La Thaïlande : le meilleur du manger

La Thaïlande est à mon humble avis un pays assez facile d’accès pour de multiples régimes alimentaires : végétarien, végétalien, zoophage, crudivore, sans gluten, etc. Le régime paléolithique doit y être négociable, par contre les fans de produits laitiers resteront peut-être un peu sur leur faim.

Étant personnellement faiblarde face aux épices (la moutarde c’est trop fort pour moi et le poivre me rend déjà la dégustation difficile, pour situer), j’avais très peur de débarquer dans une contrée connue pour son amour de l’incendie gustatif. Néanmoins, j’ai été très agréablement surprise de constater sur place qu’il m’était tout à fait possible de tester différents plats sans condamner mes papilles.

Pour ceux qui ne peuvent cependant pas s’y essayer, s’alimenter à l’occidentale reste bien sûr parfaitement faisable dans les quartiers touristiques, quoiqu’avec une addition plus salée.

Attention cela dit : les mesures d’hygiènes n’étant pas les mêmes, il peut être nécessaire de veiller à ce que les ingrédients les plus risqués soient bien cuits. En effet, dans les supers-marchés comme dans les boutiques de rue, la viande est par exemple généralement conservée à l’air libre, crue ou cuite suspendue ou jetée pêle-mêle dans un bac ou sur une planche de bois. Dans le premier cas, les clients fouillent à la main dans le tas de morceaux mis à disposition pour faire leur choix et dans le second, les conditions de préparation ne permettant pas tellement de zèle hygiéniste, il se peut que plusieurs personnes aient mis la patte sur une brochette avant qu’elle touche la langue du client. D’où l’intérêt de la cuisson intense.

De plus, détail important : l’eau du robinet n’est pas potable !

Quelques exemples de ce que l’on peut manger pour 50 bahts ou moins :

10 bahts les 4 petits bouchées (au maïs, à la citrouille ou à l’oignon) ► 0,28€ environ

35 bahts le morning glory + la soupe à la coriandre ► 0,95€ environ

50 bahts le pad thai ► 1,35€ environ

rouleaux fourrés à 10 bahts ► 0,28€ environ

MEILLEUR MANGER DU MONDE : mango sticky rice, 40 bahts ► 1,9€ environ

patate douce + noix de coco, nous n’avons pas été convaincus mais ça se laisse manger : 40 bahts ► 1,9€ environ

En plus, y’a plein de fruits qu’on peut mixer (avec ou sans glace, selon l’envie et le nombre de degrés) !
Au cas où, j’ai entouré en rouge les endroits sur la carte de Chiang Mai (Bangkok étant plus chère) où nous avons trouvé ces délicieusetés :3

Le wat Arun en travaux à Bangkok

vers le hall principal – de la porcelaine, Rama IX et de petits animaux de bon goût

Situé sur la rive ouest du fleuve Chao Phraya, en face du wat Pho auquel il est relié par quelques pas vers l’embarcadère ainsi qu’une navette à 4 bahts, le wat Arun (วัดอรุณ ou « temple de l’aube » du nom du dieu hindou de l’aube Aruna) est particulièrement connu pour les marches de sa tour offrant une jolie vue sur Bangkok, mais dont les deux tiers nous étaient inaccessibles à cause des travaux de restauration, et sa décoration de porcelaine.

Sa construction remonte au plus tard au début du XVIIème siècle et il n’a cessé d’être enrichi par les souverains successifs, ce qui confère une impression de foisonnement à certains ornements. Il abritait d’ailleurs le Bouddha d’émeraude avant de perdre son statut de temple royal en faveur de l’actuel détenteur du titre sur l’autre rive, ça n’est donc pas tout à fait un petit temple de quartier, ce qui lui vaut d’être est assez activement visité par touristes et croyants.

dans le hall principal

Seul l’accès à la tour est payant, l’entrée du hall principal est libre, sous réserve de respecter le code vestimentaire évidemment (déchaussage à l’entrée, épaules et genoux couverts donc pas de shorts, jupes courtes, débardeurs; etc.), mais semble fermer ses portes plus tôt.

Bien sûr, les bâtiments restent sublimes – la porcelaine étincelle, les dorures scintillent, les gardiens ont des poses étranges – mais j’avoue être un peu déçue de ne pas avoir pu escalader (parce qu’avec des marches de cette taille c’est le bon verbe) la tour principale pour admirer les environs ; d’autant que nous avons dû faire face à quelques obstacles humains et logistiques pour l’atteindre comme pour en repartir. J’aimerai bien y refaire un saut si l’occasion se présente, voire en capturer une impression de nuit.

Les employés du trafic fluvial ne parlant qu’un anglais très limité, il est assez difficile d’obtenir des informations sur les différents types de bateaux comme sur les horaires ou encore les solutions alternatives en cas de soucis. Aussi, si nous avons pu grimper dans un express (orange) à l’aller, pour 15 bahts le trajet par adulte, au lieu du bateau touristique (bleu) à 40 bahts l’aller simple, nous avons toutefois été surpris d’apprendre au moment de repartir du wat Arun que le trafic sur le fleuve était interrompu ce jour là à 15h exceptionnellement. Aucune affiche n’en parlait, ni même le site touristique consacré aux bateaux et couses disponibles sur le fleuve. Heureusement, la navette permettant de rejoindre la rive est fonctionnait toujours et nous avons pu retomber sur nos pattes.

Informations :


50 bahts
l’entrée pour les étrangers, gratuit pour les thaïs
de 8h à 18h00 tous les jours officiellement, mais le personnel a commencé à virer les gens à 17h
site web (intégralement en thaï)

Le wat Pho à Bangkok : temple du bouddha relax

Digivolution du XVIIème siècle à partir d’un temple déjà construit, le wat Pho est à deux pas du palais royal, assez étendu et richement décoré. Considéré comme la première université publique du pays, on y enseigne toujours le massage thaïlandais aujourd’hui et il est également possible de s’y faire masser.

La partie la plus connue du complexe est le « Bouddha couché » (« phra buddhasaiyas » พระพุทธไสยาสน์), qui remonte au début du XIXème siècle, soit une représentation du Bouddha historique mourant, prêt à être délivré du cycle des réincarnations car il a atteint l’éveil de son vivant. Il fait 46 mètres de long pour 15 de haut et ne peut être embrassé d’un seul regard dans la mesure où il est engoncé dans un bâtiment étroit à multiples piliers et très belles peintures murales parfois déroutantes.

Personnellement, j’ai beaucoup aimé les statues de gardiens chinois, certaines très solennelles et d’autres quelque peu différentes.

cour du phra ubosot

Une multitude de bâtiments aux toits toujours plus flamboyants, de pagodes lourdement ornées et de statues étranges s’enchaînent à travers portails et cours suivant vaguement un plan en carré dont le cœur est le phra ubosot, hall principal où ont notamment lieu les ordinations ainsi que les cérémonies bouddhiques les plus importantes.

La grande salle abrite bien évidemment un gros bouddha doré trônant sur un lotus ainsi que des monceaux d’offrandes et une flopée de touristes, mais aussi des moines (parfois occupés à faire visiter un groupe de curieux) ainsi que de nombreux croyants dont il faut veiller à ne pas déranger les prières.

Selon la sortie choisie pour rejoindre le reste du complexe, on peut se retrouver près de la rue (à l’est), près des cendres de la famille royale, ou près d’une soupe populaire (au sud). Nous avons préféré faire le tour de l’enceinte avant d’accéder au phra ubosot, et il reste à mon humble avis moins intéressant que ce qui l’entoure.

Pour profiter du spectacle du wat Pho, il faut avoir de quoi couvrir son torse (épaules incluses), ainsi que le bas du corps jusqu’en-dessous des genoux. De plus, question confort, il vaut mieux porter des chaussures faciles à ôter car il est nécessaire de se déchausser à l’entrée de chaque bâtiment, où il faut également penser à enlever son couvre-chef. Ça ne diffère donc pas vraiment des principes appliqués dans les églises européennes.

Informations :

au croisement de Sanam chai road de Maharaj road
de 8h à 18h30 tous les jours
(attention les massages s’arrêtent à 17h)
100 bahts par étranger, gratuit pour les enfants de moins d’1m20 et les thaïlandais

En bonus, nos gardiens préférés :

aux portes reliant la chapelle du Bouddha couché et la galerie phra viharn kod

Bangkok กรุงเทพมหานคร

Hébergeant plus de 8 millions de personnes et au moins autant de degrés Celsius, Bangkok (ou กรุงเทพมหานคร « Krung Thep Maha Nakhon » ) est la capitale d’une monarchie constitutionnelle parlementaire unitaire biclassée théocratie présentement endeuillée. Pour autant, c’est pas tout à fait le même genre de partage des pouvoirs qu’au Royaume-Uni, aussi le voyage fut-il fort intéressant pour nous.

Tout d’abord au niveau de l’ambiance, notamment car les portraits et autels en l’honneur de feu Rama IX (1927-2016), ou Bhumibol Adulyadej de son nom complet, sont omniprésents : des écrans de sièges d’avion aux murs de la ville en passant par les halls d’immeubles, tous les supports sont utilisables.

Ensuite parce que l’esthétique bouddhique locale qui parsème la ville est très différente de sa parentèle chinoise et japonaise, pas tant concernant l’agencement des temples que dans son usage des couleurs et feuilles d’or.

Évidemment, dans la mesure où il s’agit d’une capitale, la ville est relativement polluée et embouteillée mais il faut admettre que le trafic peut être impressionnant comparé à celui de grandes villes européennes. Peu de passages piétons sont équipés de feux par exemple, laissant aux intéressés le soin de décider du moment le plus opportun pour se glisser entre les scooters, tuk-tuk et autres moteurs grondants. Par contre, de nombreux passages enjambant les routes particulièrement fréquentées permettent aux personnes pouvant emprunter des escaliers de ne pas craindre d’accident, ce qui est fort commode.

De plus, étant donné le fait que le réseau du métro (aérien ou sous-terrain selon les lignes) ne couvre pas l’ouest de la ville, circuler dans Bangkok peut se révéler compliqué. Heureusement, des bateaux assurent une connexion diurne sur l’axe nord/sud le long du fleuve et l’on peut atteindre un des embarcadère depuis la station Saphan Taksin (สะพานตากสิน) de la ligne Silom (vert clair).

Sinon, il faut s’en remettre aux tuk-tuks dont les chauffeurs sont très pressants, ou aux taxis en exigeant du conducteur qu’il utilise son taximètre. Avec un taxi honnête, le trajet depuis le palais royal vers la station de métro la plus proche revenait à 93 bahts (que nous avons arrondi à 100 pour le principe), alors qu’un autre chauffeur – dont nous avons décliné la proposition – nous annonçait 400 bahts pour ce même trajet. Il y a aussi des taxis-moto, mais j’ignore comment fonctionne ce système si ce n’est qu’ils ne fournissent pas de casque.

En tant que touriste, on est arrêté très, très, très, TRÈS régulièrement par des rabatteurs en civil ou se présentant comme guides touristiques et qui veulent envoyer tout le monde faire les mêmes circuits, quitte à mentir éhontément. Un de ces pseudos guides nous a par exemple arrêtés sur notre trajet vers le Wat Pho, à quelques mètres de l’entrée, nous disant que le temple était fermé maintenant et que nous ferions mieux d’aller voir le « big bouddha » ; nous nous sommes armés de toute notre politesse pour lui dire que nous l’avions déjà vu, mais cela ne l’a pas désarçonné et il nous a alors enjoint à monter dans un tuk-tuk proche pour aller visiter un autre temple, tout en insistant sur le fait que le Wat Pho – dont nous voyions l’entrée grande ouverte depuis l’endroit où il nous avait sauté dessus – était fermé pour cause de deuil national. Étant quelque peu fatiguée de ce genre d’attitude, je l’ai donc contourné en répondant qu’il était fort dommage qu’il soit fermé mais qu’on allait quand même y aller merci.

Parfois, ces histoires de circuits forcés peuvent se révéler avantageuses. Le premier jour, nous avons ainsi fait beaucoup de chemin dans la ville et visité 3 temples pour 40 bahts. Nous n’avions aucunement l’intention de gruger le système en place, simplement aucune envie d’acheter les vêtements de l’atelier où l’on nous a emmenés ni de recourir aux services d’une des fausses offices de tourisme du parcours (quand bien même en aurions-nous eu envie, l’impolitesse flagrante de la dame qui s’est « occupée » de nous nous en aurait guéris). Ainsi, selon d’où l’on part dans la ville, ces guides menteurs et collants peuvent être exploitables. Certains voyageurs disent avoir fait ce même trajet pour seulement 10 bahts, d’autres davantage, tout dépend de sur qui l’on tombe et de la volonté de chacun de négocier. Je ne dis pas que c’est bien ou mal, plutôt que quitte à être traité comme une vache à lait, autant en tirer quelque chose aussi.

En gros, il faut parfois renoncer à la politesse, voire râler ou carrément refuser de payer lorsqu’on n’est pas emmené où il a été convenu (quand un tuk-tuk s’arrête devant un « très bon restaurant » par exemple) . C’est franchement pénible, d’où le fait que je ne conseillerais personnellement pas de fréquenter les attractions touristiques de Bangkok à moins de parler thaï.

Cela dit, à défaut d’explorer géographiquement, on peut découvrir culinairement : la nourriture est excellente, généralement peu chère (si l’on ne mange pas de cuisine occidentale), facilement adaptable à différents régimes et pas forcément très épicée. Bonus pour les moins coordonnés : elle se consomme sans baguettes mais à l’aide d’une fourchette et d’une cuillère !

nom du premier soir chassé par nos hôtesses magiques ♥

Hong kong et le soleil des dernières heures

depuis Kowloon vers l'île de Hong Kong

depuis Kowloon vers l’île de Hong Kong

Évidemment, ce n’est que quelques tours de montre avant notre vol que la pollution a daigné s’éloigner, mais nous avons au moins eu le plaisir d’embrasser la ville du regard avant de devoir la laisser derrière nous.

La galerie couverte au 37ème étage (car Hong Kong est une ville où il ne faut plutôt pas trop avoir le vertige) de la résidence des supers M. et S. faisant le tour des immeubles, nous avons aussi enfin pu apercevoir le sommet de la montagne qui surplombe leur maison (celle sur laquelle nous avions peiné deux jours avant) :

hong-kong-day-view-from-kowloon-mountain-sideDu coup, le Bob a décidé que nous devrons revenir à Hong Kong en période d’ensoleillement un brin plus prolongée. Mais pour le moment : Bangkok !