Bangkok กรุงเทพมหานคร

thailand-bangkok-chao-phraya-river-on-boatHébergeant plus de 8 millions de personnes et au moins autant de degrés Celsius, Bangkok (ou กรุงเทพมหานคร « Krung Thep Maha Nakhon » ) est la capitale d’une monarchie constitutionnelle parlementaire unitaire biclassée théocratie présentement endeuillée. Pour autant, c’est pas tout à fait le même genre de partage des pouvoirs qu’au Royaume-Uni, aussi le voyage fut-il fort intéressant pour nous.

thailand-bangkok-crossroad-rama-ix-picturesTout d’abord au niveau de l’ambiance, notamment car les portraits et autels en l’honneur de feu Rama IX (1927-2016), ou Bhumibol Adulyadej de son nom complet, sont omniprésents : des écrans de sièges d’avion aux murs de la ville en passant par les halls d’immeubles, tous les supports sont utilisables.

thailand-bangkok-street-rama-ix-picturesthailand-bangkok-buddhist-temple-architectureEnsuite parce que l’esthétique bouddhique locale qui parsème la ville est très différente de sa parentèle chinoise et japonaise, pas tant concernant l’agencement des temples que dans son usage des couleurs et feuilles d’or.

Évidemment, dans la mesure où il s’agit d’une capitale, la ville est relativement polluée et embouteillée mais il faut admettre que le trafic peut être impressionnant comparé à celui de grandes villes européennes. Peu de passages piétons sont équipés de feux par exemple, laissant aux intéressés le soin de décider du moment le plus opportun pour se glisser entre les scooters, tuk-tuk et autres moteurs grondants. Par contre, de nombreux passages enjambant les routes particulièrement fréquentées permettent aux personnes pouvant emprunter des escaliers de ne pas craindre d’accident, ce qui est fort commode.

thailand-bangkok-skyline-roadthailand-bangkok-in-boatDe plus, étant donné le fait que le réseau du métro (aérien ou sous-terrain selon les lignes) ne couvre pas l’ouest de la ville, circuler dans Bangkok peut se révéler compliqué. Heureusement, des bateaux assurent une connexion diurne sur l’axe nord/sud le long du fleuve et l’on peut atteindre un des embarcadère depuis la station Saphan Taksin (สะพานตากสิน) de la ligne Silom (vert clair).

thailand-bangkok-tuk-tukSinon, il faut s’en remettre aux tuk-tuks dont les chauffeurs sont très pressants, ou aux taxis en exigeant du conducteur qu’il utilise son taximètre. Avec un taxi honnête, le trajet depuis le palais royal vers la station de métro la plus proche revenait à 93 bahts (que nous avons arrondi à 100 pour le principe), alors qu’un autre chauffeur – dont nous avons décliné la proposition – nous annonçait 400 bahts pour ce même trajet. Il y a aussi des taxis-moto, mais j’ignore comment fonctionne ce système si ce n’est qu’ils ne fournissent pas de casque.

En tant que touriste, on est arrêté très, très, très, TRÈS régulièrement par des rabatteurs en civil ou se présentant comme guides touristiques et qui veulent envoyer tout le monde faire les mêmes circuits, quitte à mentir éhontément. Un de ces pseudos guides nous a par exemple arrêtés sur notre trajet vers le Wat Pho, à quelques mètres de l’entrée, nous disant que le temple était fermé maintenant et que nous ferions mieux d’aller voir le « big bouddha » ; nous nous sommes armés de toute notre politesse pour lui dire que nous l’avions déjà vu, mais cela ne l’a pas désarçonné et il nous a alors enjoint à monter dans un tuk-tuk proche pour aller visiter un autre temple, tout en insistant sur le fait que le Wat Pho – dont nous voyions l’entrée grande ouverte depuis l’endroit où il nous avait sauté dessus – était fermé pour cause de deuil national. Étant quelque peu fatiguée de ce genre d’attitude, je l’ai donc contourné en répondant qu’il était fort dommage qu’il soit fermé mais qu’on allait quand même y aller merci.

Parfois, ces histoires de circuits forcés peuvent se révéler avantageuses. Le premier jour, nous avons ainsi fait beaucoup de chemin dans la ville et visité 3 temples pour 40 bahts. Nous n’avions aucunement l’intention de gruger le système en place, simplement aucune envie d’acheter les vêtements de l’atelier où l’on nous a emmenés ni de recourir aux services d’une des fausses offices de tourisme du parcours (quand bien même en aurions-nous eu envie, l’impolitesse flagrante de la dame qui s’est « occupée » de nous nous en aurait guéris). Ainsi, selon d’où l’on part dans la ville, ces guides menteurs et collants peuvent être exploitables. Certains voyageurs disent avoir fait ce même trajet pour seulement 10 bahts, d’autres davantage, tout dépend de sur qui l’on tombe et de la volonté de chacun de négocier. Je ne dis pas que c’est bien ou mal, plutôt que quitte à être traité comme une vache à lait, autant en tirer quelque chose aussi.

En gros, il faut parfois renoncer à la politesse, voire râler ou carrément refuser de payer lorsqu’on n’est pas emmené où il a été convenu (quand un tuk-tuk s’arrête devant un « très bon restaurant » par exemple) . C’est franchement pénible, d’où le fait que je ne conseillerais personnellement pas de fréquenter les attractions touristiques de Bangkok à moins de parler thaï.

Cela dit, à défaut d’explorer géographiquement, on peut découvrir culinairement : la nourriture est excellente, généralement peu chère (si l’on ne mange pas de cuisine occidentale), facilement adaptable à différents régimes et pas forcément très épicée. Bonus pour les moins coordonnés : elle se consomme sans baguettes mais à l’aide d’une fourchette et d’une cuillère !

nom du premier soir chassé par nos hôtesses magiques ♥

nom du premier soir chassé par nos hôtesses magiques ♥

Hong kong et le soleil des dernières heures

depuis Kowloon vers l'île de Hong Kong

depuis Kowloon vers l’île de Hong Kong

Évidemment, ce n’est que quelques tours de montre avant notre vol que la pollution a daigné s’éloigner, mais nous avons au moins eu le plaisir d’embrasser la ville du regard avant de devoir la laisser derrière nous.

La galerie couverte au 37ème étage (car Hong Kong est une ville où il ne faut plutôt pas trop avoir le vertige) de la résidence des supers M. et S. faisant le tour des immeubles, nous avons aussi enfin pu apercevoir le sommet de la montagne qui surplombe leur maison (celle sur laquelle nous avions peiné deux jours avant) :

hong-kong-day-view-from-kowloon-mountain-sideDu coup, le Bob a décidé que nous devrons revenir à Hong Kong en période d’ensoleillement un brin plus prolongée. Mais pour le moment : Bangkok !

Le pic Victoria, le parc et le paresseux

hong-kong-victoria-peak-viewLa veille de notre départ, et malgré la pollution qui n’en finissait plus de faire semblant de se lever, nous avons voulu tenter d’aller admirer la vue de la ville depuis le pic Victoria. Heureusement nous avons aussi pu nous balader dans le parc ainsi que les jardins botanique et zoologique en contrebas, suite à une aussi légère que momentanée perte d’orientation, car la ville n’a eu que faire de nos efforts et est restée drapée dans son nuage.

pour accéder au tram, il faut traverser le parc

pour accéder au tram, il faut traverser le parc

ça grimpe un peu

ça grimpe un peu

hong-kong-victoria-peak-view-accessAttention, au guichet de la station de tram pour monter jusqu’au sommet du pic, les affiches mises en avant ne parlent que de la formule combinant le tramway et l’accès à la terrasse panoramique « Sky Terrace 148 » (soit 75$ hongkongais l’aller et 88$ pour un aller-retour), mais il est tout à fait possible de n’acheter qu’un ticket de tram à 32$ l’aller (45$ l’aller-retour). La tour qui abrite la terrasse est une sorte d’entassement très dense de boutiques et restaurants, donc plutôt dispensable.

hong-kong-victoria-peak-steep-viewPour admirer la vue, les jours où la météo le veut bien, il est possible d’emprunter un chemin adjacent à la tour : « Lugard road » (盧吉道). Déjà parce que la petite marche est sympa, au frais, sans autre touriste, et aussi parce que c’est gratuit, ce qui ne gâche rien, tout en étant accessible aux fauteuils roulants.

Une fois constaté que nous ne voyions pas grand chose malgré notre altitude et le Bob enroulé dans mon écharpe pour cause de vent frisquet, nous avons pris un bus d’assaut pour redescendre tranquillement (et pour moins cher qu’avec le tram ou en taxi).

De retour vers Central, nous nous sommes lancés dans une chasse au restaurant entre un troupeau de gratte-ciels et une assistance par google maps pas très pointue.

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Comme les nuages avaient l’air de vaguement se remuer vers le large, nous avons décidé de continuer notre exploration hasardeuse et avons fini par entrer dans les jardins botanique et zoologique où, soudain :

un paresseux à deux doigts apparaît

un paresseux à deux doigts apparaît

hong-kong-botanical-garden-exitIl a escaladé tranquillement la cage sous les hurlements indignés de ses jean-foutres simiesques de colocataires, probablement modérément ravis de devoir partager leur logement. Une des meilleures surprises de notre voyage, assurément (le Bob l’a filmé, la vidéo fera peut-être surface un jour prochain). Le jardin zoologique – surtout pourvu en marsupiaux, tortues et chiens de prairie – reste tout de même assez glauque à visiter, étant donné les animaux enfermés ; aussi avons-nous rapidement embrayé vers le jardin botanique, dont les occupants semblent moins privés de liberté.

L’endroit est plus visité, peut-être car plus plat et mieux pourvu en bancs, mais assez calme, surtout si l’on prend en considération le fait qu’il sert d’aire de jeu à tous les mini-bipèdes du coin et est littéralement ceint de voies rapides.

Informations :

Accès à la station de départ du tram par le métro, station Admiralty (lignes bleue « Island line » , rouge « Tsuen wan » et verte « South island » ) suivi d’une traversée du parc
La gare de tram se situe entre le parc de Hong Kong et l’accès aux jardins zoologique et botanique

Le couvent de Chi Lin et les jardins de Nan Lian

hong-kong-chi-lin-nunneryhong-kong-nan-lian-gardens-koi-pondAvant de laisser Hong Kong derrière nous, je reviens à notre premier jour sur place où, quelque peu assommés par le voyage, le décalage horaire et la pollution, nous avions opté pour une visite piétonne facile.

Le couvent de Chi Lin (志蓮淨苑) et les jardins de Nan Lian (南蓮園池) forment un îlot de calme et de verdure au milieu de la bruissante verticalité environnante. Reliés par un pont enjambant la route qui les sépare, les deux bâtisses sont gratuites, quoique quelques pavillons du jardins exigent un prix d’entrée.

Tous deux récents, le couvent datant des années 30 et les jardins ayant ouvert en 2006, ils ont toutefois été conçus selon le style de la dynastie Tang (VII-Xème siècles), le premier étant d’ailleurs à ce jour le plus grand bâtiment à emboîtements de pièces de bois (sans clou aucun). Pour les curieux, une petite galerie à l’entrée des jardins détaille les principes de l’architecture classique utilisés dans différentes constructions religieuses et/ou politiques.

hong-kong-nan-lian-gardens-pagodahong-kong-chi-lin-nunnery-rocks-exhibitLe couvent comme les jardins valent le détour, ne serait-ce que pour cet effet de décalage produit par le contraste entre les bâtiments de style classique émergeant des arbres et les immeubles alentours. Cela dit, les bouddhisants y trouveront également leur compte, au sein des jardins de pins par exemple ou encore dans la cour du couvent où différentes pierres assorties d’enseignements bouddhiques (traduits en anglais) sont exposés.

Comme les photos l’illustrent bien, la pollution fut notre compagne de tous les instants au cours de cette escale. Néanmoins, et bien qu’elle empèse considérablement l’horizon comme les poumons, elle ne nous a pas pour autant gâché le séjour, car nombre de balades sont encore possibles, à condition de ne pas les faire au pas de course. Le couvent et les jardins étant quelque peu excentrés, car à Kowloon et non sur l’île de Hong Kong elle-même, ils peuvent être l’occasion d’une jolie pause après une balade dans les quartiers centraux plus touristiques.

Informations :

station « Diamond hill » (鑽石山) de la ligne verte Kwun Tong
horaires introuvables mais la plupart des pavillons payants du jardin ferment vers 17h

Crapahuter à Hong Kong

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"la route est droite mais la pente est forte" comme qui dirait

« la route est droite mais la pente est forte » comme qui dirait

Nos hôtes S. et M. étant de festival le week-end de notre squattage, ils hébergeaient également deux amies venues de Corée dans leur grande générosité ainsi que leur grand salon. Se sentant plus portées par leurs chaussures de marche que leurs chaussons de danse, elles se sont jointes à l’idée de M. d’explorer les chemins montant à l’assaut de la montagne derrière chez elle.

C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés à batailler sec sur une piste qui relevait davantage de l’escalade que du parcours de santé. Car si la plupart des chemins de randonnée hongkongais sont apparemment pavés, voire pourvus d’escaliers comme les premiers mètres de notre parcours, il est encore possible d’en trouver de plus accidentés.

Une fois aussi haut qu’il nous semblait raisonnable de grimper, le balisage nous a salement enduit d’erreur et notre première tentative de descente a été interrompue par un a-pic de deux mètres. Heureusement, nous avons pu retourner sur nos pas et rentrer en affrontant la pente à grands renforts de glissades sur les fesses et de rattrapages aux branches tout à fait littéraux.

c'était pentu pour de vrai

c’était pentu pour de vrai

Comme nous n’étions pas vraiment dans la forêt, nous n’avons pas eu de soucis, mais les environs de Hong Kong étant peuplés d’animaux auxquels les Occidentaux ne sont pas habitués, il vaut mieux éviter de partir seul et ne surtout pas nourrir les singes inconnus.

Bonus moquerie : une des convives coréennes étant prof de massage, elle s’est essayée à délasser les muscles de certains d’entre nous quand nous admirions notre progression avant de redescendre. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque qu’elle s’attaqua à mes mollets : « But… you have no muscle ?! » ( « Mais… tu n’as aucun muscle ?! » ).

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