûr, et en… Argentine… aussi… ? Et nombre de ces locuteurs sont de surcroît monolingues : un des apprenants de notre cours pour adultes partage par exemple son bureau avec 9 collègues gallophones dont 2 ne parlent pas anglais et ont besoin d’avoir un dictionnaire sous les yeux pour échanger avec lui. Ces deux camarades à la pratique et secourable présence ne sont pas tant proches de la fossilisation qu’issus d’écoles strictement galloises, courantes ici, où tout l’enseignement se fait dans cette langue. Quelques uns de mes élèves en viennent également et ont des familles galloises, ce qui rend leur apprentissage d’autant plus compliqué (parce que quand on a déjà du mal à se dépatouiller dans une langue qu’on ne parle qu’à l’école on a vraiment pas envie de se faire enquiquiner par des conjugaisons aléatoires et des lettres muettes – le français, cette langue merveilleuse).

à Llandudno

à Llandudno

Plutôt gutturale, sans être pour autant inaccessible aux francophones, la langue galloise présente cependant quelques particularités phonétiques sympa qui raviront tous les cercles de l’enfer. Par exemple les lettres « ll » ([ɬ]) et « rh » ([]) , qui pour n’importe quel être humain sont en réalité des combinaisons de deux lettres mais passons, sont des alvéolaires sourdes : la première est fricative et la seconde roulée ce qui en fait des abominations à articuler. C’est comme essayer de produire, respectivement, un « l » expiré et un « r » roulé ET expiré. Paix et amour sur les postillons du monde.

Il y a aussi le problème des voyelles, qui consiste essentiellement dans le fait qu’elles n’existent pas et en conséquence duquel on se retrouve à devoir prononcer des « drws » (le verbe pousser) et autres « gwr » (mari, qui a en plus la particularité d’arborer un accent circonflexe sur son « w » , chose que je ne peux commettre avec mon clavier dans la mesure où je ne l’ai pas importé directement d’une usine satanique, mais qui indique donc que le « w » est long, bien sûr).

Entre autres détails à l’implacable logique : si on ne met qu’un seul « f » il faut lire « v » , et quand on est vraiment sûr et certain de vouloir un son « f » il faut en mettre deux : « ff » , ou un « ph » parce que ça se lit pareil. Aussi, la combinaison « si », déjà connue des gaélophones, qui se lit comme notre « ch » ([ʃ]). Parce que leur « ch » donne ce raclement de gorge germanique significatif des fricatives vélaires sourdes ([x]). Dans la même veine : « ae » si lit -en général car dans saesneg on entend plutôt un « eï » – comme notre « aï » , ce qui fait que le nom de la langue ( « cymraeg » donc pour les deux du fond qui suivent pas) se lit plutôt « keumlaïg » car leur « r » est évidemment roulé sinon c’est trop simple.

Pause ici et reprise dans un prochain article avec le « y » démoniaque et quelques salutations pour frimer en société.

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