Premier helpx : retour sur notre expérience

Face à notre incapacité à obtenir un hébergement en helpx dans une grande ville, nous avons orienté nos recherches vers les plus petites villes du sud, la direction générale que nous souhaitions prendre. Croisant une annonce qui parlait de vaches poilues, notre espèce préférée, ainsi que d’une vue « à couper le souffle » ▼ sur les montagnes et la mer près de Timaru, nous avons donc envoyé un message à la famille concernée, laquelle à rapidement accepté, à notre plus grande joie.

La famille en question était composée de la mère, du père et de deux garçons : un en maternelle et le second en fin de primaire. Comme ils recevaient leur parentèle à notre arrivée, nous avons installé nos pénates dans la chambre dédiée aux visiteurs helpx : la pièce de jeux des enfants ►

Nous pensions au départ travailler environ quatre heures par jour et avoir nos après-midis de libres, le fonctionnement le plus courant dans le système helpx. Malheureusement, nos hôtes n’étaient pas du genre à compter les heures et nous finissions avec six à huit heures de travail dans les pattes. Forcément, comme tout ferme à 17h au plus tard, il est difficile de visiter quoi que ce soit dans ces conditions. Quand j’ai évoqué avec une subtilité modérée le fait que nous souhaitions nous rendre à Edoras et qu’il nous faudrait une journée, nos hôtes ont souligné que c’était loin et qu’on ne pourrait du coup sûrement pas y aller vu qu’on travaillait. Nous avons donc insisté un certain temps peu et négocié une journée de libre, reportant le travail sur d’autres jours. Évidemment, cette manœuvre n’était intéressante que pour nous, étant donné qu’on bossait déjà toute la journée et ne pouvions donc pas reporter grand chose.

Concernant le gros du travail demandé : le Bob devait déraciner une demi-douzaine palmiers chez le voisin pour les planter à l’entrée de la propriété de nos hôtes, soit creuser, porter des charges lourdes et autres joyeusetés, quand moi je me trouvais cantonnée au débarrassage des repas, jetage des ordures, nettoyage de la maison, étendage du linge ainsi qu’à la cuisine de temps en temps. À cela s’ajoutaient diverses choses pour nous deux comme nourrir les poules, peindre, emballer, charger et décharger leurs produits, cueillir leurs prunes en plein été et plein soleil, etc.

un bout de notre récolte

Nous avons vite compris que, sans visiteurs en helpx, la maisonnée ne pouvait fonctionner. En effet, les parents étaient « entrepreneurs » , s’étaient fait construire par d’autres helpx un hangar où ils entreposaient leurs produits (commandés en Chine pour beaucoup) et passait leur temps à s’occuper de leur boutique en ville ainsi que des divers supports (blocs de bois importés de Chine en masse, peints en noir et sur lesquels ils collent des feuilles imprimées et découpées chez eux) à citations voulues comme inspirantes ou humoristiques qu’ils vendaient à d’autres commerçants. C’est bien sûr tout à fait compréhensible, mais témoigne d’un problème structurel quelque part. Pour preuve, quand j’ai annoncé à la mère que nous allions partir, elle est allée voir son compagnon dans leur bureau et lui a demandé (en chuchotant car j’étais de l’autre côté du mur) de trouver rapidement d’autres personnes via le site helpx. Les visiteurs helpx c’est comme les stagiaires : si vous en avez un besoin urgent, c’est que vous devez embaucher. Dans le cas de nos hôtes il n’en était pas question car ils avaient déjà eu des employés avant, pour les aider avec leur entreprise, mais que comme ces derniers avaient une opinion sur la gestion de la-dite entreprise et que c’était apparemment inacceptable, ils ont tous été virés.

« les hommes viennent de Mars, les femmes de Visa » , un exemple des produits qu’ils produisent et commercialisent dans leur propre boutique de Timaru

Notre dernier soir, avant de partir voir des amis à eux (après nous avoir proposé de regarder un film, que nous ayons accepté et sans nous prévenir de leur changement de plan), ils nous ont demandé de nous occuper de la vaisselle du soir. Grande classe, quand même, sachant que nous avions bossé du matin 8h jusqu’à avant de dîner.

une partie de la vaisselle de notre dernier soir

après passage du petit dernier

Bonus 1 : le dernier de la portée était roi en la demeure, laissant n’importe quoi n’importe où (y compris ses vêtements et affaires d’école), parce que dire « non » aux enfants les brime et, surtout, que j’étais là pour ranger et nettoyer. La mère a même reconnu que son engeance était sale, quand – alors que je passais la serpillère – elle m’a dit de faire les toilettes en dernier car les garçons urinaient partout. C’est quand même dommage qu’il n’existe aucun moyen de leur enseigner à être moins répugnants, voire à assumer leurs saletés et nettoyer après eux.

Bonus 2 : lorsque le Bob est allé aider à décharger les produits pour leur boutique en ville, le père est allé acheter une boisson à sa femme, à leur vendeuse ainsi qu’à lui-même, sans rien proposer au Bob.

Bonus ultime : la mère nous a avoué être contente que nous soyons « normaux », car quand elle reçoit des personnes qu’elle soupçonne d’être homosexuelles, elle fait alors dormir son fils – qui dort normalement au rez-de-chaussée – en haut (l’autre dort déjà à l’étage, en face de la chambre des parents) car elle trouve ça trop risqué. Nous lui avons annoncé notre départ le jour même.

Bilan : Non.

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Premier HelpX : Timaru

Comme mentionné dans l’article sur Edoras, nous avons séjourné un temps chez des hôtes contactés via le site HelpX – qui se sont rapidement révélés modérément hospitaliers, lesquels résidaient à côté de la ville de Timaru, au sud de Christchurch.

Avant de donner des détails sur nos quelques jours de labeur, je voulais présenter en peu de mots ce patelin d’un peu moins de 30 000 habitants situé sur la nationale (state highway) 1, assez représentatif des petites villes que l’on croise souvent en Nouvelle-Zélande (attention cependant, selon les standards locaux elle n’est pas qualifiable de « petite » ).

Pourvue de plusieurs cafés et restaurants, d’églises, d’une basilique, d’un musée gratuit sur l’histoire locale ainsi que d’un agréable jardin botanique, ses boutiques ferment aux alentours de 17h et le cappuccino s’y situe autour de 3,40 dollars. L’occupation anglaise y a évidemment débuté avec l’ouverture d’une station pour baleiniers, en 1839, d’où l’allure fin XIXème de nombreux bâtiments, comme la mairie par exemple ▲ .

De même, dans de nombreuses villes, l’art exposé dans les rues met à l’honneur l’histoire locale récente, comme avec cet « Edwardian paper boy » (livreur de journaux édouardien) par exemple, installé en 1987 en l’honneur du « Timaru Herald » publié pendant quasiment 100 ans : de 1885 à 1984.

Le jardin botanique est gratuit, grand, fort vert et malheureusement coupable de posséder plusieurs dizaines d’oiseaux en cage. Pour les personnes qui ne considèrent pas ça comme un soucis, on peut s’y promener à pieds ou faire le tour en voiture, même si on rate l’étang, la roseraie et la partie australienne par ce biais (grossièrement c’est donc juste pour faire un détour verdoyant et non pour réellement profiter du lieu).

Je pense que c’est une des (sinon la) villes que nous avons le moins aimé, notamment à cause de nos conditions d’hébergement, mais il y a tout de même un BurgerFuel, donc tout n’est pas perdu !

Bonus arrêtons d’enfermer les animaux, il est temps :

Akaroa : la « ridge walk » et le paradis des 350 mètres de haut

environ à mi-chemin, le camping est en bas

attention : les digitales, quoique magnifiques, sont extrêmement toxiques

Depuis Akaroa elle-même comme depuis notre camping, nous n’avions que l’embarras du choix pour notre première balade dans le pays ou les oiseaux s’appellent comme les fruits.

Pour cause de flemme de prendre la voiture afin de rejoindre la ville en contre-bas, nous avons opté pour une petite grimpette accessible depuis l’arrière du camping menant jusqu’à l’entrée du bras de mer. Par chance, le ciel était couvert, nous n’avons donc pas eu trop chaud ni de coup de soleil ! Le chemin était sec donc pas trop dangereux, mais un brin raide quand même donc peut-être pas adapté à tous les types de marcheurs. De plus, sur la fin, il faut enjamber une clôture et escalader quelques rochers pour avoir accès au point du vue.

En dehors de ces difficultés, c’est une jolie balade, avec vue sur la baie tout du long, un court passage sous les arbres et moult rencontres florales et moutonneuses.

Cette balade présageait fidèlement des paysages de la région de Canterbury : des bouts de rochers, de vastes étendues d’herbe souvent jaunie, quelques touffes d’arbres, des moutons peu impressionnables et des morceaux d’histoire coloniale. Nous avons en effet également croisé un tas de trois cailloux apparemment issus d’une ancienne laiterie nommée « Paradis » – dont en toute honnêteté il ne reste que la vue et un panneau commémoratif. Ces explicitations de tout ce qui peut s’apparenter au passé blanc des deux îles est courant, et il est assez déconcertant en tant qu’Européen de voir des bâtiments de la fin du XIXème siècle qualifié d’ « historiques » .

Paradis – 350m d’altitude – Ces ruines et ces arbres sont les restes d’une laiterie qui produisait du beurre et du fromage, de 1879 à 1900

L’extrémité du parcours de la « ridge walk » est signalé par un « END » ( « fin » ) peint sur les rochers, histoire que les promeneurs évitent de chuter depuis le faut de la falaise en continuant leur progression dans les rochers. La vue est très chouette, ça vente pas mal, et les moutons jugent les curieux en mâchonnant.

depuis au-dessus de la signalisation finale

Après, faut faire demi-tour ! Nous on a voulu tenter un autre chemin mais il était en fait pour les bestioles et disons qu’on ne conseille pas.

Akaroa, le talent à la française

photographies des premiers habitants occidentaux d’Akaroa

La péninsule de Banks a vu débarquer les explorateurs français en 1838. Pensant la terre fort prometteuse, la capitaine Jean François Langlois l’achète à des Maoris qu’il croise et reprend la mer pour demander au trône de France d’y envoyer des colons afin de fonder une ville qui ravitaillerait les baleiniers.

Cependant, comme nos cordiaux amis anglais signent le traité de Waitangi en 1840, ils s’emparent non seulement en un coup de l’île du Nord mais surtout étendent leur domination sur tout le pays quelques semaines avant que les français ne reviennent à bord du « Comte de Paris » . Lesquels découvrent alors que les Maoris qui leur avaient vendu la région n’avaient aucune autorité pour le faire.

Les amateurs d’eau bouillie laissent toutefois aux retardataires l’accès à deux villes (ce qui est déjà plus que ce qu’ils ont laissé aux Maoris donc on ne va pas se plaindre) pour poursuivre leurs achabiennes aspirations.

dent de baleine ornée, attribué à Charles Meryon, représentant les premiers jours d’Akaroa

Akaroa est aujourd’hui une ville fleurie et plutôt riche, en plus d’être assez amusante à visiter, certaines rues et boutiques ayant conservé des noms français (accessoirement, c’est aussi l’endroit où j’ai mangé la baguette la plus chère de ma vie : 4$50 QUATRE DOLLARS CINQUANTE).

Le musée retraçant l’histoire de la ville est gratuit et les environs offrent moult possibilités de balades, plus ou moins longues et accidentées, j’en détaillerai une demain.

Pour info, la péninsule de Banks c’est cette excroissance à l’Est de Christchuch que James Cook avait pris pour une île en débarquant et nommée en l’honneur de son botaniste.

Informations pratiques concernant le musée:

71 Rue Lavaud, Akaroa
ouvert tous les jours de 10h30 à 16h30
entrée gratuite
site internet (en anglais)

Bonus pour les joueurs de meuporg, l’image que j’ai en tête à chaque fois que le nom de cette ville est évoqué:

image débusquée sur le wiki Alien Species @ http://aliens.wikia.com/wiki/Arakkoa

Edoras ou le mont Sunday

Première visite thématique sur les traces de la Terre du Milieu en Nouvelle-Zélande, nous avons pris d’assaut le mont Sunday (soit « dimanche » , sans nous attarder sur la pertinence de cette dénomination) par une belle journée de repos exigée auprès de nos hôtes helpx du moment. Pour profiter de l’accompagnement sonore approprié, cliquez ici.

Comme on longe les alpes néozélandaises, le parcours est plutôt agréable, quoiqu’il finisse par 25 kilomètres de route de gravier ◄ . Attention : la transition entre les deux revêtements n’étant pas accompagnée de signalisation, il vaut mieux surveiller sa vitesse à l’approche du mont Sunday afin d’éviter les dérapages. Les routes autour du lac Camp sont bitumées, ainsi que le pont enjambant la rivière Potts (ou un de ses affluents), mais tout le reste est une combinaison de cailloux et de poussière.

vue sur Edoras depuis la route

Malheureusement, même si le chemin à suivre pour accéder au sommet du mont Sunday lui-même n’est pas extrêmement difficile, il faut tout de même traverser un cours d’eau (dont la largeur dépend de la météo ainsi que de l’état de la fonte des glaces) avant d’entamer l’ascension, raide sans être escarpée ; aussi la balade peut-elle se montrer ardue pour les personnes ayant des difficultés à se déplacer sur un terrain inégal. De plus, les ponts piétons ne peuvent supporter qu’une personne à la fois et sont d’une stabilité relative.

la rivière à longer / traverser

un des deux ponts

Edoras, capitale des humains du Rohan, siégeait sur le mont, mais le Gouffre de Helm est également visible au pied des montagnes qui ceignent la vallée. À défaut de découvrir la ville, démontée à la fin du tournage de la trilogie, on peut toujours admirer la vue :

Chanceux que nous sommes, un soleil cuisant accompagné par un souffle frisquet descendu des montagnes environnantes nous ont permis de profiter du paysage sans toutefois bouillir sous nos casquettes (j’ai même eu plutôt froid mais comme nous ne croisions que des promeneurs en shorts et débardeurs, c’est probablement juste un défaut de fabrication). La route étant un peu longue et compliquée nous n’avons pas poussé plus avant (sans véhicule adapté ça devient un peu dangereux) malgré le beau temps, mais il est possible de se rapprocher du Gouffre de Helm.

Informations pratiques:

Inland Scenic Route 72 jusqu’au mont Somers, puis Ashburton Gorge road qui se transforme en Hakatere Potts road
Région de Canterbury, île Sud
2h20 (environ) depuis Christchurch
2h (environ) depuis Timaru
Terrain privé, pas de prix d’entrée